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Vacances bien mérités RASHIEKA

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Vacances bien mérités
-Soldat Moreau ?  

Kristopher ne détourna pas le regard pour écouter la femme qui venait de l'interpeller, continuant de traiter dans une pure concentration la blessure d'une femme qui avait perdu sa jambe lors de la rébellion. Bien qu'elle datât d'une semaine, et que nombre de blessés étaient en cours de rétablissement, il y avait encore une légion d'hommes et de femmes dont l'état étaient instable, grave. Les causes de mort étaient légion dans ce QG transformé en gigantesque hôpital. Infection des blessures, maladies, la fatigue, le manque de vivre, car nombre d'entrepôts qui avaient contenus des effets médicaux et des rations alimentaires avaient brûler, causant des incendies ravageurs dans chaque ville importante, c'est-à-dire les quatre districts du Mur Rose, mais aussi ceux de Sina.  

-Soldat Moreau ! Fit de nouveau la femme qui commençait déjà à perdre patience, tapant du sol de son pied pour le prouver, bruyamment.  

Il l'ignora de nouveau. Il n'y avait pas de temps pour elle, en cet instant. Il fallait traiter la pauvre femme, encore assommée par la dose de pénicilline en elle. Ses mains étaient couvertes de sang, et traitèrent son moignon avec différents produits et point de suture. Heureusement que chaque soldat avait reçu une formation de premier soin. Les médecins spécialisés manquaient cruellement, toujours en déplacement d'un QG vers l'autre. Il se retint de fermer les yeux. Il n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Il était vigoureux, cependant. Il eut fini sa besogne une minute après et, plongeant ses mains dans une bassine d'eau, il tourna ensuite son regard métallique vers la femme, qui fronça des sourcils, l'air dégoutée.

-Un lieutenant vous appelle. Dans son bureau, local 3A.  

Sans plus attendre, silencieux, Kristopher écarta la femme de son passage en la poussant légèrement. Son capuchon avait été rabattu, mais son foulard gris se trouvait toujours autour de son cou, recouvrant sa bouche. Elle lui procurait une chaleur étouffante, surtout que beaucoup de locaux étaient fermés pour ne pas laisser plus de vermines entrer, tel que les mouches ou bien les rats. Au final, cela s'était avéré peu utile. Les rats avaient trouvé leur chemin et les mouches, effroyables créatures des enfers, pullulaient ici et là. L'homme finit par trouver le bureau et y entra sans toquer. Beaucoup avaient cette habitude-là, a présent. Le lieutenant était un vieillard aux traits fatigués et irrités. Celui-ci leva son regard vers Kristopher et le brun s'assit en silence.

-Monsieur Moreau... Nous sommes contents de vos efforts pour nous aider, commença le lieutenant, délaissant des documents qu'il consultait pour replacer ses lunettes par la suite. Cependant... Nous avons remarqué que vous étiez, selon certaines sources, fatigués.

-Non, monsieur. Je suis amplement opérationnelle.

Le lieutenant se joignit les mains et soupira, visiblement ennuyé.

-Vous n'êtes pas le premier à le dire. Les autres me disent cela, mais au final, ils finissent par tomber de fatigue, tel des zombis. Bien que l'entièreté de la Garnison soit active pour patrouiller, sécuriser et soigner, vous êtes l'un de nos meilleurs éléments, et nous ne voulons pas vous perdre simplement parce que vous n'étiez pas assez reposé. Deux fois de suite, vous avez pris la relève de nuit.
 
-Monsieur...

-Non, Moreau, coupa le lieutenant, un pli apparaissant entre ses deux yeux. Vous prendrez des vacances... Allons, vous pouvez aller dans la nature, par exemple. Je ne changerais pas d'avis. Maintenant, au repos, Moreau.

Sachant qu'il serait inutile d'essayer de le convaincre, Kristopher se leva et quitta le bureau, errant dans les couloirs. Aller dans la nature... C'était une bonne idée, oui. Il s'était toujours senti en harmonie, sans pour autant paraitre comme un idiot ou une sorte de druide, dans ce milieu. Il sortit du QG et se rendit compte qu'il était midi. Il avait mangé rapidement peu avant de recevoir l'ordre d'aller voir le lieutenant, donc aucun souci. Le problème étant plutôt que ses yeux n'avaient pas été habitués a la lumière du jour depuis un moment.
 
Oui, j'ai besoin d'un moment, se disait-il intérieurement. Cependant...

Il y avait bien quelqu'un avec qui il pouvait profiter de cela en silence.
 
Plus tard...


La poussière se soulevait sous ses pas. L'herbe ondulait sous le vent. Il vit la bâtisse devant lui, et les écuries, frappées du sigle Bartels. Il entra dans la propriété, l'air de rien, malgré les taches de sang séché non nettoyés aux alentours. Le lieu avait donc été frappé de la rébellion aussi. Il arriva devant la porte d'entrée et toqua trois fois. Une dizaine de secondes fut nécessaire avant qu'une femme ne vienne l'ouvrir, nerveuse.
 
-Je viens voir Rashieka Bartels.

-E-Euh... Oui, elle est présente... Je vais la chercher.

-Bien. Et range-moi ce couteau que tu as dans ta manche, sinon je n'aurais d'autre choix que de te péter le poignet.

La femme pâlit et déglutit avant de partir. Kristopher entra et attendit dans l'entrée, les bras croisés, observant les alentours, avant que la belle rousse ne vienne finalement. L'homme aux yeux gris froids posa son regard dans le vert émeraude de la rousse.

-Salut.
 
Il lui fit un simple signe de la main. Il se sentait un peu plus à l'aise en sa présence qu'avec les autres personnes, vu qu'elle avait fait l'effort de se rapprocher de lui. Mais elle n'en était pas encore au stade où il allait la saluer avec un gros sourire d'idiot sur la gueule.
 
-Ça fait un moment, Bartels. Pour faire simple et sans fioriture, voilà pourquoi je suis venu : on m'a gentiment forcé a prendre congé de la Garnison pour prendre du repos, après les récents événements. Du coup, je suis venu vers toi pour ta proposition : passer un moment en solitaire avec toi en forêt.
 
Il eut un soupir silencieux, camouflé par son foulard gris, et continua sur une belle note :

-Ça te tente ou pas ?  


Erika, elle pue énormément
Mar 20 Juin - 4:53
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Rashieka rêvait de pouvoir s’échapper un instant. Ces derniers jours, elle n’avait fait que courir partout entre les cours des particuliers, ses agriculteurs qui demandaient son aide, et des visites de supérieurs de l’armée, souvent des Spéciales, recherchant la perle rare et suscitant toute son attention. Ce jour-là encore, elle avait beaucoup à faire.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, dans ses draps frais bercée par la brise légère matinale, elle sentit son corps refuser de bouger l’espace de quelques secondes. Son esprit était ailleurs. Dans un soupire elle s’efforça de sortir de son lit, roulant par terre avec le reste de son lit, emportant avec elle sa couverture. Elle resta là, étalée sur le parquet, fixant ses vêtements posés sur la chaise en face de son miroir et de son attirail de beauté. Ses yeux verts frémirent. Elle se leva, passa un coup de brosse dans sa chevelure de feu, enfila ses habits de travail. Qu’est-ce qu’elle aurait donné pour seulement enfiler son déshabillé et flâner dans la demeure de son défunt oncle, maintenant sienne.

Elle eut une pensée pour lui, en regardant par la fenêtre et en finissant de boutonner sa chemise. Dehors, elle avait vu sur les près et les jeunes yearlings qui paissaient tranquillement. Sa détermination se raffermit d’une main de fer sur son esprit vagabond : c’était son héritage.

Lady Bartels sortit de chez elle alors que les palefreniers finissaient de distribuer la ration aux chevaux. Comme à son habitude, elle nourrissait elle-même les siens, son vieil ami gris et Karnival, la relève. L’alezan l’accueillit d’un léger hennissement puis fut plus absorbé par son foin et son avoine que par la présence de sa maîtresse. La rousse le laissa en paix et partit faire le tour des bâtiments et de ses employés. On lui signala une poutre d’une grande, rongée par des mites. Il faudrait arranger cela et appeler des charpentiers. Elle nota la peinture défaillante des barrières de l’entrée des écuries Bartels et envoya des jeunes y donner un coup de neuf.
Il fut l’heure de s’occuper de ses premiers élèves, deux jeunes nobles frère et sœur qui venaient assez souvent ici prendre des cours d’équitation, sous conseil de leurs parents. Ils montaient encore des petits chevaux, mais bientôt la fille devrait passer à la taille au-dessus. Le cours se passa sans encombre, la fraîcheur du matin aidant.
Rashieka travailla ensuite trois jeunes chevaux qu’elle débourrait, puis il fut temps de prendre le repas de demi-journée. Elle ne rejoignit pas ses lads cette fois-ci, ayant des papiers à remplir dans son bureau. Elle y mangea et fit le nécessaire en même temps. Cela l’occupa encore une bonne partie de l’après-midi.
Elle partit sortir Karnival, lorsqu’elle tomba sur un jeune lad dont la situation était compliquée. Il venait travailler chez elle par nécessité et sa famille avait remercié mille fois la lady de le prendre sous son aile, nourri et logé comme les autres. Il s’apprêtait à avaler des capsules de drogue lorsqu’elle le surprit. Les remontrances de la rouquine furent sévères et alors qu’elle en finissait avec lui, on vint la chercher en vitesse. Quelqu’un venait la voir. En rage, Rashieka ficha les deux pilules dans sa poche avant de se détourner vers sa maison.

La fille de sa cuisinière, Hanna, la prévint qu’il s’agissait d’un soldat à l’air dérangé, tout en reposant un couteau à sa place. La Bartels savait Hanna très nerveuse depuis l’attaque des rebelles. Elle ne lui en tenait pas rigueur, mieux valait se tenir sur ses gardes. Elle tourna son attention vers le visiteur qui attendait dans l’entrée.

A peine pénétra-t-elle dans la pièce qu’elle le reconnut aussitôt sous son cache-bouche. Elle n’eut pas le temps de dire un seul mot qu’il prenait déjà la parole. Elle en resta assez étonnée d’ailleurs : depuis quand Kristopher, le Loup plein de rage, faisait-il le premier pas avec elle ? Reconnaissante, elle écouta sagement tout ce qu’il avait à lui dire.
Quelqu’un d’autre aurait pris sa proposition comme une demande de rendez-vous romantique du genre « Toi et moi, seuls dans la forêt ». Mais elle le connaissait maintenant suffisamment pour savoir qu’il n’y avait aucun sous-entendu dans ses mots et c’était plutôt « Toi et moi, et la forêt ».
Elle croisa les yeux gris et remercia le ciel de lui avoir envoyé Kristopher en ce jour. Elle sauta sur l’occasion de s’échapper de sa vie, de ce quotidien qui l’étouffait dernièrement. Tellement de choses s’étaient bousculées récemment.

Rashieka saisit la manche du soldat et le tira derrière elle pour lui faire emboîter le pas à sa suite, après quoi elle le lâche presque immédiatement, se doutant pertinemment qu’il n’aimerait pas qu’elle le tienne plus longtemps. La demoiselle passa rapidement dans les cuisines, prit quelques vivres qui trainaient sur les tables en bois, esquiva un employé balayant le sol et se faufila vers sa sellerie personnelle qui donnait sur l’extérieur. Là, au passage, elle prit son sac de randonnée, y fourra la nourriture, le nécessaire s’y trouvant déjà et quitta les lieux. Sans un mot, elle entra dans l’aile des écuries où se trouvaient ses chevaux, pointa d’un geste un étalon palomino qu’elle se gardait pour elle car très souple et le pied sûr, et se dirigea vers Karnival. Le cheval de Kristopher avait pris place dans un box à côté, se reposant. Elle lui prêtait le grand doré, pour qu’il puisse avoir une monture fraîche afin de repartir plus tard.

Bamby ne mit pas longtemps à préparer l’alezan et sortit des écuries. Elle se hissa sur son dos, puis se tourna vers le soldat, surement aussi rapide qu’elle. Elle n’avait qu’une envie : partir avant que quelque chose, quelqu’un, ne l’en empêche. Karnival sentait son impatience, grattait de son antérieur le sol poussiéreux. A peine vit-elle le Loup se poser sur son cheval qu’elle envoya le cuivré au galop en direction de la forêt bordant sa propriété. Rashieka sentit un poids s’envoler de ses épaules. Se sentait-elle coupable d’abandonner ses pairs ? Se sentait-elle égoïste ? Surement. Mais pour l’instant, plus rien ne comptait. C’était elle, Kristopher, et la forêt.
Elle laissa courir la bride sur l’encolure de Karnival, qui fila, allongeant ses foulées pour prendre son allure la plus rapide, ivre lui aussi de cette liberté.
Sam 24 Juin - 2:14
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Elle avait l'air fatigué et épuisé. Kristopher pouvait la comprendre. Qui ne le serait pas, en ces jours-ci, autres que ces rebelles qui ont causé chaos et désolation ? Se sentaient-ils vraiment heureux d'avoir laissé des morts derrière eux, par centaines, peut-être même par millier ? Le brun ne savait pas, et pour être honnête, il doutait déjà cependant de la réponse. Le jeune homme savait que des personnes comme Rashieka ne voulaient qu'une chose : partir d'ici pour un temps, pour oublier et profiter de ce que pouvait offrir le monde par-delà les villes et le chaos. C'était sans grande surprise que la jeune rousse attrapa Kristopher pour la mener vers les cuisines. Il s'en serait presque débattu de sa prise, mais heureusement, Rashieka l'avait lâché.

Il avait failli se faire violence, et le jeune soldat n'aurait guère aimé lui faire des remontrances. Il était doué pour ce genre de chose, mais il ne voulait pas partir sur de mauvaises bases. Elle observa Rashieka prendre des vivres rapidement avant de s'équiper un peu plus en avant pour ensuite indiquer à Kristopher, après un moment, la monture qu'il allait utiliser. Ce fut avec rapidité qu'il monta dessus. Et ce fut avec une plus grande rapidité que le duo partirent en dehors du domaine pour se diriger vers la nature. Kristopher, tout en laissant galoper son cheval, tourna son regard vers Rashieka.

-Tu as vraiment l'air assoiffé de laisser tes responsabilités derrière.

Le jeune homme tourna ensuite son regard droit devant lui, sa monture galopant au même rythme que celle de la Rousse. Au bout d'une vingtaine de minutes, il vit au loin les barrières d'arbres et de buissons se former, et Kristopher ajouta.

-Vous avez été durement touchée par la rébellion aussi, j'imagine.



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Sam 24 Juin - 22:56
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Le vent de la vitesse soufflait dans ses longs cheveux roux, aussi flamboyants que la robe de sa monture. L’appel de la liberté résonnait encore à ses oreilles, faisant battre le sang contre sa peau, dans ses tempes, dans sa tête. L’adrénaline de la course faisait valser son esprit. Le tambourinement des sabots de Karnival était pareil à la danse effrénée de son palpitant, et la vibration de chaque foulée remontait dans son être, s’insinuait en elle comme une résonnance sans fin de sa vie. Un écho qui se perdait dans les mouvances de ses envies, de ses besoins. De ses devoirs.

Faire la part des choses était devenu si compliqué depuis l’attaque des rebelles sur l’humanité. Ce n’était plus les monstres encerclant la cage aux oiseaux, mais les hommes contre les hommes, les loups contre les loups. Non, le Loup était derrière elle, les loups jamais ne trahissaient leur meute. Qui était-ce alors ? Qu’était-ce ? Peut-être bien qu’au final, les monstres étaient déjà là bien avant les Titans. Les monstres étaient déjà là depuis la nuit des temps, aussi longtemps que le premier homme avait su se lever sur cette terre maudite. Maudite du sang et de l’existence d’une créature aussi infecte, aussi cruelle et dépourvue de ce qui faisait son essence, de ce que l’on appelait humanité. Les sentiments, l’empathie, l’intelligence. Plutôt la cupidité, le sadisme et la fourberie.

