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 Erika Niebieski

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Erika Niebieski
MessageSujet: Erika Niebieski   Lun 29 Mai - 17:00



Erika Niebieski





Informations
Nom Complet :: Erika NIEBIESKI
Surnom :: Eri
Age :: 25 ans
Genre :: Feminin
Profession :: Chef d'escouade au sein des Brigades Spéciales
Rébellion :: Non
Avatar :: Erika [Amano-chann]


Physique
Eri a un physique qui ne sort pas vraiment de l'ordinaire, elle peut facilement passer inaperçu. Tout d'abord, elle a une petite stature : sa taille ne dépasse pas le mètre soixante et on ne peut pas dire que ses formes discrètes se fassent remarquer. Elle est tout de même assez musclée suite à son entrainement militaire, et prend soin d'entretenir son corps de temps à autre. Néanmoins, elle n'a jamais su développer une force exceptionnelle, si bien qu'elle préférera user de la ruse, de son agilité et de sa rapidité lors d'un combat.
Eri est fière de sa chevelure. Ses longs cheveux châtains lui arrivent dans le bas dos ; elle les attache très souvent en tresse ou bien en queue de cheval. Une frange lui balaye le front : elle se débrouille plus ou moins en la coupant elle-même.
Elle a le visage fin, un nez et une bouche peu imposants. Ses yeux tirent vers le gris. Sa peau est pâle, sans marque, et bronze légèrement quand vient la belle saison.
La jeune femme revêt le plus souvent l'uniforme de l'armée, orné du symbole des Brigades Spéciales. En revanche, elle a rarement l'autorisation de porter sur elle l'équipement de manœuvre tridimensionnel. En civil, elle se contentera d'une chemise et d'un pantalon. Eri ignore les conventions sans complexe et ne porte presque jamais de jupes. En effet, elle trouve cela peu pratique et n'éprouve pas le besoin d'en avoir pour se sentir féminine.  


Caractère
Erika a une personnalité tordue, façonnée par les étapes successives de sa vie. Il suffit de penser bien la connaitre pour se rendre compte de l’inverse.
La jeune femme est née la joie au cœur et le sourire aux lèvres. La petite fille aimée et adorée ne pensait qu’à faire le bien, à être polie, gentille, bien élevée. Mais cette fillette-là a fini par disparaitre, emportée par la douleur de la mort et de la trahison. Une enfant froide, au regard fier ignorant sa misère lui a succédé. Il suffisait de la regarder de travers pour s’attirer son mépris. Plus rien autour d’elle n’avait d’importance, ni les gens, ni les lieux. Mais, malgré tout, on continuait de la regarder avec pitié. C’était insupportable.
Que faire alors ? Comment agir ? Jouer la comédie de la dérangeait pas. Tromper son entourage pouvait même se montrer amusant.
La jeune femme d’aujourd’hui est terriblement lunatique. De bonne humeur, elle sourit, taquine, rit, bavarde, se montre enthousiaste et dynamique. Elle aime plaisanter, se moquer, peu importe qui sera son interlocuteur : un collègue, un inconnu, son supérieur. Elle apprécie observer les gens, récolter des informations sur les uns et les autres, les ragots et les bruits qui courent, aussi  futiles soient-ils. Mais elle peut également être l’inverse : sa paresse l’invite bien souvent à préférer la rêverie et la sieste à son travail. Sa susceptibilité dévoilée, un rien peu alors la vexer, la contrarier, la mettre en rogne.
Erika est insomniaque. Dormir de nuit est synonyme de cauchemars et de mauvais souvenirs. Son sommeil le jour est plus calme et reposant. Elle en profite pour rattraper le travail qu’elle n’a pas fait le jour par fainéantise : tout est réalisé dans le temps, c’est bien l’un des seuls points sur lequel elle est irréprochable.
Elle ne cherche pas à se faire des amis. Le bonheur de leur compagnie n’est rien comparé à la douleur de leur mort ou de leur trahison. Elle pourra se monter froide ou amicale envers vous si vous la rencontrez, tout dépend de votre comportement. S’adapter n’est pas un problème.
Concernant les titans, il n’y a pas grand-chose à en dire : elle n’en a rien à cirer, tout simplement. Ce ne pas son problème après tout : elle n’en jamais vu et ne compte pas leur accorder une visite.
Et la rébellion ? Cet évènement fut un bouleversement majeur pour un quotidien morne d’un soldat du centre. Ayant peu d’estime pour les hautes-autorités, elle y aurait peut-être pris part si cela n’avait pas menacé son poste au sein de l’armée. Ou si, tout simplement, elle n’avait pas eu la flemme.


