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Shadock M. Phantom

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Noblesse
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Date d'inscription : 02/06/2017

Feuille de personnage
Rang: Noble.
Influence:
190/200  (190/200)
Inventaire:


SHADOCK M. PHANTOM





Informations
Nom Complet :: Shadock Méphistophélès Phantom, anciennement Ker-Ramsay.
Surnom :: Shad', Lord Phantom.
Age :: Dans la trentaine.
Genre :: Masculin.
Profession :: Noble, fondateur et actuel président de la Cour des Miracles.
Rébellion :: Non.
Avatar :: Ikki - AMNESIA


Physique
D’un geste désespéré, votre regard glisse sur les gens dans la salle autour de vous. Les bals organisés par les différentes grandes familles de la noblesse sont toujours attrayants et promettent des informations croustillantes et croulantes à se mettre sous la dent, mais ils sont d’un ennui… Si longs, si longs, ils n’en finissent plus… Vous observez les autres, les gens qui parlent, qui se nourrissent des rumeurs et des on-dit, tout cela est si ennuyant, vous êtes lasse soudainement. Mais vos yeux s’arrêtent sur la silhouette délicate et raffinée d’un grand homme. Il doit frôler le mètre quatre-vingt, et se détache de la foule. Excentrique, voici le premier mot qui vous vient à l’esprit lorsque vous le voyez pour la première fois.

Dans son costume de soie et de cuir, tout en couleur, et aux motifs extravagants, il n’a pourtant pas l’air d’un clown ni d’un guignol. Tout semble avoir été choisi avec un soin tout particulier, chaque pièce prise à part est pourtant banale, c’est un ensemble qui est irrémédiablement harmonieux et d’un goût certain. Vous décidez d’approfondir votre observation, et laissez votre regard se balader de bas en haut sur cet homme qui semble sortir du commun. Et dans cette salle, il semble illuminer, il attire l’œil comme les abeilles seraient attirées par du sirop, une fois que le regard se pose sur lui, il n’a qu’une seule envie, y rester. Serait-ce un magicien ? D’où sort cette créature, à forme humaine, enchanteresse ?

Le doute s’insinue en vous plus profondément, lorsque soudainement il pose ses iris iridescents d’un bleu glacé, électrisant, dans les vôtres, comme s’il savait, comme s’il sentait que vous vous intéressiez. A moins que vous n’ayez été trop insistant. Oui, ce doit être ça. Car après tout, dans ses yeux bleus, vous lisez très bien toute l’humanité ancrée dans les gênes de cet individu. Vous ne parvenez cependant pas à savoir à quoi il pense et ce qu’il ressent. Vous avez la désagréable sensation qu’il s’amuse de vous, lorsque nait sur son visage fin et long, un sourire dont vous n’arrivez pas non plus à déterminer un adjectif pour le qualifier : malicieux, sournois, hautain, orgueilleux ? Ses cheveux teintés multicolores, aux pointes nacrées, surement décolorés, laissent retomber quelques mèches devant son visage, lorsqu’il enlève son couvre-chef plumé pour se passer une main dans sa chevelure. Il remet tout en ordre, habilement, c’est assurément un geste qu’il réalise souvent, puis décroche son regard du vôtre, et disparait dans la foule.

Votre poitrine vous fait mal, vous vous rendez compte que vous n’avez pas respiré depuis que vous avez croisé les yeux de cet homme. Vous reprenez vos esprits, et regardez autour de vous. Il n’y a plus trace de lui que dans vos souvenirs. Serait-ce une apparition, un fantôme ? Avide d’en savoir davantage, car c’est impossible qu’un homme comme lui ne soit pas remarqué dans les cours, vous vous enquérez de demander à votre voisine de table. Elle s’exclame avec stupeur de votre méconnaissance, et vous murmure doucement, à l’oreille, comme si c’était un tabou, ou un secret d’enfant, un conte, une légende, que vous venez de voir le Lord Phantom, le Renard dit-on, le Chancelier de la Cour des Miracles. Vous restez silencieux et sans un mot, reprenez votre place, baladant une nouvelle fois votre regard sur la salle immense, avec le faible espoir de l’apercevoir encore.
Et vous vous posez de nouveau la question sur sa nature propre, quand bien même vous avez su lire en lui tout ce qui fait de l’homme un homme. Créature de l’imaginaire, chimère, ou simple mortel, vous n’en retirez qu’une unique conclusion : cet homme est un magicien.