Les rebelles n’étaient qu’un vague reflet de ce que l’homme avait toujours été. Chaque jour, chaque heure, les injustices se multipliaient ici. Quelle différence ? Quelle différence entre un rebelle et un juge ? L’un appliquait sa sentence lui-même, sans foi ni loi, l’autre jugeait les hommes comme s’il leur était supérieur, au nom d’une loi qu’il avait lui-même inventée. Et c’était ainsi.
L’homme n’était pas un loup. L’homme n’était qu’une boule de rage, un ramassis de haine et de violence enfermé dans une chair trop petite pour tout contenir. Et c’était ainsi. Comme si le monde avait rassemblé tout le Mal en un seul être. Maudit depuis qu’il était né. Maudit depuis qu’il existait. Voué à se détruire. Voué à mourir. Voué à souffrir de sa propre condition, si par malheur il lui restait assez de jugeote pour s’en rendre compte.
Rashieka aurait mille fois préféré être une louve.

Karnival ralentit l’allure, prenant un galop plus régulier et léger. Autour d’eux, les champs laissaient leur place aux grands arbres de la vieille forêt entourant les tertres des Bartels. Elle aimait ces bois. Elle aimait sentir autour d’elle qu’il n’y avait que des êtres innocents qui se battaient chaque jour pour leur survie, sans se soucier du lendemain. Les animaux étaient bien plus méritants. Loin d’eux les histoires de politique, d’argent, de contrat. Il n’existait qu’une seule loi à leurs yeux : survis. Survis et chéris ta liberté. Contente toi de peu, et vis. Rien n’est plus important.
Elle aurait mille fois préféré être une louve. Alors, elle l’imitait, dans l’espoir d’en arracher la moindre émotion de ce qu’était vraiment être libre.

Enfin ils pénétrèrent dans le sein de mère nature. L’alezan passa progressivement au trot puis au pas, allongeant son encolure, l’écume panachant sa robe cuivrée, naseaux dilatés par la course et l’effort mais l’esprit éveillé par l’adrénaline.
La lady avait entendu les paroles du soldat. Mais elle ne refuser de parler de cela. En cet instant, était-il soldat ou loup ? Voulait-il rester soldat ? Elle désirait être louve. Qu’il redevienne loup avec elle. Qu’il embrasse sa véritable nature. Qu’ils imitent les Loups ensemble et jouissent de ces quelques instants. C’était tout ce qu’elle demandait. Aussi ne répondit-elle que plus tard, et changea de sujet, resta vague.

« Les lapins pullulent en cette période de l’année. On devrait en tirer facilement, comme ils nous ont tiré. » lança t-elle comme elle lancerait une conversation banale. « Il y a des cervidés dans ces bois. Normalement, c’est pour les grandes occasions. »

Le pas de Karnival était sûr mais l’étalon malicieux. Rashieka écarta une branche sur son passage, se baissant sur sa selle pour l’éviter.

« Mais il s’agit bien de ça. »

C’était inhabituel que Kristopher fasse le premier pas. En temps normal, elle n’aurait pas relevé. Mais il s’agissait du Loup. Et elle devait prendre cela avec le plus de délicatesse possible. Autant faire les choses bien. Et puis cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas traqué un cerf. La dernière fois remontait avant la mort de son oncle, avec lui-même. Les bois trônaient encore dans l’ancien bureau du défunt.

« Je te remercie d’être venu. »
Ven 30 Juin - 9:06
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  • Kristopher Moreau
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Vint l'odeur familière des bois aux narines du brun, lui ramenant en tête de nombreux souvenirs d'antan, dans une époque qui avait encore été douce. La voix tendre, mais ferme de ce qui avait été son père, la douce étreinte de ses bras, sa connaissance dans les bois. Il avait été un grand chasseur. Et le jeune homme, malgré les années, avait grandement appris de lui et tenait encore dans son esprit chaque consigne pour comment bien chasser en milieu forestier et montagneux. Le brun continua de se diriger dans la forêt avec Rashieka, qui ralentit l'allure en se retrouvant dans ce paradis d'herbes, de buissons et d'arbres.

Elle ne répondit pas directement aux propos de Kristopher, ne faisant que l'informer que les lapins étaient nombreux en cette période de l'année et qu'il serait facile d'en attraper et que des cervidés y résidaient aussi. Il comprit qu'alors que la belle et magnifique rousse avait besoin d'un peu de vacances et loin de la réalité, ne serait-ce que pour quelques jours. Bien que Kristopher fût habitué aux horreurs de la vie et de ce monde jusqu’à en devenir presque indifférent, et même antipathique, le brun savait que tout le monde n'était pas forcément comme lui. Chacun gérait du mieux qu'il pouvait leur stress, leurs émotions, leur état de santé, et après un tel événement chaotique, il ne pouvait rien faire d'autre, mais que de compatir à la douleur des autres.

Il le sentait. Sa fatigue, son exaspération, sa frustration, sa douleur de vouloir régler les choses liées à ses affaires personnelles. La rébellion avait été un coup dur. Pour l'armée comme pour les civils. Les crimes s'étaient depuis multipliés. Et en quelque sorte, il avait été amusé par les paroles de la rousse lors de l'une de leur rencontre. Une femme forte... Non, elle était moins que cela. Celle-ci lui confirma cependant ses dires. Elle fuyait. C'était humain, comme réaction. Et celle-ci le remercia d'avoir été venue chez elle. Le brun ne fit que hausser les épaules.

-Si je dois aller en forêt, autant y aller avec vous. Vous me l'aviez proposé une fois. Et puis... Il resta quelques secondes silencieux. Vous êtes de bonne compagnie. Mine de rien.

Décidant de rester silencieux ainsi, Kristopher continua de s'enfoncer dans la forêt avec Rashieka, tandis qu'il évitait par moment les débris ou les branches sur son passage. Sa monture s'ébroua, mais Kristopher finissait toujours par calmer la puissante bête, continuant le chemin avec le compagnon temporaire de voyage. Après un long moment, il tourna son regard vers la rousse.

-Une destination précise ? On continue de s'enfoncer dans les bois ?


Kristopher vit soudainement un oiseau aux plumages jaunes décoller de son arbre pour voleter entre le duo, pépiant et chantant comme un ange. Le brun jeta son regard vers l'oiseau, et il eut l'impression que celui-ci le lui rendit avant de voleter proche de Rashieka pour ensuite s'élever dans les airs pour disparaître dans le feuillage épais des arbres.

-Je pense que pour l'esthétique, proche d'un lac serait bien. On aurait accès a de l'eau mais aussi a un moyen de se nettoyer. Proche d'une rivière ou d'un ruisseau, ça peut se faire aussi. Le bruit de l'eau s'écoulant peut aider a dormir.

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Ven 30 Juin - 21:54
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Il ne fit aucun commentaire. Et c’était parfait ainsi. Le Loup se montrait compréhensif, devant la faiblesse assumée de la lady. S’il souhaitait l’attaquer à ce sujet, il en avait tout le loisir. Bien qu’elle soit fatiguée, et qu’elle n’ait soif que de liberté en cet instant, Rashieka restait un caractère fort qui ne se laisse pas marcher dessus. Qu’il l’attaque, il verrait. Elle répliquerait comme une lionne. Mais Kristopher n’avait visiblement pas cette idée derrière la tête, aucune mauvaise intention.
La confiance s’installait entre eux petit à petit. C’était donnant-donnant : il fallait se dévoiler, sacrifier quelques parcelles de soi pour s’accrocher un peu plus à l’autre et faire de leur lien si fragile une relation durable.

Le soldat répondit à son merci par un haussement d’épaules et prétexta qu’il était là parce qu’elle le lui avait proposé, tout simplement. Comme s’il n’avait jamais eu à choisir quoique ce soit, et que sortir par ici avait été une évidence. Mais même s’il voulait montrer qu’il n’en avait rien à faire au final il avait choisi de lui-même d’accepter cette entrevue. Sa dernière phrase le prouva.
De bonne compagnie, disait-il. Rashieka lui jeta un coup d’œil. Un fin sourire étira ses lèvres rosées. Elle appréciait ce compliment venant de lui. Elle en était même agréablement surprise. Décidément, le jeune homme était étonnant aujourd’hui.

Elle perdit son regard entre les arbres, pensive, écoutant d’une oreille le brun lui parler. S’enfoncer dans la forêt… C’était une bonne idée s’ils souhaitaient trouver du grand gibier ou juste avoir la chance d’observer les biches s’ébattre. Mais Kristopher désirait un point d’eau potable. Il y avait bien une rivière qui traversait la forêt, mais elle était plus loin encore. Ce n’était pas pour déplaire à la demoiselle : plus loin, ils n’entendraient plus le bourdonnement sourd de la vie humaine. Ils étaient encore aux abords des bois. Rashieka tourna son visage vers le soldat.

« Je connais un endroit où on sera bien. » répondit-elle en laissant glisser ses prunelles sur la silhouette du brun avant de s’attarder sur sa monture. « Un endroit tranquille, mais assez large. On pourra y installer nos tentes et avoir accès à une rivière. Il faut pousser dans la forêt. »

La rousse talonna son étalon cuivré, prenant un petit trot léger. La situation avait quelque chose d’étrange tout de même. Kristopher semblait maintenir la distance entre eux, bien qu’il accepte de la revoir, ce qui n’était surement pas dans ses habitudes. Elle le voyait solitaire et peu enclin à se lier aux autres. Déjà, il ne buvait pas et dans l’armée cela limitait grandement ses relations sociales. Et puis, son caractère assez froid et parfois agressif n’arrangeait pas la chose. Rashieka posa ses yeux d’émeraude sur l’oiseau canari s’étant perché sur une branche au-dessus d’eux, tirant sur ses rênes pour stopper Karnival. Elle se tourna vers le Loup.

« Tu sais, tu peux arrêter de me vouvoyer. » lui lança-t-elle, en le fixant. « Je crois qu’on a dépassé ce stade depuis un moment. »

Après tout, ils avaient fini bourrés, puis nus l’un l’autre, l’un devant l’autre. Ils avaient passé du temps ensemble depuis, avaient un peu parlé d’eux-mêmes, de choses relativement douloureuses. Se tutoyer ne servait plus à rien, si ce n’est peut-être pour Kristopher se rassurer. Refusait-il de se lier à elle ? Refusait-il leur relation, malgré son avancement ? Il ne pouvait pas nier qu’entre eux se développer les prémices d’une certaine amitié. Etrange, peut-être, mais les confidences étaient ce qu’elles étaient : des preuves de confiance. En cela, on ne pouvait se mentir.
Karnival reprit son pas calme et assuré, empruntant un sentier que Rashieka lui avait indiqué. Les arbres se faisaient plus nombreux et leur feuillage recouvrait bientôt les deux promeneurs. La lady entama la conversation, choisissant au hasard un sujet.

« J’ai entendu dire que l’Exploration n’irait plus en dehors des murs jusqu’à nouvel ordre, décision du roi. »
Mer 19 Juil - 22:44
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Les lieux faisaient appel pour la paix d'esprit. La solitude en forêt, tout deux isolés de la civilisation humaine et de la société, aucun rebelle en vue. Tout était parfait pour une bonne escapade loin de la réalité. Loin du monde et des maux de la vie qu'apportaient les villes et les villages, oubliant ses devoirs pour n'être qu'en bonne compagnie, celle de la rousse aux cheveux de flammes et au regard vif et perçant. Elle avait remarqué le compliment et évidemment, du coin de l'œil, le brun l'avait vu sourire. Un beau sourire. Oh, il n'aurait jamais dû dire ça. Maintenant, sa fierté en était flattée, et celle du ténébreux déjà peu présente, en était affectée. Le Silencieux complimentant la vive flamme de la Vie. Elle qui avait un savoir plus conséquent pour profiter de ce que pouvait offrir le monde, tandis que le Silencieux observait constamment des noires et sombres choses dans le monde.

Elle lui fit part de sa connaissance d'un lieu de ce genre, qui contenait un point d'eau proche et un endroit spacieux pour leur campement. Mais au bout d'un moment, elle avait arrêté sa monture pour observer quelques instants l'oiseau ayant volé près d'eux pour ensuite lui dire qu'il pouvait arrêter de la vouvoyer. Presque un soupir quitta sa bouche, comme déçu de lui-même, mais le brun se retint. Les habitudes du travail.

-Je le ferais si j'en ai envie, Rashieka, répondit le brun presque comme un enfant le ferait. Tout comme vous feriez quelque chose si vous en aviez l'envie.

Reprenant la route avec la rousse en silence un instant, elle entama une nouvelle conversation avec l'un des nombreux sujets du jour.

-Oui. Ils sont interdits par le nouveau Roi de sortir hors des murs. En raison de l'utilisation massive de l'équipement tridimensionnels lors de la rébellion par les rebelles, les principaux suspects restent eux. Mine de rien, le jour même de la rébellion, ils sortent par hasard en dehors du Mur pour une expédition massive et c'est la seule armée possédant le plus grand nombre d'équipements tridimensionnelle. Mine de rien, le jour même de la rébellion, ils sortent par hasard en dehors du Mur pour une expédition massive et c'est la seule armée possédant le plus grand nombre d'équipements tridimensionnelle. Mais des rumeurs courent que bientôt, ils ne seront qu'une faction de l'armée... Des rumeurs qui vont et viennent grâce aux Licornes venant nous aider durant nos journées de travail. Entendre des rumeurs quand on croit ne pas se mêler des autres est une aptitude utile, dans mon cas.

Kristopher vit un lapin bien gras sortir d'un buisson pour s'enfuir ailleurs, en couinant.

-Ah bah vous aviez raison, ils sont plutôt gras dans ce coin-ci. Ils ont dû avoir une bonne année... Contrairement à nous.

Tournant son regard vers Rashieka, il lui demanda :

-Vous prévoyez que l'on reste combien de temps en solitaire... ? Personnellement,
un peu de temps hors de la civilisation me ferait du bien. Meme si, ultimement, je préférerais retourner travailler.


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Ven 21 Juil - 21:49
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La réplique revêche de Kristopher frappa en plein dans le mille. La lady détourna la tête quelques instants, prétextant observer le paysage alentour pour cacher son émotion. Elle se sentait blessée, mais pas de souffrance. Il venait de lui cracher au visage, de lui rappeler, non sans une certaine violence dans un sens, ce qu’il était véritablement : un loup. Et un loup ne courbe pas l’échine, un loup fait ce qu’il lui plait quand il lui plait de le faire. Un loup est seul maître de ses décisions et ne laisse personne les entraver ni s’y immiscer.
Elle se rappelait de cette émotion. Elle avait ressenti exactement la même chose lorsqu’elle avait tenté de dominer d’une quelconque façon Karnival alors qu’il n’était qu’un jeune foal. Elle se souvenait de ce jour, de cette séance. Ils avaient été connectés l’un à l’autre, libres tous les deux de tout cuir, de toute attache. Elle à pied, face à lui, jeune et fougueux. Ils avaient dansé. Il lui avait donné. Elle avait pris. Elle avait voulu prendre encore. Il s’était dérobé. Et ce goût âpre de la déception, de la frustration, elle s’en souvenait très bien. Karnival lui avait appris une bonne leçon ce jour-là. Kris venait seulement de lui faire une piqûre de rappel : on n’impose rien à un être vivant, si on le respecte vraiment.

Rashieka écouta distraitement le soldat à la rose répondre à la question d’actualité qu’elle lui avait posée. Futile conversation. Elle avait reporté son regard d’émeraude droit devant elle, les sourcils légèrement froncés, un arrière-goût d’orgueil blessé collé au palais. Elle remarqua à peine le lièvre qui passa près d’eux, criant de peur d’être abattu. Elle l’avait pourtant suivi du regard, et elle finit par reposer irrémédiablement ses prunelles sur le Loup. Elle avait beaucoup à apprendre de lui.

« Je ne connais pas Erwin personnellement mais je doute qu’il laisse ses bataillons disparaître ainsi… Peut-être que c’est eux les rebelles, d’ailleurs. » commenta t-elle d’après les dires du soldat. « Je ne sais pas vraiment en fait. Pourquoi prévoir ? » finit-elle par répondre à sa question.

Elle ne savait absolument pas combien de temps ils resteraient ici. Elle avait besoin de décompressé. Elle avait juste sauté sur l’occasion sans réfléchir et elle aurait pensé que Kristopher aurait fait de même. Mais visiblement, l’homme aimait prévoir son emploi du temps, ou bien il se lassait déjà de sa compagnie. C’était surement plus une question de praticité car après tout, il devrait faire le voyage de retour au QG des Garnisons. Elle soupira légèrement en se laissant glisser dans le fond de sa selle, ses yeux fixant le soleil à travers le feuillage des arbres, l’obligeant à plisser les paupières.

« Connais-tu Charlie Kleiss ? Il s’agit de mon cousin. » lâcha-t-elle hasardeusement.

Pourquoi lui parlait-elle de Charlie ? Kristopher ne devait rien en avoir à en faire. Mais si soudainement, elle avait ressenti ce besoin pressant de vider son sac. De parler. De se confesser. Rashieka gardait ses craintes pour elle, même dans sa demeure. Elle n’écrivait rien de personnel dans ses carnets. Elle avait perdu de vu sa Malicieuse. Elle n’avait plus personne à qui confier ses doutes, avec qui converser comme une seconde conscience. Aussi précipitamment, dévoila-t-elle ce qu’elle cachait depuis trop longtemps à présent et qui lui dévorait chaque nuit un peu plus de son sommeil.

« Charlie était différent quand je l’ai vu, après l’attaque des rebelles. » commença-t-elle doucement. « Il paraissait… Ne pas se soucier des autres autour de lui. Je veux dire… Les blessés, les morts… Il me souriait, comme à son habitude. Il n'avait pas l'air aussi abattu que je le pensais. »

Rashieka fixa la crinière de son alezan, pensive. Elle poussa un profond soupir, et finit par conclure.

« Charlie est un être empathique. Cela n’avait rien d’habituel. Il m'a toujours dit aimé les autres soldats comme ses frères. » Rashieka tourna son regard vers Kristopher. « Je ne sais pas ce qu’il se passe au sein de l’armée en ce moment, mais fais attention à toi. »

Les prédateurs se cachaient parmi les brebis.
Dim 30 Juil - 19:41
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Tel une flèche se fichant au centre de la cible après avoir été décochée, Kristopher avait viser en plein dans le mille, tandis que Rashieka détournait son regard, visiblement vexée ou blessée. Elle n'écoutait nullement visiblement, plongée dans des réflexions. Le Loup était comme ça. Il rappelait aux autres, enfin, a Rashieka surtout, que même s'il pouvait se montrer amical, il pouvait tout autant se montrer mordant et cassant, dévoilant crocs et griffes. Il se sentait bien en sa présence. Mais le comportement du Loup était tel que, marqué par le passé, il ne se plierait si aisément aux autres, autre que des supérieurs de l'armée ou des nobles.

Mais au bout d'un moment, celle-ci finit enfin par ouvrir la bouche. Il était évident qu'Erwin, le Major des Bataillons, n'allait véritablement pas se laisser faire. Le brun l'avait aperçu une fois et il semblait bien prêt à défendre l'honneur des Bataillons, et son esprit tactique était redoutable. Il était un homme dangereux, quand on s'en prenait à lui et son corps d'armée. Et pour rien au monde le brun souhaitait l'avoir comme ennemi. Mais une remarque de Rashieka le fit tiquer. Eux, les rebelles ? Ils étaient déjà soupçonnés. Il ne dit rien. Les rebelles avaient utilisé beaucoup d'équipement tridimensionnelles et les seuls qui pouvaient en avoir autant était l'Exploration. Certes, la Garnison était soupçonnée, mais les Explorations le sont tout autant, sinon bien plus.

-S'ils étaient les rebelles, je me demande pourquoi seraient-ils restés dehors pendant un sacré nombre d'heures. Et en sachant qu'ils étaient dehors, les rebelles frappaient vite entretemps, et ce, de partout, notamment à Sina. Notons que peu peuvent entrer en Sina, et pour cela, nous devons être munis de passeports spéciaux. Donc ils auraient dû laisser derrière eux un nombre conséquent d'hommes. Mais moi aussi, je ne sais pas qui sont les vraies coupables. Donc on ne peut que supposer et prévoir la prochaine action des rebelles, Rashieka.

Le Loup continua sa chevauchée avec la rouquine pendant un instant dans un certain silence. Mais au final, ce fut elle qui brisa le silence de nouveau, en lui demandant s'il connaissait Charlie Kleiss.

Fronçant des sourcils, le brun finit par répondre après un instant :

-J'ai déjà entendu parler de lui une fois ou deux. Pourquoi ?

Rashieka finit enfin par s'expliquer sur le dit Charlie, disant que celui-ci agissait étrangement après la rébellion, alors qu'il était d'un naturel empathique, celui-ci faisant comme si personne n'était morte... Ou comme s'il y était indifférent. Kristopher attendit un moment, réfléchissant, pour ensuite répondre :

-Chaque humain est différent en ce monde, Rashieka, de corps comme d'esprit. Peut-être que votre Charlie réagit différemment des autres, car pour être honnête, l'esprit humain est d'abord préoccupé par sa préservation. Peut-être agissait-il de cette façon pour, en quelque sorte, ne pas tomber trop dans la folie ? Un moyen de résister aux récents événements. Ce genre de choses pourrait en briser plus d'un. Je ne le sais que trop, notamment lors de la chute du Mur Maria, quand les réfugiés ont trouvés refuge au sein du Mur Rose. Des gens qui agissaient étrangement pour ne pas tomber dans la folie. En apparence, Charlie pourrait être du genre insouciant, mais à l'intérieur, la peur, le regret, le chagrin pourrait le ronger. Qui sait ? Je ne suis pas télépathe.

Le brun talonna un peu sa monture pour qu'elle accélère, celle-ci hennissant avant d'obéir. Sa chevelure voltigeait au vent.

-Après... Tout le monde est maintenant suspect, ces jours-ci. On me soupçonne d'être un rebelle, mais j'ai bien des preuves pour prouver que je suis non-coupable. Cependant, beaucoup d'autres sont soupçonnés. Plus personne n'est vraiment en sécurité de nos jours. Tout le monde peut être un monstre de rebelle, comme la plupart de mes collègues le dit. Charlie peut l'être. Il peut ne pas l'être. Peut-être que vous l'êtes aussi. Peut-être que vous voulez m'attirer hors de la ville pour pouvoir me tuer en silence, avec l'aide de vos amis rebelles. Qui sait ? La différence, cependant, avec moi...

Il déroula un manche de sa veste pour dévoiler des épais bandages autour de son avant-bras, taché de rouge.

-C'est que je n'ai pas hésité à tuer ceux qui mettaient Trost à feu et à sang.

Déroulant le manche tout en chevauchant avec une seule main dans les rênes, il soupira.

-Enfin bref... Il est sûrement en train d'essayer d'avaler tout ce qui s'est passé. À sa manière. Pour ne pas être brisé.

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Lun 31 Juil - 1:08
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Rashieka écouta sagement Kristopher répondre à toutes ses interrogations.
En soi, tout ce qui concernait l’armée, ne la concernait pas elle directement. Mais Charlie et Milo s’étaient engagés à combattre les Titans et risquaient à présent leur vie sur le terrain. Dans les murs, entre ces grandes murailles touchant le ciel, rien n’était plus sûr. Loin du tumulte des émeutes, des vols, des règlements de comptes, la Bartels entendait pourtant souvent des échos de ses palefreniers ou de commerçants venant des districts. Les rebelles avaient frappé fort, laissant sur leur passage une traînée écarlate, et des pleurs, des veuves et veufs et des orphelins. Ils étaient venus jusqu’à elle, jusqu’en ces lieux, et même ici avaient laissé leur trace morbide. Malgré tout, Rashieka se savait chanceuse de vivre à l’extérieur de l’ambiance criminelle qui régnait entre les hommes.

Les doutes qui planaient sur l’Exploration et sur Erwin Smith devaient surement être d’ordre politique et stratégique, aux dires de Kristopher. Il était certain que des rebelles avaient laissé leur peau eux aussi durant l’attaque, et que des pertes ce seraient fait ressentir dans les rangs de l’Exploration. Du moins, personne n’avait trouvé de cadavre de soldat aux ailes de la liberté au sein des murs : les Titans au-dehors s’en étaient chargés, comme ils chevauchaient à l’extérieur. Rashieka soupira. Elle détestait la politique. Elle détestait les hommes et la politique. Elle détestait les hommes.
Elle s’était éloignée de ce milieu pour plusieurs raisons et assistait très rarement aux cérémonies et festivités de la noblesse. Depuis quelques années, elle ne vivait que pour elle-même et parmi des gens de la peuplade. A présent, elle apprenait à vivre avec les soldats, comme depuis peu elle était devenue leur principale fournisseuse de montures. Ce monde lui était assez inconnu. Cela avait toujours été l’affaire de son oncle, elle l’accompagnait rarement, étant plus jeune. Un monde forgé par les hommes car les hommes font la guerre sans sentiments et les femmes la guerre des sentiments. La lady accrocha son regard sur le visage du Loup, alors qu’il lui parlait à présent de Charlie.

Les explications de Kristopher étaient tout à fait plausibles et Rashieka se demanda même comment elle avait pu se faire autant de soucis et ne pas y penser seule. Charlie avait dû voir des horreurs terribles et il cherchait simplement à se protéger, à encaisser le choc, à la protéger aussi. C’était aussi simple que cela, et l’entendre de la bouche du soldat à la rose la rassura. Un poids s’enleva de ses épaules.
Un poids qui fut bien vite remplacé par un autre.

Evidemment. Il ne pouvait pas être autrement. Cela aurait été trop beau. L’humain était ainsi.
Kristopher et tant d’autres en faisaient les frais. On profitait de la pagaille pour se débarrasser des gêneurs, des réticents, de ceux qui seraient aptes à réfuter les ordres, des mauvais soldats, de ceux qui ne rentraient pas dans le moule, parce qu’ils ne le désiraient pas ou parce qu’on ne leur avait jamais appris comment s’intégrer. On se débarrassait de ceux qui faisaient peur. De ceux que l’on craignait d’une façon ou d’une autre.
Alors que dehors, des gens mourraient, que l’ennemi rôdait parmi les veuves et veufs et les orphelins. Alors que dehors, des gens comme elle attendaient que s’effrite petit à petit la confiance entre les hommes des murs, au sein des murs.

La rousse posa ses yeux sur la blessure du Loup. Lui n’hésiterait pas à se défendre, à défendre sa liberté au prix de sa vie s’il le fallait. Mais elle était certaine que Kristopher mourrait libre, coûte que coûte. Il ne pouvait pas être autrement. Si la justice le remettait en cause, il sortirait les crocs et les griffes, et même acculé, il choisirait lui-même la façon dont il perdrait la vie. Elle en était sûre.

« Parfois je me demande s’il reste encore des hommes au sein de ces murs. » souffla-t-elle doucement. L’humanité se perdait. L’empathie rendait peut-être son dernier souffle. « Si toi, tu es un loup, alors que sont-ils tous s'ils n'ont plus que d'humain l'apparence ? »

Des monstres, des abominations ?
En faisait-elle partie ?
Rashieka arrêta son alezan et mit pieds à terre pour le mener par la bride sur un sentier étroit et abrupt, menant à un de ses coins favoris pour camper, près d’une rivière. Elle marchait à présent en silence, pensive. Abattue par sa foi en l’humain qui se perdait, petit à petit.
Dim 13 Aoû - 17:29
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La mort planait sur chacun des êtres vivants des Murs, mais aussi de par le monde.

En l'état actuelle des choses, il était normal que des gens y réagissent de manière étrange et irrationnelle aux yeux de ceux qui n'ont pas été touchés directement ou qui faisait preuve d'un certain sang-froid comme Moreau. Les sourires sur les visages désespérés des gens qui ont commis des atrocités ou qui en ont été témoins, leurs rires face aux cruautés de la vie. Une énorme blague. C'en aurait été hilarant. Peut-être aurait-il même été, Kristopher, l'arlequin de toute cette blague, lui qui les conterait. Car il avait vécu parmi les horreurs pendant longtemps. Bien trop longtemps. Horreurs commises par l'humain.

Que cela soit au nom d'un Dieu, d'une quelconque cause juste ou même par la simple folie meurtrière, l'humain versera toujours le sang en grande quantité. Que fera-t-il lorsque l'Humain essaiera de le tuer ? Il se battra. Tuera. Massacrera. Mais dans quel but ? Il errait parmi eux comme un spectre, vivait au jour le jour, sans but précis. Combattrait-il pour sa liberté ? Sa liberté ne serait-elle pas plutôt...

Celle que la Mort lui offrira, en lui tendant sa main squelettique ? La prendra-t-il ? Se laissera-t-il emmener dans un autre monde qui n'est pas le sien ? Le grand Loup écouta la Flamme de Vie parler, celle-ci se demandant s'il ne restait pas des hommes en ces Murs. Et le grand Loup l'écouta de nouveau.

-Et si je suis un Loup, Rashieka, qu'êtes-vous donc ? Une simple brebis qui sait donner des coups de sabot pour se protéger ? La flamme de la vie ?

Il sauta lui aussi de sa monture, suivant la rousse calmement sans se presser. Rien ne servait de se presser. Ils étaient bien à présent loin des hommes et de leurs malices. De leurs insidieuses intentions.

-L'homme est l'homme. Un animal ayant évolué au point où il utilise d'autres outils que ses crocs et ses griffes pour tuer, ou les idéologies de l'un prime sur les autres. Pour mener une rébellion de ce genre, alors l'homme ou la femme l'ayant orchestré avait une idéologie de violence et de sang, dans le but d'assouvir ses envies. La puissance ? La vengeance ? Certains veulent protéger ce monde. D'autres veulent le brûler. L'homme est l'homme, Rashieka, un collectif de créatures vivantes complexes et sans forme particulière. Ils sont tout aussi humains que nous, Rashieka, car ils laissent parler la violence en eux. Et nous, nous la taisons. Pourquoi ? C'est une question... Dont nous avons tous la réponse, mais dont la réponse est en chacun de nous différent. La moralité, les principes, la personnalité... Les réponses sont multiples. Mais aucune n'est sure. Une question sans réponse dont nous devons nous-même en donner une.

Après un moment, Kristopher arriva avec Rashieka dans le coin qui leur était 'réservé'. Jetant son regard aux alentours, le brun ne dit simplement :

-C'est... Un joli coin. Mais le vert de l'herbe ne sera pas aussi brillant que ceux de vos émeraudes, Rashieka.

Soupirant de nouveau doucement, le brun lui jeta un regard :

-En espérant que nous n'aurons pas de mauvaise surprise.



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Lun 14 Aoû - 4:55
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La flamme de la vie ? De quoi voulait-il parler ? Rashieka écouta distraitement les paroles du soldat, haussant un sourcil à ce grotesque surnom. Kristopher parlait comme s’il ne faisait pas partie de l’humanité, comme s’il observait les hommes comme un zoologue observerait une nouvelle espèce évoluer, étudiant sa hiérarchie et les codes comme les lois, dictant la vie du collectif. Il disait que l’homme était violent de nature, que chacun possédait cette violence au fond de lui. Mais que lui comme elle préférait la taire. La taisait-il vraiment dans son cas ? Et elle ?
La lady glissa ses prunelles sur le visage du brun. Peut-être bien qu’eux deux l’exprimaient simplement autrement. Elle avait déjà vu gronder dans ses yeux gris le tonnerre d’une rage profonde, témoin d’une blessure qui ne guérirait jamais et qui saignait encore abondamment. Elle avait déjà vu l’animosité dans son regard sauvage, comme une bête que l’on emprisonne et qui grogne, queue entre les jambes, mais toutes dents dehors. Comme s’il n’avait pas le choix. Prisonnier de sa propre vie.