Caractère
Non pas dépourvu de qualités, qui pourtant sont happées sans leur laisser une seule chance de s’exprimer par les démons qui vivent en lui, très vite oubliées, à vos yeux, face à ses facettes malsaines et si laides.

ORGUEIL – L’homme se sait intelligent, habile, puissant, il est plein d’ambition. Il se pense à tort invulnérable, invincible, libre des lois et contraintes, du destin. Mais le hasard est un bâtard et l’homme reste un homme. C’est lorsqu’il s’écroule de son piédestal que toutes les vérités du monde viennent s’abattre sur ses épaules, sur son dos, son torse, fouettant son cœur, si mortel, si fragile, d’une lente et vigoureuse douleur. Son amour-propre vient d’être piétiné, mais il lui reste une chose à laquelle se raccrocher : sa dignité.

AVARICE – L’homme ne se satisfait jamais de ce qu’il possède déjà. Il lui en faut toujours plus, toujours plus de tout. Argent, richesse matérielle, mais aussi connaissances, diamants rares immatériels dont il chérit l’existence. Son avarice est telle qu’il désire aussi posséder et garder près de lui, pour lui seul, les êtres qu’il estime. Soyez prudent, il ne semble avoir aucune limite, usant de stratagèmes multiples, des mots doux et mielleux, d’actes planifiés, pour vous faire tomber entre ses griffes. Et comme un filet du diable, plus vous vous débattrez, et plus votre fin sera proche.

ENVIE – L’homme est envieux, car avare. L’homme désire ce que les autres possèdent, car il veut tout posséder. Et s’il ne peut se l’approprier, s’il ne peut vous le dérober, il le détruira, pour être certain qu’aucun de vous deux ne sera l’unique propriétaire de l’objet de tous ses désirs. Prenez garde, son attention sera toute tournée vers ce bien qu’il vous envie, et il n’abandonnera jamais, guettant la moindre faille, la moindre faute de votre part pour s’en emparer. Que cela soit matériel, ou non.

COLERE – L’homme est toujours en colère. En colère contre le monde, contre les gens, en colère contre le temps, la vie, le hasard. L’homme ne veut pas croire au destin, l’homme se débat sans cesse et en vain, contre ses fantômes. Vous pouvez le sentir, le palper. Il est comme une bête endormie au fond de lui, dont vous pouvez deviner les ronflements et grognements. Fuyez, le jour où le monstre s’éveillera. Fuyez, le jour où de sa chair s’échappera ce démon de haine. Car il ne sera plus un homme mais dénaturé.

EGOISME – L’homme ne pense qu’à lui, subtilement. S’il s’intéresse, ce n’est que pour servir ses propres intérêts. Derrière ses sourires, ses caresses, ses cadeaux, il vous sera extrêmement difficile de vous rendre compte du démon à visage humain, qui lentement vous dérobe tout ce qu’il peut de vous, ne laissant derrière lui qu’un résidu, des miettes. Et si jamais, il est déjà trop tard. Le plus souvent, il est déjà passé, et c’est uniquement dès lors qu’il vous abandonne, que l’évidence vous accable : comment ne l’avez-vous pas vu, auparavant ? Il joue avec votre conscience, pour se cacher à vos yeux. Il vous fait croire, et vous le croyez, si fort, si fort, si puissamment, qu’il n’est que douceur et générosité, qu’il n’est que bien. Il vous cache la vue de ses doigts fins, en vous susurrant à l’oreille que tout va bien, qu’il vous aime. Oui, il vous aime. Il est sincère. Mais il ne peut pas ne pas penser à tout ce que vous lui apporterez, tout ce qu’il pourra retirer de vous.