En tout cas, elle ne l’avait jamais autant entendu parler. Avec le temps, elle arriverait peut-être finalement à l’apprivoiser. La rousse reporta son attention sur le chemin qu’ils empruntaient. Avec le temps.

Rashieka ne fit aucune remarque à ce qu’il venait de lui dire. Le soldat prenait beaucoup de recul sur tout ça et semblait se tenir loin de la folie des hommes, comme s’il n’en faisait pas vraiment partie. Tout cela n’avait pas l’air de l’inquiéter.
Ils débouchèrent sur le coin où ils devaient camper. La rivière s’écoulait avec calme et sérénité dans son lit, offrant aux promeneurs un abri auprès des rochers de la petite cascade. Un frisson parcourut l’échine de la lady. La dernière fois qu’elle était venue ici, elle était jeune. Et accompagnée de son oncle. Cela lui semblait si loin. Elle s’arrêta, observant le lieu, son regard vert se parant d’un voile mélancolique. Elle regrettait le temps de l’innocence de son enfance.

Ce fut le compliment direct du Loup qui la ramena au présent. Croisant le regard de Kristopher, elle ne sut quoi répondre tellement elle était surprise. Mais sur son visage ne se lisait que le doute et l’hésitation. Elle avait peine à croire qu’il venait de lui dire une si gentille chose. Ces mots étaient-ils vraiment sortis de sa bouche ? A en voir l’attitude de l’homme, cela ne lui avait fait ni chaud ni froid, et Rashieka de faire comme lui, bien qu’elle restait un peu pantoise de ce fait.

« Les environs sont censés être sûrs. Nous sommes encore sur ma propriété. » lui répondit-elle. « Mais on ne peut être certain de rien, à présent. »

Des brigands ou de pauvres gens ayant tout perdu, pouvaient très bien rôder par ici à la recherche de quelques malheureux à piller. La loi de la survie était la plus sévère. Maintenant c’était chacun pour soi. Elle baissa les yeux au sol un instant, lâchant Karnival qui se fit une joie de pouvoir se mettre à brouter.

« C’est ici que nous venions, mon oncle et moi, lorsqu’il m’emmenait découvrir les joies de la nature. »

Cela avait une grande importance, sentimentale, pour Rashieka. Son regard s’était perdu sur l’eau claire s’écoulant tranquillement. Comme le long fil de la vie. Rien ne pouvait l’arrêter. L’eau trouverait toujours un moyen de passer, que cela lui prenne quelques secondes, ou bien des siècles. C’était ainsi.
Rashieka elle, n’était pas comme l’eau. Elle n’était pas éternelle.
Mer 20 Sep - 12:20
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Il cherchait. Mais que cherchait-il exactement ? Un moyen de communiquer sans que sa nature agressive et méfiante ne refasse surface ? Son esprit était fatigué, il ne pouvait le nier. Voir tous ses hommes et femmes, blessés, morts, ou pire, ne l'avait pas fait réagir, et n'avait causer aucune réaction en lui. Le fait de ne pas dormir, ou très peu en tout cas, pendant un long moment pour ne pouvoir que se concentrer sur son travail et apporter du réconfort aux gens touchés par la rébellion, couplé avec les choses qu'il devait retenir en lui pour ne pas faire d'erreur, l'avait épuisé.

Cherchait-il à se lier avec Rashieka ? Il cherchait. La réponse était présente. Mais un moyen, il cherchait. Elle était une de ces rares personnes ayant su s'approcher du brun, malgré le début tumultueux de leur rencontre, un simple vol de cheval ou elle avait mal parler envers le brun. Comme s'il n'avait été qu'un simple chien de garde qui irait la venger. Et ce n'était pas un chien de garde. Pour elle, il était un loup, aux crocs plus aiguisés que ceux de ses camarades de travail et aux griffes tranchantes. Comment un Loup pourrait-il approcher de quelque chose comme Rashieka, quelqu'un qui savait apprécier la vie, alors qu'il ne vivait pas, lui.

Un regard en coin lui informa de la réaction de Rashieka. Celle-ci avait été surprise. Et en toute franchise, ce qu'il avait dit le surpris aussi, intérieurement. Mais elle fit mine de continuer, malgré son expression encore marquée par la surprise.

-Je ne pense pas que des personnes se feront un devoir de respecter les lois de territoires après tout ce massacre, Rashieka, fit Kristopher en caressant l'encolure de sa monture, mais s'ils nous importunent, je leur... Montrerais mes crocs et griffes.

Sur cette petite plaisanterie presque hésitante, le brun écouta de nouveau Rashieka. Le fait de l'entendre parler de son oncle était signe qu'elle se languissait encore de lui. Le brun cligna des yeux.

-Tu as de la chance d'avoir cet endroit pour toi, alors. Ce qui avait été mon chez-moi se trouve au sein du Mur Maria. Probablement réduite en morceaux par les Titans qui vagabondent.
Une douleur lui saisit le cœur, mais il n'afficha aucune émotion. Elle était tout le temps présente. Il y était habitué.

-C'était mon père qui m'amenait souvent dans des endroits incongrus mais magnifique. Ma mère, elle, m'emmenait plutôt dans des lieux qui ne se trouvent pas dans les Murs, au travers de ce qu'elle racontait sur... Mon peuple. Avant que tout cela n'arrive.

Il pointa au loin le Mur, visible aux travers d'épais feuillages. Avant de décider de s'approcher de sa monture.

-Il faudrait s'installer et chercher quelque chose ensuite pour manger. Je m'occupe de la tente. Occupe-toi du bois pour le feu et de chercher un peu aux alentours pour un quelconque point d'intérêt qui rendrait notre séjour agréable.

Il avait dit cela presque sur un ton de lieutenant. Il secoua sa tête, comme l'air de dire 'Désolé'. Il sortit des poches de sacs accrochés à la selle les choses nécessaires pour l'installation du campement et Kristopher commença donc l'installation après avoir trouvé l'emplacement adéquat.



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Mer 20 Sep - 22:16
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Malgré tout ce qu’il essayait de montrer au monde et aux gens, si on l’observait suffisamment, si on parvenait à lire entre ses lignes, il révélait sa véritable nature. Ce ne fut pas le fait qu’il la prévienne qu’il pourrait les défendre qui la marqua, mais plutôt le fait qu’il pense à elle. Il n’était pas si solitaire qu’il voulait le faire croire. Parfois, un reflet de ce qu’il était vraiment tintait dans son attitude et son comportement.
On ne caressait pas un loup comme on caresserait un chien, loin de là. Mais un loup était un animal de meute. Car après tout, c’était bien connu : un loup solitaire était un loup mort.

Et plus les minutes passaient et plus elle se disait qu’ils venaient de franchir un cap. Il était tout autrement de ce qu’il avait pu lui laisser voir précédemment, lors de leurs dernières rencontres. Transformé, métamorphosé. Il se laissait appâter par ses mots et enchaînait sans craindre de lui révéler quoique ce soit. Auparavant, jamais il n’aurait dévoilé ne serait-ce qu’une ombre de sentiment dans son regard d’acier. Et encore moins une part de son passé, un point sensible, une faiblesse à vif, une blessure qui saignait encore. Savait-il seulement qu’il lui laissait le loisir de lui faire du mal, si l’envie lui en prenait ?
Oh pour sûr, qu’elle ne le ferait pas, Rashieka n’était pas de ce genre-là. Mais au lieu de confiance, elle se mit à croire qu’en fait, s’il lui révélait tout cela, c’était simplement parce qu’il ne la craignait pas, qu’elle ne représentait pas une menace suffisante pour lui. Après tout, il lui suffirait de lui tordre le bras pour la mettre hors d’état de nuire. Elle n’était qu’une brindille, une poussière comparée à lui. Il lui soufflerait sa colère dessus, si sa rage prenait le dessus, qu’elle ne serait même pas capable de se défendre.
Elle aurait beau taper des mains et des pieds, et se débattre comme un diable, ce serait vain. Il la dominait physiquement. Psychologiquement aussi. Il suffisait qu’il élève la voix et elle serait déjà toute petite dans un coin en priant qu’il ne s’en prenne pas à elle.

Ridicule.

Comme pour appuyer ses pensées, les ordres fusèrent et elle baissa la tête, résignée et silencieuse, ne remarquant pas le geste désolé de l’homme-loup. Elle avait dessellé Karnival qui se mit à brouter l’herbe fraîche près de la rive. La lady s’enfonça dans les bois, au travers les arbres, le cœur battant plus qu’elle ne l’aurait cru.
Encore une fois, il remettait tout en question et il était difficile pour elle de connaître ses réelles intentions. Etait-il venu la voir pour se défouler ? Etait-ce pour cela qu’il l’avait emmené si loin de tout ? Ici il n’y avait personne. Elle aurait beau crier, elle aurait beau hurler à l’aide, personne ne viendrait. Elle était misérablement seule. Ici comme dans sa vie.
Un creux dans sa poitrine la fit s’arrêter un instant, avant qu’elle ne ramasse une branche bien sèche à ses pieds, la jetant dans le petit tas qu’elle formait petit à petit. Sans vraiment y prendre garde, elle s’était éloignée de l’endroit où ils avaient choisi de s’installer.

Pourtant, la dernière fois, il ne lui avait rien fait. C’était à n’y rien comprendre. Pouvait-elle seulement lui faire confiance ?
Il la désarçonnait avec tellement de facilité. Un sourire amer étira le coin de ses lèvres rosées. Où était passée la femme forte dont elle se targuait d’être ? Un simple mirage, une illusion. Elle parlait fort, mais une main d’homme sur son visage de porcelaine, et s’en était fini d’elle. Dans ce monde où la violence régnait, elle n’avait aucune chance avec sa petite taille et ses petits poings. Elle aurait dû se marier et rester sagement dans les petits salons bourgeois à dire oui, et rire bêtement à tout.

Un craquement. Elle se figea.
Totalement absorbée par ses pensées et par sa tâche, elle n’avait pas remarqué à quel point elle s’était éloignée. Regardant en arrière, de là où elle venait, son cœur manqua un battement. L’adrénaline de la peur fit battre le sang dans ses tempes. Un lapin détala. Ce n’était qu’un lapin. Le soulagement lui fit relâcher un soupire alors qu’elle observait la bestiole disparaître dans les fourrés.

Une main se referma sur son nez et sur sa bouche. Elle n’eut pas le temps de réagir qu’on la soulevait déjà du sol, pauvre poids plume qu’elle était. Ses jambes battirent l’air avec force et détermination, et ses propres mains griffèrent avec violence celle qui la tenait prisonnière, en vain. Et déjà, un autre devant elle bandait ses yeux et ses membres rebelles. Elle eut juste le temps de voir tatouer sur l’avant-bras de son assaillant la salamandre noire dévorant une libellule.
Dim 8 Oct - 11:56
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Cette violence serait toujours présente en lieu. Peu importera le nombre d'années qui passeront alors qu'il serait toujours en vie, cette violence était maintenant profondément incrustée en la conscience du Loup-Garou de la Garnison. Il était une partie intégrante de son être et sous ce calme olympien pouvait se cacher une véritable tempête sauvage et presque animale. Rashieka avait-elle raison de le comparer au vulgaire animal qu'était un loup ? Le Loup de la Mort. Le fidèle compagnon de la grande Faucheuse, capable du pire, mais aussi du bon. Un représentant de la mort. La mort était dans son sillage. Se trouvant entre le monde des vivants et de ceux dont le cœur ne bat plus.

Il avait eu conscience du silence de Rashieka, qui s'était contentée de baisser son regard et de partir chercher du bois pour le feu. Il eut conscience qu'il l'avait blessée. Il eut conscience que même si son cœur était de pierre et son âme en acier, il ne devait pas laisser le premier s'effriter pour dévoiler des fissures auxquelles la culpabilité s'infiltrerait et auquel le deuxième allait souffrir probablement du sentiment de culpabilité aussi. Mais avec un degré probablement important. Puisque Rashieka avait été l'une des rares personnes ayant su l'approcher et entrevoir ce qu'il avait été autrefois.

Il s'occupa donc d'installer le campement.

Mais dans son esprit constamment en alerte, il entendit l'un des chevaux hennir bruyamment. Et il se retourna juste à temps pour éviter le coup de matraque d'un homme laid et de forte constitution. D'une roulade bien synchronisée, il se remit ensuite debout, poings levés. L'homme devant lui arborait une expression mauvaise, allant aussitôt attaquer le brun avec sa matraque avec une rapidité surprenante. Il leva un bras, usant de son avant-bras pour recevoir le coup de matraque qui se fracassa contre le bras du Loup-Garou. Il eut un grognement de douleur, mais il répliqua avec violence en envoyant son poing dans le ventre de son adversaire, qui recula en chancelant, le souffle coupé.

Tenant son estomac avec ses deux mains, Moreau prit le temps de rattraper la matraque tombée au sol, et c'était avec une violence inouïe qu'il projeta l'arme contre la tempe de son adversaire. Le morceau de bois se brisa presque en deux, maintenu par quelques morceaux de bois, pendait lamentablement, alors que le corps de l'homme s'affaissa au sol, convulsant. Du sang s'écoulait des oreilles et du nez de celui-ci. La force du Loup-Garou n'était pas celle d'un enfant. Il traîna le corps contre un amas de roche et le laissa ainsi. Un pli apparut entre ses sourcils en voyant sur son avant-bras un tatouage singulier. Une salamandre noire dévorant un insecte.

Il eut un tique dans son esprit. Un gang, de ce qu'il savait. Et qui n'était pas des plus tendres. Reconnu grandement aux Souterrains.

Rashieka.

Sans perdre de temps, il courut vers la direction ou Rashieka avait emprunté. Né dans la forêt, il connaissait les moyens de pister. Il suivait les traces de la rousse. Son cœur battait avec énergie. Un air sombre dans son regard, il finit par trouver l'endroit ou Rashieka s'était faite enlevée. Il y avait eu trace de luttes. Quatre suspects. Il les suivit à la course et le Loup finit par arriver dans une clairière, avec les hommes menant Rashieka vers un chariot ou des chevaux y étaient attachés.

Mais le groupe avait allongé Rashieka au sol, les trois maintenant celle-ci au sol et le dernier se plaçant derrière elle...

Un cri strident parvint dans sa mémoire. Emily. Non.

Inconsciemment, c'était avec une mine des moins amicales qu'il s'était dirigées vers le groupe. Alors que celui qui était derrière la rousse allongée au sol allait la violer avec le chant des rires gras de ses camarades, la main de Moreau l'attrapa par la peau du cou pour l'attirer vers l'arrière, lui arrachant une exclamation de surprise aussitôt coupée par le bruit de son couteau tranchant la chair de sa gorge, une mare de sang s'échappant aussitôt du trou béant, interrompant l'acte déplaisant.

-Merde, y'a un invité surprise !Fit l'un des badauds.

Kristopher eut le temps d'en tuer un autre en lançant son couteau vers le visage de celui-ci, la lame se plantant entre les deux yeux de celui qui maintenant le bras gauche de Rashieka, pour s'effondrer au sol dans des convulsions. Celui qui avait tenu le bras droit de la rousse se releva et fonça sur Moreau pour donner un coup-de-poing. Un pas en arrière suivit d'un coup de coude vers son nez qui se brisa en un craquement sinistre et dégoutant, un hurlement étouffant par le sang qui inondait aussitôt sa bouche. Laissant celui-ci pour s'occuper du dernier debout, Kristopher évita au dernier moment un coup de couteau habile en faisant un bond de côté. Il tenta de donner un coup-de-poing, mais l'homme attrapa sa main pour entailler profondément son avant-bras déjà meurtri par le coup de la matraque de l'autre compagnon probablement mort.

Un grognement de douleur animale quitta la bouche de Moreau et il répliqua par plusieurs coups de genou dans le but de le faire lâcher prise. Une fois ceci fait, le brun retourna le couteau contre son propre utilisateur, en enfonçant la lame dans la poitrine de celui-ci. Dans sa violence, il se mit plusieurs fois a le poignarder dans la poitrine, encore et encore, le sang tachant bientôt le visage du brun ainsi que sa veste et ses mains. Le cadavre était mutilé. Et il se releva, en posant son regard en dernier sur le survivant qui tentait de s'enfuir lâchement en rampant d'une main, l'autre tenant son nez massacré. Kristopher s'approcha de celui-ci rapidement et prenant une pierre, malgré les cris de désespoir et de douleurs de l'homme, se mit a le battre avec une cruauté inhumaine. Visage, tête, épaule, mains. Des os cassés. Et au final, il laissa l'homme choir au sol, se vidant lentement de son sang.

Une mort horrible.

Et Moreau se retourna vers Rashieka. Les fleurs blanches de la clairière étaient souillées du sang des agresseurs. Mais son visage n'exprimait rien. Ses yeux métalliques vide de vie. Ses mains, son visage, ses vêtements couverts de sang. Et pourtant, malgré son apparence monstrueuse... Il avait un regard étrange posé sur Rashieka. Un regard de compassion. Il s'approcha de la rousse doucement. Le vent soufflait un peu.

-Ça va aller. Je suis là. Dit-il calmement. Je suis là. Ça va aller.

Il retira sa veste de la Garnison pour en envelopper les épaules de Rashieka et avec une douceur qui ne lui était pas commune, il la prit dans ses bras et la souleva comme s'il l'aurait fait avec une mariée, pour l'emmener loin de ce carnage. Loin de cette horreur. Loin de l'Homme.

*

Le ciel était orangé et un feu agréable brûlait dans leur bivouac. Il avait fait tout ce qu'il fallait faire pour avoir un campement digne de ce nom, ayant au passage emmener les corps dans une grotte pour qu'ils y pourrissent en solitaires, et libérés les chevaux de leur attelage. Gardant au passage une note qu'il avait récupéré et garder dans son pantalon. Un lapin brûlait, embroché au-dessus des flammes. Et Moreau gardait un œil sur la rousse, laissait faire ce qu'elle voulait tout en la surveillant, installé prés d'elle. Le Loup de la Mort protégeant la Flamme de la Vie. Une flamme qui insufflait quelque chose en le Loup.

-… Je suis là, dit-il tout simplement.

C'était de simples mots. Mais lourds d'intentions. Le Loup n'avait plus un air féroce au visage, mais celui d'une créature attentive et protectrice.

Rashi refuse de me donner son manger '-'
Dim 8 Oct - 22:46
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Tout allait très vite autour d’elle et tout était si lent en même temps, dans un même temps, un même rythme, un même tempo dont elle perdait la foulée, qu’elle peinait à rattraper. Elle se faisait distancer lamentablement, et plus il s’éloignait plus elle perdait le contrôle. La peur sourdait à ses oreilles et elle n’écoutait plus que ses propres cris étouffés dans la main grasse qui la tenait et le goût âcre de la saleté et celui salé de la sueur, comme autant de violences faites à son intégrité. Et déjà elle ne pouvait plus que voir, admirer sa propre chute ainsi que celle de l’humanité. Impuissante pour affronter cette nouvelle épreuve. En ressortirait-elle seulement vivante ?

Etait-ce ainsi qu’elle voulait que cela se termine ?

Un éclair de lucidité dans son esprit et ce fut la douche froide : ce ne serait jamais finie. Bien sûr qu’ils feraient tout pour la garder en vie. Bien sûr, qu’elle ne vivait pas ses derniers instants. Et c’était bien pire que tout. Elle ne voulait pas vivre ça. Elle voulait mourir maintenant.
Jetée comme un sac, une carcasse, sur l’épaule musclée et carrée, angulaire qui rentra dans ses frêles côtes et lui tira une grimace malgré les baillons, elle se demandait encore s’il fallait qu’elle se débatte ou si elle devait se résigner.

Que pouvait-elle bien faire contre eux. Ses yeux verts glissés affolés sur leur silhouette, et le monde à l’envers lui fit tourner la tête. Les arbres poussaient vers la terre, vers l’enfer et le plafond du monde était plus proche de l’écraser. Elle suffoquait. Elle s’insurgeait.
Ils n’avaient pas le droit. Elle n’appartenait à personne et pourtant ils s’étaient saisis d’elle comme d’un simple objet, une biche tirée dans la forêt car ce soir il y avait banquet. Ils n’avaient pas le droit, et pourtant ils se l’octroyaient. Elle aurait voulu se défendre, se débattre, leur prouver, leur extorquer le pardon mais elle ne pouvait pas. Elle trouva cela terriblement injuste. Et ce n’était plus que des larmes de peur qui roulaient sur ses joues, mais de rage. Contre eux et contre elle. Contre l’être faible qu’elle était, incapable. Pathétique. Elle n’avait même plus le contrôle sur sa propre vie. Elle n’avait même plus le contrôle sur la façon dont elle voulait mourir. Elle n’avait même pas le pouvoir de contester.
En un instant, et dès lors que sa main avait touché sa peau douce et délicate, il lui avait tout pris.

Dans un élan d’espoir, elle remuait sur lui et sentit ses jointures brûler sous les liens de corde qui frottaient sa chair fragile. Soudain, elle détestait son existence, elle haïssait le hasard ou les dieux, ou le ciel, le monde de l’avoir choisie femme plutôt qu’homme. De l’avoir choisie menue plutôt que forte. De l’avoir formée généreuse plutôt que peu désireuse. Soudain, elle détestait tous les choix qu’elle avait pu faire dans sa vie, et rêva de celle qu’elle aurait pu avoir qui tantôt des années plus tôt, était apparue à ses yeux comme la pire des prisons. Elle s’était trompée. Adolescente, jeune femme en puissance de la société bourgeoise, qui d’un égoïsme exaltant s’était insurgée du destin qu’on lui avait choisi auprès d’un homme qu’elle n’avait jamais voulu. Naïve qu’elle faisait. Elle se maudit mille fois de n’avoir pas simplement accepté. De ne pas s’être résignée plus tôt. Elle en payait le prix aujourd’hui.

Il n’y avait pas de femme forte au sein de l’humanité. Au sein des hommes il n’y avait que des hommes. Société patriarcale et machiste qui l’avait toujours dégouttée. Et qui aujourd’hui la mettait à genoux et la trainait dans la boue. Elle lui avait acheté une chaîne, et en avait fait sa chienne.

Le contact froid et humide de la terre contre son visage la rappela à la réalité, et son regard n’y trouva que les visages bien trop distincts des monstres qui l’entouraient. Elle aurait voulu fermer les yeux, mais elle ne le pouvait pas. Ses émeraudes glissèrent vers l’ouverture qu’ils présentaient entre leurs trois paires de jambes.
Dans un élan de désespoir, elle poussa sur les siennes liées et glissa dans la boue. Mais déjà elle n’avait plus aucun contrôle sur son corps. Elle ne comprenait pas exactement de quoi il en tenait, ou bien elle en avait une idée trop précise pour faire attention à quoi que ce soit d’autre, si bien qu’elle ne remarqua même pas qu’elle hurlait de vive voix à présent. Ses cris lui semblaient si loin, et ridiculement faibles. Ici elle était seule. Terriblement seule. Elle leur criait d’arrêter et de la laisser partir, mais elle ne voulait pas leur parler. Elle leur criait sa douleur et sa peur, elle les suppliait. Mais elle ne voulait pas les voir et pourtant, irrémédiablement, ses iris folles les scrutaient en détails.
Elle ne se rappellerait que trop bien de cet instant. Tout ceci serait gravé dans sa mémoire. Pour lui apprendre, pour lui rappeler une nouvelle fois, qu’elle n’était pas et qu’elle n’avait jamais été maîtresse de sa vie.

Le temps reprit son cours, indéniable, éternel, lorsqu’un filet de sang gicla dans l’herbe à côté de son visage. Elle reprit contrôle de son corps et elle libéra ses jambes. Ignorant la furie et le carnage autour d’elle, elle rampa jusque sous le chariot et s’y roula en boule, en espérant se faire oublier et que tout cela cesse. Que le temps passe, que la nuit tombe. Que quelque chose se passe. Quelques instants plus tard elle prit son courage à deux mains et se traîna à quatre pattes au-dehors de son maigre refuge. Elle voulut s’adosser mais son dos ne trouva que le vide et elle se laissa choir sur ses fesses en cherchant un point fixe où poser ses pupilles trop dilatées pour capter la réalité qu’elle était en train de vivre.

Son premier réflexe fut de lui crier de ne pas la toucher, et de refuser son contact. Mais il ne lui laissa pas le choix et elle s’abandonna à sa voix, l’accepter pour mieux le rejeter comme seule défense que trouvait son esprit à ce qu’elle venait de subir. Par-dessus son épaule, elle parcourut une dernière fois des yeux la clairière rouge.

*

Elle n’avait eu de cesse de l’observer tout ce temps. Toute cette énergie qu’il consacra à monter ce camp ridicule. Pourquoi était-elle venue ? Tout n’avait plus de sens et elle détestait son existence-même.
Elle avait perdu son regard sur le feu et les flammes qui ne cessaient de danser devant elle et devant le visage du Loup, en face. Elle n’avait pas bougé, ses jambes repliées contre elle. Elle se tenait lamentablement et d’un geste désespéré de reprendre possession d’elle-même.

« Je suis là. »

Rashieka releva la tête et posa son regard sur l’homme. C’était le mot, c’était ce qu’il était. Et se déchaînaient en elle deux pensées prédominantes. Elle avait une irrésistible envie de se jeter dans ses bras. Elle ressentait un profond dégoût à l’idée de son contact.
Alors elle resta là, bien incapable de faire quoi que ce soit. Elle se sentait lamentable de ne pas le remercier comme elle aurait dû le faire, et de n’avoir pour lui et pour son être qu’un terrible frisson parcourant son échine. Elle resserra ses doigts fins sur le tissu de la veste du soldat, ferma les yeux et huma l’odeur qui s’en dégageait. Boisée et fumée, ferreuse du sang et terreuse de souffrir de trop de sorties dans la nature.

Il n’était pas un homme, et elle succomba à son appel.
Comme il avait fait un pas en avant vers elle, elle lui offrit de faire de même. Doucement, encore fragile sur ses jambes, elle se leva et contourna le feu crépitant. Elle vint devant lui et fit volte-face avant de s’accroupir. D’un geste elle repoussa une de ses jambes, accompagnant ceci d’un « écartez les jambes, monsieur. », maladroite boutade sur ce qui aurait pu lui arriver. Car après tout, il lui avait évité le pire. Grâce à lui, elle pourrait guérir.
Rashieka s’assit entre ses jambes et prit légèrement appui contre son torse. Elle ne voulait pas trop s’imposer tout de même (et cette pensée était bien ridicule compte tenu de ce qu’elle venait de faire) et décida de ne pas se laisser soutenir par lui. Il en avait déjà assez fait.

Resserrant la veste sur ses petites épaules, elle ferma les yeux et soupira, bercée par la chaleur que lui procurait le corps du Loup. Ce n’est qu’après qu’elle remarqua sa blessure. Il n’avait même pas pris le temps de panser ses plaies.
Rashieka tira un mouchoir de sa poche de pantalon et avec hésitation commença à tapoter tout délicatement le mal de l’avant-bras de Kristopher.
Lun 9 Oct - 0:26
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Son visage était encore sali par le sang, mais pas autant qu'avant, étant donné qu'il avait pris un peu de temps pour se laver le visage et ce qu'il pouvait retirer de sang. Le temps d'installer le campement et d'éloigner les corps pour que plus personne ne les retrouve, une bonne partie de la journée s'était écoulée. S'en est ensuite suivi d'une bonne corvée concernant la chasse du petit gibier. Un tel événement pour quelqu'un comme Rashieka lui aurait fait couper son appétit avec aisance, notamment vu la façon dont elle se recroquevillait près du feu. La peur rongeait son être. Il ne pouvait que comprendre sa réaction. Elle avait passé près du viol. Et il avait bien vu trop de fois ce que cela pouvait donner en retour. Des cauchemars.

Les cauchemars lui étaient communs. Mais pas pour Rashieka. Rashieka était encore une femme qui se voulait forte, mais qui avait découvert la vérité : une femme faible et sans grande volonté. Il avait toujours pensé ainsi. De grands mots, mais face aux monstres, elle s'était débattue dans le désespoir. C'était une Flamme. Un souffle de trop et elle pouvait vaciller en un clin d'œil pour ne plus jamais se rallumer. Et Moreau était un Loup appartenant à la Mort. Il ne pouvait mourir. Pas encore. Pas sans combattre. Il était une horrible vérité. Et pour lui, Rashieka était un horrible mensonge.

Un espoir qu'un être comme elle, qui n'avait pas été encore marquée par cette violence, puisse le rendre plus humain qu'animal.

Il eut un regard apeuré de sa part. Étant un homme, il avait prévu que celle-ci aurait peur. Et sans déception, il posa son regard sur les flammes. Mais alors qu'il pensait que celle-ci ne viendrait pas, Rashieka se leva de sa position pour rejoindre le brun qui était assis contre un tronc d'arbre. Celle-ci lui demanda d'avoir les jambes écartées, ce qu'il fit sans poser de question. Elle s'assit confortablement entre ses jambes et elle s'allongea presque contre son torse.

Dans un mouvement protecteur et doux, il enserra doucement ses bras autour de la rousse, fermant des yeux, profitant de l'instant avec Rashieka. Mais il sentit des petits picotements familiers. Il rouvrit les yeux et baissa son regard pour apercevoir Rashieka essayer de nettoyer la plaie due au couteau. Fine mais profonde. D'une main, il attrapa avec douceur l'avant-bras de Rashieka pour l'en éloigner et la reposer sur les cuisses de la rousse.

-Je suis un Loup. Je lécherais mes blessures plus tard.


Il reposa son menton sur le dessus de la tête de Rashieka après cette petite plaisanterie, ne bougeant pas ses mains pour ne pas trop brusquer la rousse. Il resta silencieux quelques secondes avant de commencer de parler.


-Ma grand-mère avait été violée, ainsi qu'elle et un autre groupe de femme de mon village, par le passé. Par un groupe de plusieurs hommes appartenant aux soldats de la Garnison, alors que les hommes étaient partis pour chasser dans un territoire plus éloigné. Je t'ai dit que je venais d'un peuple en dehors des Murs différent des autres, vénérant la nature au lieu de l'homme sur la croix, aux bras étendus. Ils étaient xénophobes. Racistes. Inhumain, avec nous. Mais malgré tout... Elle avait tenu bon. Elle avait pris le temps de guérir d'abord ses propres plaies, intérieur comme extérieur, puis elle avait prise les choses en main. Elle avait, elle et les autres, attendues que la nuit ne tombe pour aller dans leur caserne, qui se trouvait être dans un village pas loin. Elles les ont enlevés dans leur sommeil avec l'aide des hommes du village et elles les ramenèrent dans une grotte, solidement attachée

Elles ne leur firent rien. Ils passaient simplement plusieurs heures devant eux pour affronter leur traumatisme. Chacune d'entre elle. De ce que je sais, ça à durer un mois. Et puis elles ont guéri, en affrontant leur peur. Les hommes prirent ensuite leurs aises avec les soldats. On ne les revint plus jamais. Et de nouveau, ma grand-mère avait pu rire et profiter de la vie. Je ne dis pas de faire la même chose, Rashieka. Chacun a sa méthode pour se guérir. Je ne sais même pas pourquoi je raconte ca. Pour te réconforter maladroitement, pour te prouver que la force ne réside pas dans les muscles forcément, je ne sais pas. Je ressens simplement... L'envie de raconter le vécue de la femme qu'elle était. Une des femmes les plus formidables que j'ai pu rencontrer. J'étais jeune quand elle mourut.