Vous le dépeindrez ainsi, lorsque vous cracherez derrière lui, une fois qu’il sera sorti de votre vie. Sachez qu’il y laissera une marque indélébile, et vous ne pourrez surement que le haïr, d’avoir été si infidèle en tant qu’ami, d’avoir été un ennemi plutôt qu’un allié dans votre vie. Mais une part de vous se souviendra, une part de vous se posera la bonne question : vous a-t-il fait subir toutes ces épreuves uniquement pour son grand plaisir ?
Car il possède une plus grande qualité qui pourrait effacer tous ses défauts, et vous pourriez bien avoir faux sur toute la ligne à son égard. L’homme aime. Sans compter, il aime. Et il protège. De lui. Du monde. Il aime à en faire mal. Il aime à en faire souffrir, à détruire, comme ses feux d’artifice. Il aime à se consumer, lui et vous. C’est cet amour dévorant qui luit au fond de ses iris, cette lueur de malice que l’on ne comprend pas, que l’on n’interprète que lorsque le mal est fait et bien souvent il est trop tard. Trop tard pour pardonner.


Histoire
Il naquit un jour de pluie, au sein de la grande maison familiale des Ker-Ramsay, riche lignée habitant au sein de Sina, tout près du palais du roi. Descendant direct, il était censé devenir l’héritier de la richesse de sa famille, et en devenir le chef, une fois son père décédé. Ce tout petit bébé, un grand avenir l’attendait, on lui prévoyait de faire de grandes choses pour la famille. Et tout allait pour le mieux, durant les huit premières années de sa vie. Nommé Shadock, par sa mère excentrique, il apprit à marcher et parler, en même temps qu’à toucher ses premiers instruments de musique et apprendre les rudiments de la haute société de l’humanité, formules de politesse et de bienséance. Comme tout enfant noble, il fut instruit dès son plus jeune âge et suivit des leçons de mathématiques, de lecture, de musique et de littérature, ainsi que de danse.
Vint un jour où tout bascula. Alors qu’il rentrait d’une leçon de piano et pénétrait dans la suite réservée à sa famille proche dans la demeure des Ker-Ramsay, il découvrit sa mère gisante sur le sol noyée dans son propre sang d’un pourpre saillant à ses lèvres maquillées, les yeux écarquillés telle une belle effarouchée, et son père dominant la frêle silhouette d’un blanc cadavérique, les mains pleines de ce même pourpre caractéristique. Shadock crut mourir ce jour-là, marqué à jamais dans sa mémoire, et il se souvient très bien encore des paroles de l’homme assassin, qui prit pitié de lui, pauvre enfant. Il l’abandonna dans les tréfonds de l’humanité, ne lui laissant qu’en guise d’adieux que de viles représailles et un nom, auquel se raccrocher et s’identifier.

« Vis et meurs, fils de chien, retournes d’où tu viens. Dans les tréfonds du monde, démon, fruit de l’adultère ! Et là-bas, tu ne seras que Méphistophélès, monstre… Celui qui n’aime pas la lumière. »

Son père n’était pas son père. Il ne l’avait jamais été. Durant huit longues années, sa mère avait su garder le secret de la véritable identité de son fils. Il n’avait de Ker-Ramsay que le nom, mais pas la chair. Il fut renié. Passé pour mort. Alors qu’il se noyait dans la pénombre des ruines du monde, sous l’humanité, plus bas que la terre elle-même. Il perdit son identité, pour en gagner une autre. Une ombre parmi les ombres, mais en lui gravée à jamais la haine d’un démon. Méphistophélès.
Il aurait été destiné à mourir s’il n’avait pas croisé la route d’un certain Ferland MacWell, un homme assez bien placé dans la hiérarchie des souterrains. Ce n’est que pour assouvir chacun leurs desseins, que tous les deux se firent hypocritement confiance. L’un pour s’enrichir, l’autre pour s’envoler. Ferland lui apprit à se battre, à jouer et manipuler les autres, à lire sur les visages et les lèvres, pensant éduquer le gosse pour qu’un jour il lui lègue la fortune de sa famille. Shadock joua les enfants naïfs et innocents, le dupant lui aussi. Les premières années de leur collaboration, il lui fut difficile de ne pas le croire, mais en grandissant, son esprit devint plus clairvoyant, sa vision du monde et l’éducation qu’il avait au préalable eu l’aidant à évoluer dans ce sens. Il sut déceler les failles dans le comportement de Ferland. Et si l’homme désirait jouer de lui pour obtenir ce qu’il voulait, il était certain qu’il le tuerait à la fin, car chacun savait que ce que possédait l’un, l’autre ne pouvait l’avoir. Shadock le prendrait de revers. Il terra ses désirs au plus profond de lui-même, ne perdant pas de vue son objectif, et comme à un jeu d’échecs, il plaçait ses pions petit à petit, grimpant les échelons avec Ferland, le suivant comme son ombre.

Shadock se prit d’affection pour les artifices. Il découvrit le bonheur des explosions et du feu, s’entichant de la pyromanie artistique, mais destructrice. Ferland lui répétait sans cesse qu’il était un prince, et qu’il devait revendiquer ce qui lui revenait de droit. Ils savaient tous deux que lorsqu’il réapparaitrait à la surface, le Duc Ker-Ramsay serait dans un sacré pétrin. Des sources les informaient qu’il avait accusé un de ses serviteurs du meurtre de la mère de Shadock, et avait feint la tristesse de la disparition de son fils, cachant à tous la vérité : car la honte d’avouer l’adultère de sa défunte épouse, dont il avait lui-même ôté la vie, serait telle qu’il devrait tirer un trait sur sa réputation et son honneur, et mettrait à mal la grande lignée des Ker-Ramsay. Il fallait jouer fin, subtilement.

Ferland était craint dans les tréfonds. Son gang mettait à mal les autorités, l’homme savait jouer avec les règles et les détourner, de façon à ne jamais être dans l’illégalité. Il avait assez de relations maintenant pour faire disparaître toutes les preuves conduisant à lui, lors d’assassinat, de prise d’otage ou de pillage. Ferland était un homme intelligent. Shadock apprit beaucoup de lui. Et grâce à l’influence et aux potentielles richesses que promettait la présence de l’enfant, Ferland gagna beaucoup de Shadock. C’était donnant-donnant. Mais bientôt, ce serait au premier à appuyer sur la détente du revolver. Quitte ou double.

Les années passèrent, Ferland s’enrichit, devint un des hommes les plus puissants et respectés des tréfonds, tandis qu’il utilisait Shadock intelligemment, faisant gagner à l’adolescent autant de charisme et de réputation que possible. On lui battit un nom et une identité, et il s’y enveloppa, fermant les yeux sur ce qu’il était réellement. Et vint le jour où les aventures et mesquineries du Lord Phantom parvint aux oreilles de la surface. Les rumeurs se propagèrent comme une trainée de poudre.

Ferland et ses plus proches compagnons, ainsi que Shadock, furent bercés par la douce mais poignante lumière du soleil. Enfin. Enfin ! C’était un premier pas vers sa revanche. Jeune adolescent, plein d'entrain, de rage et de détermination, fougueux chien fou, le prince des tréfonds se voyait déjà de retour dans les cours et dans les bals, fermant le clapet à tous et leur faisant payer pour ce qu’ils lui avaient fait. Mais le chemin était encore long, et périlleux, semé d’embuches. Ferland devait maintenant contenir l’adolescence de cet enfant, clef dans sa réussite. Grâce à lui, il deviendrait noble. Il ne fallait pas se le mettre à dos, mais il jouait avec le feu, il le savait. A fleur de peau, l’adolescent pyromane devenait instable et parfois incontrôlables.

Ferland mit quelques années de plus à installer son autorité et son entreprise dans le marché noir de la surface. L’homme était patient, et Shadock dut se résoudre à l’être aussi. Il sembla s’assagir avec le temps, la tempête de la puberté ayant fait son chemin dans sa tête. Ce fut lorsqu’il s’engagea dans sa deuxième décennie de vie, qu’il pénétra avec Ferland, et pour la première fois depuis de nombreuses années, dans la vie noble de l’humanité. Ils avaient gagné Maria, puis Sina, et apprivoisaient maintenant les petits bourgeois papillonnant comme des abeilles autour des plus belles fleurs. Et l’une d’elle tapa dans l’œil du jeune homme qu’était Shadock. On lui donnait déjà le nom d’enchanteur, il était beau et élégant, semblait puissant et intimidant pour les hommes, parfaitement charmant pour ces dames et célibataire qui plus est, mais cette fois-ci, ce fut sur lui que l’on jeta un sortilège, si puissant qu’il en fut sonné à n’en plus pouvoir dormir. L’amour. Le Lord Phantom, sortie de nulle part, que l’on désirait tant, s’éprit d’une beauté sauvage dont il m’y des mois à connaître le simple nom : Ruyn.
Pas qu’il soit timide, loin de là, il était déjà à l’époque sûr de lui et confiant en ses qualités, mais elle apparaissait à tout hasard, et comme une vision, un mirage, disparaissait aussitôt. Elle le happait d’un regard, et s’enfuyait. Elle était comme la fumée. Il devint très vite obnubilé par elle. Naquit en lui un irrépressible besoin de la posséder. Chaque apparition de la demoiselle lui coupait le souffle et l’envoyait planer comme une drogue dure, à travers le ciel, au-delà du monde.