D'une main, il se mit doucement à caresser la chevelure de la rousse dans une manière qui se voulait réconfortante et non-hostile.

-Quand tu es dos au mur, Rashieka... Sers-toi de ce mur. Combat cette peur. Use de ta rage, use de ton envie de vivre, de vouloir guérir, de ne plus vouloir être une cible. La vie n'est pas sans douleur. C'est cette douleur, ce mur, qui peut souvent nous prendre au piège, sauf si on l'use contre le monde. Et par la douleur, nous apprenons. Nous nous adaptons dans ce monde de brute.

Et de son autre main libre, il vint serrer celle qui tenait le mouchoir. Avec cette douceur si peu commune au Loup.

-Tu es comme un feu, Rashieka. Au lieu de laisser le monde te souffler dessus... Embrase-toi.


Il n'était pas des plus socialement avancés en ce qui concernait la discussion et le réconfort. Mais le Loup de la Mort avait de bonnes intentions.

Rashi refuse de me donner son manger '-'
Lun 9 Oct - 5:05
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Il n’était plus froid, ni colérique. Il n’était plus susceptible ni méfiant. Il avait fait tomber le masque, explosé son bouclier, son arme, ses pieux et griffes et rangé ses crocs. Et sans qu’elle ne sache ni quand ni comment, il l’avait propulsée à l’intérieur de son Palais de l’Ame, là où jamais elle n’avait eu le droit de poser les pieds, et où de trop nombreuses fois il l’avait rejetée avec toute la rage qu’elle lui connaissait à présent.
Elle avait vu. Derrière lui, par-dessus son épaule. Ce qu’il avait laissé dans la clairière. Elle avait vu et ne pourrait plus oublier. Toute la souffrance qu’elle y avait lu, avant que ne se referme sur elle la fourrure noire et qu’elle s’y accroche de tout son cœur.

Il refusa de se laisser soigner, prétextant le faire plus tard. Mais plus tard il sera trop tard. Il ne pouvait pas laisser cette plaie ouverte sans au moins la nettoyer. Elle ne pouvait décemment pas accepter qu’il souffre davantage.

« Laisse-toi faire, un peu. Tu sais très bien que si on ne soigne pas ça, ta plaie va s’infecter. » lui répondit-elle d’une voix douce mais ferme tout de même. Elle reprenait du poil de la bête.

Humidifiant le tissu avec de l’eau qu’elle trouva dans une outre à côté d’eux, elle se remit à panser la blessure de Kristopher. Une lame fine avait profondément entaillé la chair. Elle avait raison : une blessure pareille devait se nettoyer rapidement et proprement.
Il posa son menton sur le haut de son crâne, et elle se figea un instant. Il n’avait jamais été aussi tactile et jamais, jamais, elle ne l’aurait imaginé comme cela. Et comme la nuit débutait à peine, il lui faisait visiter son Palais, et docilement, elle savourait l’instant tout en enroulant un tissu propre autour de l’avant-bras blessé de l’homme.

Elle n’avait aucun souvenir d’un moment où il avait parlé autant. Pourtant, le flot de paroles qui sortirent d’entre ses lèvres semblaient tout à fait naturel et aucunement forcé. Elle ne reconnaissait plus l’homme qu’elle avait rencontré quelques mois auparavant, si distant. Elle avait mis du temps à s’en rapprocher, tous deux hésitants sur la façon de faire avec l’autre. Tous deux s’observant sans cesse, méfiance et prudence de mises. Chaque pas en avant s’accompagnait d’un faux-pas, et ils reculaient de trois. A quel instant, à quel moment, avaient-ils franchi l’espace qui les séparait ?
Rashieka se laissait guider par son hôte, alors qu’il semblait prêt à lui présenter chaque alcôve, chaque recoin, chaque tableau de sa vie camouflé dans les murs miroirs de son palais. Si grand, immense et terriblement vide et glacé.
Elle revint à des pensées plus concrètes lorsqu’il commença maladroitement à se justifier. Se surprenait-il lui-même ? Elle sentit ses doigts parcourir sa chevelure rouge et écouta distraitement, comme si déjà elle était loin le regard perdu dans les sous-bois qui s’assombrissaient à vue d’œil, les dernières paroles du Loup. Elle remarqua à peine sa main serrant la sienne, toute petite dans la paume de l'homme.
Et doucement, la voix du soldat fit son chemin dans l’esprit de la lady.

Alors, il lui disait de subir et de se relever ensuite, puisqu’elle n’avait pas d’autres choix. Subir et se relever. Subir et apprendre. Subir. Non, elle en avait assez d’être à la place du faible, et de devoir souffrir comme seule défense face à la vie. Elle en avait assez d’être constamment remise en question par les hommes, tous ceux qu’elle croisait, avec qui elle avait à faire. Ils la jaugeaient tous comme un vulgaire moustique que la simple vision de la tapette ferait fuir, et se taire. Elle voulait imposer sa voix parmi celles graves et rauques et puissantes, masculines. Elle voulait imposer sa volonté, et hurler plus fort qu’eux. Se faire entendre. Il n’y avait qu’un langage qu’ils comprenaient, lorsque tout dérapait.
Rashieka releva la tête et posa ses yeux verts sur le feu qui dansait.

« Tu accepterais de m’apprendre à me défendre ? »

Il ne serait pas toujours là pour elle. Et de trop nombreuses fois elle avait valsé avec le danger, provoqué les monstres, en y réchappant toujours. Cela n’aurait pas été le cas cette fois, s’il n’avait pas été là. Elle avait pris conscience qu’il lui fallait plus, si elle voulait éviter de compter sur les autres. C’était déjà la deuxième fois qu’elle se rendait compte à quel point elle était impuissante, seule. Elle n’avait que pour seule arme sa voix, ses mots. Aujourd’hui, cela avait été lamentablement insuffisant.
Il pouvait lui donner plus. Mais pas ce soir. Ils avaient tous les deux besoin de repos.

Alors, ses doigts fins vinrent s’entrelacer dans les siens lorsqu’elle se laissa aller tout contre lui, sa tête glissant en arrière pour se poser dans le creux de son cou. Il sentait encore la sueur et le sang, mais elle parvenait à retrouver l’odeur boisée et suave qui était sienne. Agréable et agressive tout à la fois. Elle se prit à l’apprécier. Une douce chaleur rassurante l’enveloppa. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas été dans les bras d’un homme. Silencieusement, pour elle-même, elle le remercia de lui offrir un tel présent. Elle ne savait même pas si elle pouvait parler de confiance.
De son côté, il s’agissait bel et bien de cela. Elle remettrait sa vie entre ses mains les yeux fermés.
Lun 9 Oct - 12:15
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C'était un moment particulier pour le Loup, comme Rashieka le lui avait défini il y a de cela plusieurs heures en faisant route vers ce point-ci de ses terres. Un mélange de plusieurs émotions. Autant mauvaises que bonnes. Cette part de violence ne quittera jamais son être. Une partie du soldat de la Garnison lui hurlait de s'écarter vivement de la rousse. Cette partie pourrie par la violence et le dégoût pour l'Homme. Le dégoût pour le monde. Le dégoût pour ce que le monde avait fait des Hommes. Mais cette part avait un adversaire redoutable. Celle de la bonté et de la compassion encore présente en lui.

Ce n'était pas un samaritain. Mais il savait faire preuve d'humanité quand il le fallait, mais surtout, quand il le pouvait. Dévoiler cette part d'humanité revenait en quelque sorte de retirer le plastron d'une armure en acier presque impénétrable pour dévoiler un point faible. Elle pourrait avoir le loisir de le poignarder le tuer, de le provoquer et ne plus lui redonner envie de vouloir explorer ce que voulait dire être un humain. D'être de nouveau quelqu'un qui n'avait pas besoin d'être autant sur ses gardes.

La rousse reprit de l'allure, invectivant fermement, mais gentiment le Loup sur sa blessure. Presque avec hésitation, il laissa Rashieka s'occuper de sa blessure en lui faisant un bandage improvisé avec le mouchoir humidifié par le contenu d'une outre. Le mouchoir se teinta vite de la couleur bourgogne sombre du liquide de la vie. Il n'aurait laissé normalement qu'aux médecins la chance de pouvoir s'occuper de lui sans soucis. Mais Rashieka était une rare personne.

Il devait la protéger. Mais était-ce pour le bien de la rousse ou pour son propre intérêt ? L'égoïsme humain était présent en chacun. Même lui avait besoin de quelqu'un comme Rashieka, en cet instant. Quelqu'un capable de lui montrer ce que l'Humanité ne pouvait pas faire que du mal. Que la vie avait une autre signification qu'une série d'épreuves concernant la tolérance envers la douleur et le poids de ladite vie sur les épaules de quelqu'un.

-Tu voudrais que je t'apprendre à te défendre... ? Fit doucement le soldat de la Garnison dans un grand calme. La question n'est pas si je veux t'apprendre à te défendre. Mais si tu le peux, Rashieka. Il est facile d'ériger des poings et donner un coup pour vouloir se défendre. Mais dans ce monde...

De la main qui s'occupait des cheveux, il les délaissa pour en retirer de son fourreau accroché à sa ceinture un couteau. Son couteau. Encore tachée de sang du combat, le mettant bien en évidence devant les yeux de Rashieka. Une partie du visage de celle-ci, en raison du reflet ensanglanté, lui donnait un air de meurtrière, aux yeux d'émeraudes éclatants et brillant a la lumière des flammes. Et on pouvait y voir une partie du visage du loup aussi, cependant, l'illusion donnée par le reflet faisait comme si son visage en entier était taché de sang. Du sang de ses adversaires.

-Dans ce monde, Rashieka... Il faut parfois sacrifier une chose pour pouvoir en préserver une autre. Parfois, il faut tuer. Voler. Prendre. J'ai tué sans hésiter ces hommes dehors et j'en ai tuer d'autres qu'eux. Je pourrais te donner une leçon sur comment te battre et comment bien te défendre en usant de ton environnement, mais aussi en usant de ce que tu as en toi. Mais je ne pourrais pas t'apprendre comment tuer quelqu'un. C'est en chacun de nous. Mais ce qui n'est pas en chacun de nous, c'est la tolérance que de prendre la vie d'un autre. Moi, j'y suis habitué. Dans un autre monde, j'aurais probablement fait un bon meurtrier en série. Et probablement t'aurais-je tué aussi.

Une buche éclata dans le feu de camp. Le teint orangé des cieux disparut pour devenir de plus en plus sombre, rapidement. Que le temps passait vite.

-Tu as la volonté de te défendre, de t'imposer, de cela, je le sais, tu as une puissante aura. Mais aurais-tu la capacité requise pour pouvoir tuer quelqu'un si cette personne voulait simplement te tuer en retour ? Pouvoir vivre avec cela sur tes épaules ?



Rashi refuse de me donner son manger '-'
Mar 10 Oct - 4:07
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Rashieka écouta patiemment et avec attention les paroles de Kristopher. Dans sa tête, les pensées fusaient. Elle réfléchissait.

Pour lui, il n’y avait pas d’autres choix que de tuer. Tuer pour survivre. Etait-ce ce qu’il avait toujours connu ? Quand elle lui avait demandé s’il pourrait lui apprendre à se battre, à se défendre, elle avait juste en tête le fait de mettre hors d’état de nuire ses adversaires, juste pour pouvoir s’enfuir. Jamais il ne lui avait traversé l’esprit de prendre la vie. Elle réfutait cette idée, cette pensée. Elle se fixait dans la lame rouge du poignard du soldat. Son regard glissa irrémédiablement dans celui du Loup qui se reflétait sur l’acier trempé du sang ennemi.
Combien de gorges avait-elle lacéré ? Combien de cœurs avait-elle percé ? Combien de vie avait-il pris ?

Le paradoxe de la situation lui sauta aux yeux si rapidement qu’elle fit cligner ses paupières et que son pouls s’accéléra furtivement. Elle était entre les bras d’un meurtrier. Il le disait lui-même, et elle l’avait vu de ses propres yeux : il tuait avec tellement de facilité. « Et probablement t'aurais-je tué aussi. ». Son cœur manqua un battement.
Comment avait-il pu se retrouver au sein de l’armée, avec une telle violence en lui ? Ne le voyaient-ils pas, lorsqu’ils recrutaient ? Elle ne voulait pas devenir comme lui.
Elle ne savait plus quoi penser, et les sentiments se chamboulaient dans son esprit. Quelques secondes auparavant, voilà qu’elle se jetait dans ses bras, appréciant son parfum, et maintenant la crainte de nouveau.

Il pouvait la tuer, mais il l’avait sauvée. Pourquoi ?

Rashieka se redressa, s’échappant de son étreinte et repoussant la main du soldat qui tenait la lame criminelle juste devant son visage. Elle resta pourtant entre ses jambes encore, tout près de lui mais si loin à la fois. Son regard se perdit dans les braises qui craquaient et elle suffoqua. Elle se leva, cherchant de l’air, la fumée lui prenant soudainement la gorge et s’éloigna, rompant le lien qui les avait uni quelques instants auparavant, refermant cette parenthèse éphémère d’affection, à l’arrière-goût de mensonge. Mentait-il ? Se jouait-il d’elle ? Pouvait-il réellement s’attacher, ou l’avait-il secourue uniquement parce qu’il était soldat et que c’était son devoir ?
Karnival releva la tête en la voyant s’approcher, mais elle s’arrêta et ce n’est pas sur ce dernier qu’elle reporta son attention. Elle planta ses émeraudes dans celles du Loup, désemparée par ses paroles. Que lui voulait-il au juste ? Il changeait du tout au tout, d’une seconde à une autre, la narguant de ses caresses douces, pour la menacer par la suite. Jouait-il avec sa nourriture avant d’en croquer la chair ?

Et pourtant… « Ils étaient xénophobes. Racistes. Inhumains, avec nous. » Il ne pouvait pas mentir. Ses sourcils se froncèrent et elle détourna son joli visage vers sa monture alezane. Elle avait besoin d’en savoir davantage pour comprendre. Mais un doute persistait dans son esprit : se retournerait-il contre elle, un jour ?

La curiosité fut plus grande. Il lui cachait encore trop de choses pour que tout s’éclaire sur son comportement. Alors, elle se lança.

« Comment es-tu devenu comme ça ? »

Et elle resta là, plantée vers leurs montures, à le fixer sans ciller, le cœur battant qu’il s’emporte et qu’une nouvelle fois il revête la fourrure noire et sorte ses crocs assassins. Elle serait sa prochaine victime. Malgré tout, assis là près du feu, contre son arbre, il n’avait aucunement l’air dangereux. Mais peut-être qu’il s’agissait simplement du calme avant que la tempête ne gronde de nouveau.
Rashieka détailla rapidement son visage. Elle n’avait pas souvent l’occasion de le voir sans son cache-bouche et elle trouva que les reflets du feu qui dansaient sur sa peau et dans ses iris grises lui donnaient un certain charme. Elle se redressa et chassa cette pensée de son esprit.
Mar 10 Oct - 16:14
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La mort était dans son sillage. D'une manière ou d'une autre, le Loup finissait par avoir du sang sur ses mains. Peu importait la façon dont la personne mourrait. Il finissait par en être un coupable indirect ou direct. Se souvenant de la cage et des hommes mauvais aux comportements de monstres sans pitiés, le brun se posait souvent la question. Quel était son plus grand crime ? L'obtention du nom de Loup-Garou par des actes des plus sombres ou bien le fait qu'il ait pu vivre, et non ses amis, malgré les horreurs qu'il avait vécues ? Il était teinté par ce monde, en mal.