Et les années passèrent, à s’apprivoiser, deux tourtereaux qui jamais ne se touchaient, ils se cherchaient pourtant, partageaient avec plaisir. Et les années passèrent et Lord Phantom grandit encore. Lord Phantom devint puissant, réputé. Lord Phantom dont on disait que l’ombre pouvait tuer. Ferland se faisait passer pour son oncle. L’homme jubilait de tant de richesse, mais cupide il désirait plus. Il avait toujours désirait plus. Leur entreprise malsaine si bien protégée ne pouvait pas ne pas avoir de faille. Si bien qu’une autre déjà présente ici depuis des années, avait commencé depuis un moment à leur mettre des bâtons dans les roues. Ils ne jouaient plus seuls, et ils avançaient lentement dans leur quête de pouvoir. Ils se battaient pour le trône, car le roi, dans cette sphère de la société mafieuse presque tous en avait conscience, le roi n’était qu’un pantin et les véritables seigneurs s’adonnaient à un jeu de vie et de mort. C’était à celui qui serait le plus malin.

Dans cette valse de l’hypocrisie, Shadock excellait, mais le rythme devenait insoutenable et la pression pas des moindres. Ferland le mettait exclusivement en lumière maintenant qu’il avait grandi et possédait l’image parfaite d’un jeune lord plein d’ambition et de puissance. Il lui en demandait toujours plus, toujours plus de bals, de musiques, de sang, de sourires à ses victimes, de manipulations, de promesses mortelles. Shadock s’essoufflait. Ferland le poussa dans ses derniers retranchements. Ils mirent enfin à mal leur concurrence, déloyalement. Mais comme une hydre, il était difficile de réellement savoir s’ils en avaient fini avec… Lorsqu’une tête se coupait, d’autres repoussaient. Pour taire l’ennemi, il fallait unir le tout. Shadock saisit l’opportunité et assouvit son autorité secrètement sur le groupe désorganisé. L’ébauche de sa Cour des Miracles, fragile, qui semblait naître de cendres, tel un phénix, pour s’embraser et déployer ses ailes, et le mener droit vers le ciel.
La Cour des Miracles était principalement constituée de malfaiteurs qui s’improvisèrent saltimbanques, artificiers et gens du peuple, jouant la comédie dans les festivités des nobles. Les débuts furent des plus catastrophiques et de nombreuses fois, la Cour des Miracles faillit disparaître, au gré des mutineries, rebellions et désertions. Mais elle tint bon. Elle se souda une bonne fois pour toutes quand vint le jour où Shadock prit son envol. On se rappelle de cette nuit comme la Nuit des Milles Lanternes. Ce fut la première véritable vendetta de la Cour des Miracles. Leur première réussite.

Ferland, aveuglé par sa soif de pouvoir, resta sourd aux détails qui auraient pu lui mettre la puce à l’oreille concernant son protégé et sa future trahison. La Nuit des Milles Lanternes fut celle où Ferland et son groupe pénétra chez les Ker-Ramsay, famille importante de la noblesse, pour obtenir du faux-père de Shadock un testament léguant à ce fils présumé mort toute sa richesse. Direct héritier de la lignée, puisque personne ne contesterait son sang ni le testament écrit manuscritement, son faux-père mourant avec ce secret, le plan était parfait. Ferland avait seulement été trop bête de penser que l’enfant qu’il avait recueilli était resté le même. Pris à son propre piège, il s’échappa à la lame du Lord Phantom avant qu’il ne puisse trancher la gorge du Ker-Ramsay. Les assassins de la Cour des Miracles agirent dans le même temps, et la Nuit de Milles Lanternes fut éclairé de nombreux feux d’artifice, ces derniers devenant comme une signature pour le groupe, comme les masques d’animaux qu’ils portent lors de leurs vendettas. Ils connurent des pertes, mais avec l’effet de surprise, obtinrent victoire.

Shadock laissa son faux-père en vie. Il n’avait aucune raison de le tuer, et le laisser vivre lui permettait un chantage affreux de sa part, en plus de l’humilier d’une façon plus affreuse que la mort. Les Ker-Ramsay et familles liées à eux seraient une source de revenus pour la Cour des Miracles et le Lord Phantom. De plus, cela plaçait Shadock en tant qu’ami et allié présumé des Ker-Ramsay, lui octroyant une place de luxe dans la société, au plus haut de la hiérarchie sociale. Et la famille ne pouvait pas refuser, Shadock les tenant au piège par le seul secret de ses origines et de toute cette histoire. Si cela venait à venir au grand jour, les Ker-Ramsay serait rayé des hautes sphères de la société. Il resterait Lord Phantom, aux yeux du monde, Chancelier de la Cour des Miracles, grand ami des Ker-Ramsay.
Ferland s’étant enfui, Shadock pensait ne plus jamais entendre parler de lui ni le revoir. Quelques mois passèrent, et ce fut à l’aube de la trentaine que son monde se désenchanta une nouvelle fois. Il se brûla les ailes, en découvrant sa Ruyn, son Amour, dépossédée de son propre visage, souillée, salie, abimée, cassée, marquée de scarifications ignobles partout sur le corps. Il se souvient très bien des yeux disparut des orbites, de sa si belle Ruyn, de ses lèvres si douces cousues entre elles, et du sang séchée sur sa peau entrouverte de multiples lacérations, de sa robe de soie déchirée laissant entrevoir ses cuisses blanches. Et sur son front un seul mot trahissait l’auteur de cet acte : « Traître ». Il trouva dans la main serrée et raide de sa promise un morceau de papier entaché de pourpre, pareille à celui de sa mère.

« Tu l’as tuée. »

Quelqu’un hurla dans la rue, et l’on entendit un bruit sourd d’os se brisant sur le sol. Ferland venait de choisir sa mort, sachant pertinemment que le Lord Phantom l’aurait traqué jusqu’à la fin de ses jours et l’aurait gardé en vie pour le faire souffrir, comme il souffrait. Shadock ne détourna pas son regard du visage de l’ange qu’il tenait dans ses bras. Elle était si froide. Elle était belle même dans la mort. Il n’avait pas de larme pour traduire son chagrin. Il n’avait plus de cœur pour avoir mal. Il avait un énorme trou dans la poitrine, semblable aux orbites vides du visage de Ruyn, qui jamais ne se referma.

La vie reprit son cours. Les bals, spectacles, les vendettas, la Cour des Miracles se faisaient payer cher ses services, et mit au point un fonctionnement bien particulier : seuls ceux possédant un sceau caractéristique de l’organisation pouvaient être vengés. La Cour des Miracles n’ayant plus besoin de tuer pour obtenir des ressources, les Ker-Ramsay et diverses relations de Shadock suffisants amplement, elle avait gagné une image plus reluisante et raffinée. Récemment, le Lord Phantom a investi dans les brigades d’exploration, sans apparente raison. Et profitant de la cohue générée par la mort du roi, la conséquence directe fut qu’il gagna encore en influence, la Cour des Miracles étant une organisation indépendante et reconnue, représentant un grand potentiel d’action pour qui se mettra le Lord Phantom dans la poche. Certains pensent que la guilde d'élites assassins et saltimbanques sont de mèche avec les rebelles. Ce ne sont que des rumeurs, le double tranchant des événements récents.

Mais il saigne encore. Et rugit en lui, contre le monde entier et l’humanité, le démon qu’on avait fait naître de ses plus violentes passions.


Derrière l'écran
Pseudo :: Lyo.
Age :: //
Code du règlement ::  panic2
Comment avez-vous connu SNKR ::  lama

Ven 2 Juin - 19:09
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