Les muscles de Rashieka se tendirent. Le cœur du brun ne faisait que battre calmement. Il affichait, en apparence, un calme olympien malgré les événements de la journée, malgré la brutalité et la violence des meurtres qu'il avait commise pour protéger Rashieka, malgré les derniers jours de chaos et de terreur... Il était calme comme jamais. Son visage était de pierre. Malgré le fait que Rashieka s'était levé en repoussant vivement, sans grande douceur, la main du Loup-Garou de la Garnison. Elle resta debout un instant avant de s'éloigner rapidement du Loup.

Le regard dont elle lui fit part n'eut aucune réaction sur le visage du Loup. Il se contentait de regarder en retour Rashieka, alors que le feu les séparait. Elle avait tout de la flamme de la vie. Elle craignait la froide Mort, elle qui apportait de la chaleur. Elle, qui apportait un semblant de chaleur pour le Loup. Vint la question tant attendue de par le Loup. Une question que tout le monde posait.

-Comment es-tu devenue ce que tu es présentement, Rashieka ? Renvoya le Loup. Parce que le monde dans lequel tu as fais ton chemin t'a forgé pour être ainsi, Rashieka. Ni plus ni moins.

Le Loup continua sur sa lancée, toujours dans un calme olympien sur son visage.

-J'ai vécu dans un monde de violence et de sang en m'arrachant brutalement mon enfance. Toi, tu as vécu dans une cage en or. Parmi les richesses. Je suis né dans la forêt. J'ai su chasser avec mon père. Mais, au vu des circonstances dans laquelle sont mort mes parents, tu devrais savoir que ce n'est pas des Titans qui les ont tués... Ils ne causent pas d'incendies, de ce que je sais. Et encore moins, ils ne brûlent pas vifs mes parents.

Et tout en parlant, Kristopher s'était levé pour contourner le feu et s'avancer vers Rashieka dans des pas lourds et bien distinct, ayant laissé derrière lui son couteau qu'il avait planté au sol sans grands efforts, pour acculer la rousse dans un coin. Son visage était de pierre. Mais son regard disait tout autre. Menant vers l'âme. Une mer grondante, sauvage, aux vagues devenant de plus en plus grosses, proche de la tempête. Un océan d'abysse. Et quand on regardait dans l'abysse...

L'abysse rendait le regard.

-Veux-tu vraiment savoir comment je suis devenu ainsi, Rashieka ? Le souhaites-tu vraiment ? Savoir ce que ce Loup avait vécu pour devenir un prédateur ?


Il avait prononcé le mot Loup sur un ton presque moqueur et sardonique, comme pour l'insulter de le comparer par un vulgaire animale.

Rashi refuse de me donner son manger '-'
Mar 10 Oct - 21:22
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C’était inévitable, et peut-être l’avait-il su dès qu’il avait accepté de la revoir. Ce soir, cette nuit, elle lui demandait de se mettre à nu et d’enfin tout lui expliquer. S’il lui parlait, s’il lui racontait son histoire, alors toutes les pièces du puzzle s’assembleraient pour elle, et tout lui deviendrait très clair. D’une façon ou d’une autre, elle comprendrait qui il était. Du moins, cela allait irrémédiablement changer la vision qu’elle avait de lui.
Faire tomber son masque, les derniers barrages qu’il lui imposait dans cette lutte invisible entre son esprit sauvage et mordeur et celui hésitant mais brûlant de curiosité de la lady. Curiosité malsaine, ou simple inquiétude franche envers lui ? Désirait-elle savoir pour faire disparaître le brouillard autour de lui et s’en dégouter, ou bien pour seulement connaître enfin les raisons de toute sa souffrance ?

Ses parents, ce n’était que la partie émergée de l’iceberg, elle en était certaine. Prête à écouter ou non les horreurs qu’il avait à lui dire, c’était maintenant ou jamais. Cet instant était trop précieux pour la moindre erreur. Un seul faux-pas, et s’en serait fini du moindre moment de complicité qu’ils avaient pu partager. Un seul faux-pas, et l’un comme l’autre briserait sa confiance. Et au contraire de ce qu'il semblait penser, elle n'avait rien oublié de ce qu'il lui avait confié auparavant.
Il s’approchait enfin, et ses mots la transperçaient autant que son visage impassible. Cela ne lui faisait absolument rien de la faire souffrir, ou bien il cachait bien son jeu. Elle recula malgré elle contre les flancs de son étalon, mais ne baissa pas pour autant les yeux, fixes dans ceux du soldat.

Là, en traduisant ses paroles, il crachait sur la douleur qu’elle avait pu endurer dans son enfance et dans son adolescence, il crachait sur les épreuves qu’elle avait traversées pour arriver là où elle en était aujourd’hui, sous prétexte qu’il avait bien plus souffert qu’elle. De quel droit osait-il ? Il était des choses qu’on ne pouvait comparer, et la souffrance était l’une de ces choses-là. C’était si subjectif, d’un individu à un autre. Mais elle le laissa à son égoïsme, serra les dents et encaissa sans un mot.
Il se rapprochait et l’injuriait encore, ne pensant qu’à sa petite personne. Ses dernières paroles furent les plus dures, et ce n’était plus que sur elle qu’il invectivait, mais sur ce qu’ils avaient construit à force de temps et de patience. Sur ce si faible fil invisible qui les reliait encore et qu’il menaçait de couper sans remord, sans l’once d’une hésitation. Comme si ce n’était pas important. Comme s’ils n’avaient jamais rien partagé. Comme si elle n’était qu’une poussière dans sa vie, une erreur de route, le grain de sable dans l’engrenage insatiable de son existence.

Plus jamais elle ne s’aventurerait à le surnommer avec affection, à s’affaiblir devant son regard et les efforts qu’il avait pu faire, faux visiblement, pour se rapprocher d’elle lui aussi. C’en était fini du Loup. C’en était fini, simplement, de tout.
Elle avait posé une question, pour tenter de le comprendre. Voilà qu’il se dérobait. Comme si rien ne s’était passé. Comme s’il mentait depuis le tout début, et qu’il n’avait fait que se jouer d’elle. Bien malgré elle, son cœur se serra et des larmes roulèrent sur ses joues en même temps que ses prunelles vertes s’acéraient sur le regard de Kristopher, brûlante de déception, de colère, de tristesse et d’amertume à ce coup de poignard qu’il lui avait donné. Elle se sentait trahie. Bafouée. Il s’était joué d’elle, du début à la fin.

Enfin, elle baissa son regard, et silencieuse s’échappa à lui, le contournant d’un pas rapide et décidé. Que pouvait-elle lui dire ? Il venait de lui démontrer qu’il n’en avait au final rien à faire d’elle. Ce n’était pas faute d’avoir essayé de parler, de comprendre. Elle n’avait jamais fait preuve d’antipathie avec lui, au contraire. Elle avait toujours tenté de saisir cette animosité qu’elle lisait dans ses yeux gris. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il la remercie, elle n’avait pas besoin de cela, elle s’en fichait bien. Mais au moins, qu’il respecte.

Non, monsieur avait décrété qu’il resterait seul et que cette relation n’avait pas plus d’importance que ce qu’il avait mangé le matin même. Quelque chose d’utile, mais qu’il pouvait jeter à n’importe quel moment comme bon lui semblait.
Grand bien lui fasse, si pour lui elle n’était qu’un mouchoir. C’était peut-être parce qu’elle s’était attachée trop vite, parce qu’elle s’était laissée happer par ses griffes, qu’elle prenait tout ça trop à cœur. Si son intention avait été de la blesser, il avait réussi.

Rashieka rassemblait ses affaires en silence, le cœur battant d’un mal qui lui nouait les tripes. Qu’est-ce qu’elle avait cru, en folâtrant dans ses bras toute innocente et naïve ? Elle avait juste voulu l’aider quelque part, le comprendre et lui apporter un quelconque baume sur ses blessures qui saignaient toujours. Mais Kristopher n’avait jamais eu besoin de personne, et ce n’était pas aujourd’hui que cela changerait. Elle renifla bruyamment et essuya d’un geste rageur les traînées de sel sur son visage. Elle était une idiote.

Tout de même, cela faisait plus mal qu’elle ne l’aurait pensé.
Peut-être n’avait-il aucune idée de ce que ses mots pouvaient déclencher. Ou peut-être au contraire, les avait-il choisis avec grand soin pour frapper là où il ferait le plus de mal.
Mar 10 Oct - 22:47
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Tuer. La tuer. Ce serait une bonne idée, Moreau, lui murmurait une vilaine voix dans son esprit. Tu ne sais qu'une chose : qu'elle ne te verra plus jamais comme un simple homme, mais comme un vulgaire animal qui ne sait faire qu'une chose : tuer, prendre ce qui fait un cœur battre, du sang. En tant que soldat, c'est-ce pour quoi tu t'étais enrôlé, n'est-ce pas ? Au lieu de prendre la branche de l'Exploration, ou tu aurais pu passer ta rage dans la nuque de ces Titans, tu avais pris la Rose des Garnisons pour te rapprocher d'une proie plus capable de te satisfaire, n'est-ce pas ? Celle de l'homme. Appliquant ta justice quand tu le souhaites.

La voix se tut soudainement. Il ne savait quoi penser. Il ne savait pas ce qu'il faisait. Il était conscient tout en ne l'étant pas. Comme s'il observait un autre faire ce qu'il ne voulait pas faire. Observer un autre, au travers de ses propres yeux, agir pour lui, et contre lui. Dans un seul but. Assurer sa survie. Le brun observait toutes les émotions passer, danser dans les yeux de la rousse. Moreau se tint silencieux. Leurs regards en disaient long. Il pouvait déceler les émotions de Rashieka. Mais pas les siennes. Il ne savait plus ce qu'il voulait, ce qu'il était, ce qu'il souhaitait être. Une forteresse ouverte, mais solitaire et encore marquée par une longue bataille acharnée.

Un rire mauvais vint dans son esprit en voyant le liquide cristallin s'écouler des yeux d'émeraudes de la rousse et qu'elle le poussa pour aller ramasser ses propres affaires dans un silence rageur. Une partie de lui avait souhaité cette souffrance. Lui faire comprendre que cette douleur... Était...

Non, une autre voix vint s'ajouter dans son esprit. Faire peur pour ne pas avoir mal était mauvais.

Une migraine vint vite s'installer, alors qu'il la regardait faire en silence, l'air de rien, comme s'il n'avait jamais existé. Pris dans un dilemme. Le temps filait vite. Cette part d'humanité devait se dévoiler. Et ignorant les plaintes de la voix mauvaise, le brun finit par parler, d'une voix bien claire et lente, après avoir approché Rashieka d'un pas rapide et leste, pour l'arrêter dans son geste, une main attrapant le bras de Rashieka et l'autre poser sur son épaule, la retournant pour qu'elle puisse lui faire face, les yeux dans les yeux.

-J'ai été kidnappé par des esclavagistes quand je n'avais que dix ans.

Les mots avaient résonné dans les environs. Un silence de mort s'installa, comme si le monde s'était tu pour écouter le récit du Loup. Le Loup qui s'approchait d'un peu trop près de la flamme de la vie.

-Mon village en entier. Mort. Mes parents, morts. Et mes amis ? Tu veux savoir d’où me vient cette violence, Rashieka ? D’où me vient ma capacité de tuer aussi facilement que j'égorgerais un chien ? Je vais te le dire d’où est-ce qu'elle vient. Les esclavagistes, devant ma sœur, Emily, et moi, avaient brûlé vifs mes parents alors qu'ils étaient dans la maison de mon enfance. Le reste du village avait subi le même sort. Viol, massacre, meurtres, agressions. Tout cela en quelques heures. Puis moi, Emily et d'autres ont été assommés pour servir de jouets aux choses qui se faisaient passer pour des hommes.

Tortures psychologiques et physiques. Chaque jour. On nous battait, agressait, violentait. Certains plus que d'autres. Ma sœur étant une fille, j'entendais parfois ses horribles cris et les rires gras des autres au loin. Et tous entassés dans des cellules, moi et d'autres enfants venus d'ailleurs, comme des animaux. Tu veux savoir pourquoi je sais me battre ? Pourquoi je sais tuer sans sourciller ? Parce qu'on me forçait de rejoindre une arène aménagée pour combattre des enfants. Certains mourraient rapidement. D'autres savaient se battre et se montrait tout aussi inhumain que les spectateurs nous regardant. C'est là que j'avais compris que, comme pour chasser un animal, il fallait sacrifier une vie pour en assurer la survie d'autres.

Ce fut difficile, au début. Mais ce n'était qu'une question d'habitude. Je tuais. Encore et encore. Sans même prendre le temps d'écouter leurs plaintes, leurs gémissements. J'anéantissais ceux qui se présentaient devant moi pour pouvoir sortir de cet enfer, moi et Emily, même quand des amis de mon village devaient me combattre, malgré ma claire envie de ne pas vouloir les tuer. Mais elle finit par se faire emmener ailleurs. Pendant une semaine, je n'eut aucune nouvelle. Et ainsi vint des membres de la Garnison pour nous libérer tous, et je découvris avec eux un énorme tas de cadavre dans un trou, ma sœur faisant parti d'eux, alors qu'elle était en train de se décomposer. Je n'avais que quinze ans. Cinq ans de souffrances, Rashieka. Cinq ans de souffrance, cinq ans de ma vie, arrachée, mon enfance, arrachée, mon innocence, arrachée, ce que j'étais, réduit en cendres.

Un monde de violence et de sang. C'Est-ce pour quoi j'ai été forgé. Pensais-tu que j'allais rejoindre un quelconque autre métier en oubliant tout simplement cinq ans d'enfer comme si de rien n'était pour pouvoir vivre paisiblement, Rashieka ? J'ai rejoint le boulot de soldat parce que c'était quelque chose qui me rapprochait de la Mort. De ce que je connais. Pour quelle raison ? Je ne le sais pas, Rashieka. Je ne sais pas ce que je veux. Hormis vouloir me sentir, ne serait-ce qu'un instant, humain. Mais en te voyant ainsi, Rashieka, en voyant que tu me hais parce que je refusais de dire quelque chose de MA vie te rendait folle de rage, penses-tu que j'ai envie de vouloir me sentir humain ?


Moreau recula de plusieurs pas, libérant Rashieka de sa prise, un éclat de violence sauvage présent dans son regard.

-Non, Rashieka. Je n'ai pas envie que de vouloir devenir humain en votre présence. J'ai aussi envie de me défouler en vous voyant. Vous pensez avoir vécu des difficultés. Vous pensez avoir vécu un enfer. Mais en comparaison, Rashieka, qu'est-ce que le parcours d'une pauvre petite femme comme vous dans une société d'hommes est un enfer comparé aux meurtres que j'ai commis, pour me voir ainsi délesté de TOUT ce que j'étais avant ? Je peux comprendre les deuils, je peux comprendre les pertes d'êtres chers... Mais en vérité, Rashieka. En toute vérité. Vous n'êtes qu'une simple femme faible et fragile, qui souffre d'un complexe d'infériorité, qui veut se prouver être aussi grande que ceux et celle qui sont grands. Vous parlez d'or, mais vous n'agissez aucunement pour les autres. Tous ce que vous ferez sera pour vous, et vous uniquement. Pour que vous vous sentiez bien.
Pour que vous vous trouviez une quelconque utilité


Et il lui tourna le dos pour s'avancer vers un arbre, et il y donna un puissant coup de poing. L'écorce se fracassa sous la force physique du Loup. Du sang suintait des nouvelles plaies. Il lui envoya un regard sauvage, de nouveau. La migraine se fit plus irritante, plus douloureuse.

-Vous avez de la volonté. La volonté de gravir des marches. Mais vous pleurez quand je vous refuse de vous dire ce que j'ai vécu. Vous pleurez pour quelque chose que vous ne saurez jamais guérir, malgré vos bonnes intentions. C'est pathétique. Si vous abandonnez ainsi alors que des obstacles feront face devant vous... Alors je ne verrais pas pourquoi je devrais vous apprendre à vous défendre.


Rashi refuse de me donner son manger '-'
Mer 11 Oct - 2:27
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Un geste brusque, presque déplacé. Elle en lâcha son sac, qui retomba par terre dans un fracas, affolant quelque peu les montures. Sa poigne, forte sur son bras et il la retournait comme une feuille morte, si tendue qu’elle était. Mais aucune peur dans son regard, qu’elle planta aisément dans celui du Loup tant celui de ce dernier la cherchait. Ses émeraudes saisissantes de colère, autant que l’acier brut était animé de sentiments fous. Son visage figé par les mêmes émotions, et c’était deux rafales qu’ils s’envoyaient l’un et l’autre. Deux tornades qui allaient finir par s’entrecroiser. Pour mieux se détruire et s’essouffler, ou grandir.

Et il prit la parole et ne la lâcha plus, tant le souffle de rage qui grondait en lui jaillissait d’entre ses lèvres. Colère, haine et violence. Il laissait le monstre hurler ses maux d’une voix calme et froide, brûlante du glacé de ses mots. Il lui dit tout. Il n’omit aucun détail. Du début à la fin, de sa petite existence déjà tellement ballotée par les vents.
Elle retint tout dans sa mémoire, grava le visage et la voix et l’instant. Elle retint tout de lui, tout de ce qu’il put lui avouer. Ses yeux ne faillirent pas. Ils ne le feraient plus. Les larmes avaient séché depuis longtemps déjà, bien avant qu’il ne vienne à elle pour lui grogner sa rage.
Il lui avoua tout de ses souffrances et ne put s’empêcher de les lui rendre. Il lui fendit le cœur plus qu’elle ne l’aurait désiré. Il lui croqua la chair et le sang, pourfendant son palpitant de ses crocs d’argent.

Après tout, il devait bien se défouler sur quelque chose, et elle était seule présente ici pour soulager ses pulsions mises à mal. Alors, il la dévora sans regret et sans remord. Elle ne broncha pas, son verdoyant regard fixant le sien alors qu’il l’injuriait et la traitait comme une moins que rien. Il n’avait tout simplement rien compris. Il ne l’avait tout simplement pas comprise. Du début à la fin. Il avait raté le principal, et s’était construit une profonde illusion d’elle.
A l’entendre, il la prenait pour une princesse lui ayant fait un vulgaire caprice pour qu’il avoue tous ses maux. Et c’était faux. Il était dans l’incompréhension totale de sa personne, ou bien il se bornait à essayer de la tenir loin une dernière fois. Mais c’était trop tard, il lui avait tout dit. Alors s’il désirait rester en sécurité, derrière ses murailles, il devrait la tuer.

Ce qui l’avait rendu folle de rage, ce n’était pas qu’il lui refuse la confession. Mais le fait qu’il marche à pieds joints sur tout ce qu’ils avaient construit, si fragile, à deux. A la mesure du temps, dans cette danse où ils cherchaient encore un bon tempo. Finalement, il en avait fait une arène et elle était à sa merci. Elle n’avait aucune envie de l’affronter. Si ça pouvait lui faire plaisir de penser qu’elle était une pourrie gâtée, qui avait seulement voulu le mettre à nu par pur égoïsme, grand bien lui fasse. De toutes les fois où ils s’étaient vus, elle n’avait eu de cesse de l’encourager à s’ouvrir, de le valoriser d’une façon ou d’une autre. Jamais elle n’avait essayé de lui faire du mal.
Lui, il ne s’en privait pas. Ses coups de poignard trouvaient leur cible aussi facilement que les mots qu’il prononçait sifflaient à ses oreilles quelques horreurs. Sans retenu, il l’a mis plus bas que terre, elle simple femme faible et fragile, comme il disait. Il osa même parler de complexe d’infériorité, comme s’il avait réellement cherché à la comprendre une fois seulement. Et pire que tout, il la traita d’égoïste. De la pire des façons. Et pour finir, il lui rejeta son aide et son amitié à la figure, prétextant qu’elle faisait cela uniquement pour se sentir utile.

Et lui pensait toujours qu’elle pleurait par caprice. A aucun moment il ne s’était remis en question, n’avait remis en question ses paroles et l’impact qu’elles pourraient avoir. A aucun moment, il ne s’était posé les bonnes questions. Il avait foncé dans la voie la plus rapide, la plus expéditive pour en finir avec elle.
Alors qu’il en finisse. Car après tout, il avait tout jeté par la fenêtre, comme si rien ne comptait entre eux deux. Ils n’avaient plus rien à perdre, non ?
Qui plus est, il avait clairement enterré leur rapprochement en la vouvoyant de nouveau.

Pourtant elle hésitait. En elle s’entrechoquaient des réponses cinglantes qu’elle aurait pu lui balancer, pour lui faire mal comme il lui avait fait mal. Elle bouillonnait de colère contre lui, comme il était volcanique dans son coin lui aussi. Tous deux se détestaient en cet instant. Elle aurait voulu lui dire tout ce qu’elle pensait, tout ce qui lui traversait l’esprit. Elle aurait voulu lui crier.
T’es qu’un pauvre type. Un gars qui a jamais su passer à autre chose, qui préfère ronger son frein plutôt que de se relever, qui s’entête à se croire au-dessus de tout alors qu’il se noie tous les jours et toutes les nuits dans son chagrin. Et qui noie son chagrin en crachant son venin sur les autres, comme pour espérer se sentir mieux en leur faisant baisser les yeux. Tu fais le fier, mais au fond tu pleures ta solitude.
Il avait beau dire, des deux, c’était lui le plus immature et le plus égoïste. C’était lui, qui faisait des caprices. Il en faisait un, maintenant, à lui rappeler à quel point il avait souffert, à quel point elle n’était rien pour lui, à quel point son existence ne servait à rien dans son monde. Il aurait pu lui dire d’aller se pendre, car indirectement c’était ce qu’il insinuait. Des deux, il était le plus pathétique. A frapper les autres pour alléger sa colère, mais ne rien faire pour aller de l’avant.
Oh, il était beau parleur, se pensait capable de lui donner des leçons sur comment affronter les difficultés, surmonter les obstacles de la vie. Mais il était loin d’être le mieux placé pour lui donner de tels conseils. Il en était toujours au même point. Au final, c’était lui qui avait abandonné.

Et pourtant, et pourtant, malgré le tonnerre qui grondait dans son esprit ébranlé par tant de flèches lancées injustement contre elle, dans son cœur qui saignait abondamment des blessures qu’il lui avait infligées, malgré tout ce qu’il lui faisait endurer, et tout ce qu’il lui ferait endurer, elle crevait d’amour pour lui.
Elle ne pouvait pas croire que tout se termine comme cela. Qu’ils ne se verraient plus, qu’ils en resteraient là. Qu’elle le perdrait de la sorte, après avoir effleuré sa fourrure. Après que ses doigts tendus vers lui aient effleuré les siens, prête à l’attraper pour le relever des tréfonds dans lesquels il s’était éperdument jeté, si seul et désespéré. Prête à attraper la part survivante de lui, qui s’accrochait tant bien que mal à son existence, même s’il n’y avait plus de prise.
Il avait tout perdu. Absolument tout. Il avait alors jeté son dévolu sur la seule perspective qu’il entrevoyait à l’époque : son travail, sa vengeance. Pour ne pas perdre complétement la tête. Pour ne pas perdre complétement son esprit dans les néants de sa vie. A peine commencée, et déjà réduite en morceaux. Tous ses rêves et ses espoirs, son idylle, sa bulle d’enfance, arrachés à son existence.

« Tu n’arrives déjà pas à te comprendre toi-même, alors je ne vois pas comment tu pourrais me comprendre. »

Sa voix, encore entrecoupée par une colère qui ne demandait qu’à s’exprimer et qu’elle enchaînait comme elle avait enchaîné ses émotions alors qu’il se défoulait sur elle, était suffisamment calme pour laisser entrevoir le ciel bleu après la tempête. Du moins dans son cœur, ses sentiments combattaient avec force et courage toute la rancœur qu’elle avait contre lui. Un souffle souleva sa poitrine. Elle déglutit sa rage, rangea sa propre fierté pour tenter une approche, au risque qu’il se dérobe une nouvelle fois.
Seulement, ce serait la fois de trop et s’en serait fini, vraiment. Si elle faisait l’effort, en sera-t-il le cas le concernant ? Parviendra-il à dompter son orgueil incommensurable et son propre égoïsme, pour enfin accepter la main qu’elle lui tendait depuis si longtemps ?

« Tu te contredis toi-même. Tout ce que tu dis, tu es incapable de l’exécuter. » trancha-t-elle. « Et tout ce que tu as trouvé pour te convaincre que tu vas mieux, c’est de marteler aux autres qu’ils sont plus faibles que toi. Alors que c’est faux. Parce que ça ne fonctionne pas. Tu as toujours mal. »

Elle releva la tête, plissa quelques peu les yeux sous l’émotion, perles de sel à leur coin qui disparurent aussi vite qu’elles étaient venues.

« Tu peux me frapper. Tu peux me tuer, si tu le souhaites. Tu en as le pouvoir. Ça te soulagerait ? » continua-t-elle en secouant quelque peu la tête. « Moi je ne crois pas. Parce que demain, ça sera toujours là, et tu en seras toujours au même point. Sauf que tu seras de nouveau seul. »

Un sourire jaune étira ses lèvres et son regard glissa sur le sol de leur campement, avant qu’elle ne reprenne la parole, en s’approchant de lui.

« Tu vas me répondre que ça ne te fait rien, que tu t’es habitué. Mais tu mens. » Ses émeraudes saisirent le regard du soldat. « Est-ce que tu mens pour toi, ou est-ce que tu mens pour les autres ? » Question rhétorique, elle n’avait pas besoin de la réponse. « T’es perdu. » Etat de faits. « Et tout ce qu’il te reste pour te faire entendre, c’est ta colère. Alors tu la craches sur les autres comme tu viens de le faire avec moi. Et pour ta gouverne, si j’ai pleuré, c’est parce que tu m’as fait mal, tu as réussi. Mais ces larmes ne voulaient dire qu’une chose : je tiens à toi. Et toi, tu ne l’as pas compris. »

Elle lui faisait maintenant face, les yeux dans les yeux, comme il l’avait obligée à le faire quand il parlait.

« Alors qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » demanda-t-elle sincèrement, bouillonnante de toutes ces émotions. « Tu vas me battre jusqu’à la mort ? On va se séparer et ne plus jamais se revoir, et faire comme si on ne s’était jamais rencontré ? » Tremblante de sa rage mal contenue, de sa frustration, de sa tristesse, et du poids de ce cœur qu’il avait lacéré trop ardemment. Elle n’avait qu’une envie : crier aussi fort qu’elle le pouvait, dans cette forêt, au ciel, à la lune. Crier jusqu’à se vider. Mais elle était là, devant lui. Elle aurait voulu hurler avec lui.

Elle ne pouvait qu’attendre son jugement, et déjà commencer à faire le deuil de tout ce qu'ils avaient vécu ensemble.
Lun 16 Oct - 22:22
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  • Rashieka Barthels
  • Kristopher Moreau
Vacances bien mérités
Un tambour. Le bruit du sang battant dans ses tempes, comme s'il se trouvait tout proche d'une rapide, aux eaux grondantes, presque aussi bruyant que le tonnerre. Le rouge des cheveux de Rashieka lui rappelait le sang de ses adversaires vaincus, gisant au sol du Loup. Alors qu'il se tenait debout, un couteau en main, le corps plus ou moins lacérés. Le visage de pierre. Mais une lueur de folie dans son regard. Une lueur de folie alimentée par le désespoir et la haine. Un mélange explosif. Un mélange dévastateur, pour un meilleur spectacle.

Les propos de la rousse agirent comme des marteaux tapant contre son armure, encore renforcée depuis tout ce temps. Une armure de fer rouillée. Tachée encore du sang de ceux qu'il avait connu et de ceux qu'il n'avait pas connus. Une armure entravant grandement ses mouvements. Mais une bonne armure. Ce n'était certainement pas une personne unique en ce qui concernait ce sujet. Elle était l'une des rares l'ayant su l'approcher. Et aucunement la première à avoir eu ce genre de pensée quand il s'agissait d'observer le Loup aux nerfs chauffés. La rousse se montrait féroce, osait grogner en retour. Et le Loup n'en démordit aucunement. Il resta sur sa position.

La rousse continua de jeter son venin sur lui, de cracher toute sa haine, sa rancœur, sa rage. Mais le loup était justement nourri de ces émotions. Il pouvait frapper, c'est vrai, il serait seul. Il pouvait tuer, c'est vrai, mais il serait encore seul. Il avait perdu la sensation d'appartenir en une famille ou en un groupe depuis qu'il avait verser le sang. Il grognait en signe de menace. Celle de frapper. Tuer ne lui faisait rien. Et c'était ça l'horreur de la chose.

Il regrettait, en quelque sorte, de ne pas regretter de tuer. Mais baigné dans la violence, le Loup pouvait le refaire. Encore et encore.

Il tenait à Rashieka. Mais celle-ci ne pouvait comprendre cet état de fait. L'état était que Moreau tuait sans regretter l'acte. L'absence de regret lui faisait regretter ce qu'il faisait. Un beau paradoxe. Quelque chose qu'il ne pouvait comprendre, mais qui avait un sens pour le Loup. Il ne savait pas quoi faire. Mais il devait répondre aux interrogations de la rousse. Et ce fut d'une voix calme, bien trop calme, que le Loup finit par répondre.

-Ceci n'est pas ma décision. Tu es la lésée dans cette histoire, Rashieka. Ce n'est aucunement à moi d'en décider. Tu voulais en savoir plus sur moi ? Soit. Tu as ce que tu voulais avoir de moi depuis le début. Une histoire. Celle d'un garçon pathétique et qui avait été motivé par un seul but : détruire des vies dans le but d'en protéger une seule. Au final, tout le monde fut tué. Moi aussi. Je fus tué quand je sentis la lame pénétré le poumon de celui qui fut autrefois comme un frère pour moi. Mais au prix de cette histoire, au prix de ce savoir, pour savoir comment je suis devenu un sacré bon tueur, tu as eu ma confiance en moins.

Et il eut un air apathique au visage. Presque fatigué. Il relâcha les épaules de la rousse. Les flammes du campement projetaient leurs ombres. L'une plus grande que l'autre par moment. Comme si la situation en entier était dans un équilibre précaire.

-Tu n'es pas la première à réagir ainsi. Et tu ne seras pas la dernière. Tu vois, Rashieka... Au moment ou j'ai tuer, j'ai su que tout ce que je finissais par toucher allait se détruire, se détériorer drastiquement ou bien allait s'éloigner. Par ma faute. Parce que je ne suis pas un humain, Rashieka. Ni un foutu loup. Ni un monstre. Ni une coquille vide. Simplement une arme. Une épée dangereuse, dotée d'une conscience plus ou moins intacte, aux deux tranchants. L'un me concernant, me ressemblant, et l'autre, celle de la désolation, suivant mes pas. Un simple outil qui détruit.

Ainsi, le Loup se retourna pour se diriger vers le feu de camp, attrapant une branche épaisse posée près des flammes pour réajuster des bûches en silence.



Rashi refuse de me donner son manger '-'
Mer 18 Oct - 2:45
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