Histoire
♫ Hope of Morning

Year 832

“But my disorder can't be cured by a bottle, blade, or dose ♪”

- Papaa, raconte-moi une histoire sur Maman !
- Une autre fois.
- Mais…
- Demande à ton frère.

Son ton était sans appel. La fillette tourna tristement les talons ; l’homme reposa son verre sur la table, avant de le remplir de nouveau. Que lui restaient-ils ? Deux enfants à nourrir et pas un sou. Sa femme était décédée peu après la naissance de leur fille. Ils auraient bien pu s’en sortir, oh oui, après tout le commerce familiale marchait bien depuis des années. Ils étaient joailliers de père en fils depuis plusieurs générations, ce qui leur assurait une vie stable au sein du Mur Sina. Jusqu’à ce braquage, une nuit, organisé par une bande de trafiquants aidée par l’un des salariés de la boutique. Il ne leur restait plus rien, et la police militaire n’avait pas fait grand chose pour leur venir en aide. En quelques mois, il s’était retrouvé couvert de dettes, avait épuisé ses économies et avait dû trouver refuge dans la cité souterraine avec les gamins. Le matin même, il avait utilisé ses dernières pièces pour s’acheter cette bouteille d’alcool. Du coin de l’œil, il observa sa fille tenter d’attirer l’attention de son frère aîné plongé dans un livre – rare vestige de leur vie passée – et poussa un profond soupir. Il n’y aurait pas de miracle, il le savait. Rien ne les sauverait.


Year 833

“I try to capture every moment as it comes to me
Bottle up the memories and let them keep me company ♪”  


- E…Excusez-moi, M’sieur, j’me suis perdue…

Elle renifla bruyamment et espéra que sa voix était tremblante comme il le fallait. Son interlocuteur baissa les yeux sur elle, posa son sac et s’accroupit face à elle. Un rapide coup d’œil sur le sac. Il y avait au moins deux pains et cinq pommes, peut-être plus… L’homme à qui elle avait adressé la parole pencha la tête sur le côté et grommela :

- Eh bien, que veux-tu que j’y fasse ? J’sais pas où t’habites, moi !
- Hmm, près du carrefour, y’a une grande maison avec… Bredouilla l’enfant avant de s’arrêter, remarquant que l’autre n’écoutait plus ce qu’elle racontait. Il s’était brusquement relevé : un second gamin, un garçon un peu plus âgé, venait d’attraper son sac par derrière. Se voyant pris sur le fait, il s’enfuit en courant avec son butin.

- Eh, reviens-là sale gosse !

La fillette attrapa aussitôt un caillou à côté d’elle qu’elle lança en direction de l’homme. Ce dernier poussa un cri de rage et de douleur en portant la main à l’arrière de son crâne. L’enfant en profita pour partir à toute vitesse. L’autre ralentit pour qu’elle le rattrape et lui prit la main lorsqu’elle fut à sa hauteur. Ils slalomèrent entre les quelques personnes présentes qui ne réagirent pas. Enfin, sûrs de ne pas être suivis, ils s’enfoncèrent dans une ruelle sombre. Là, le garçon déballa le contenu du sac sur le sol en s’exclamant :

- Regarde ça Eri ! On en a bien pour trois jours !
- Il y en aurait même eu pour Papa… Répondit la fillette, émerveillée.
- Ne parle pas de lui. Il se renfrogna et fit la grimace. Ce sale lâche s’est… Enfin vient, on rentre.


Year 835  

“What if my words are meaningless ? What if my heart's misleading this ? ♪”

On frappa à la petite porte. C’était le soir, sans doute faisait-il nuit à la surface. Erika leva les yeux ; ce fut son frère qui se leva pour ouvrir. Il ne paraissait pas surpris. S’il était vrai que le jeune garçon sortait souvent seul ces derniers temps, jamais ils n’avaient reçu de l’aide ni même de la visite de qui que ce soit depuis la mort de leur père. Il fit entrer trois hommes dans la pièce faiblement éclairé. La fillette ne les avait jamais vus, mais ce dont elle était sûre, c’est qu’ils n’inspiraient absolument pas confiance. Elle sentit soudain une vague de terreur la submerger. Les choses ne tournaient par rond. Ils semblaient connaître son frère : ils échangèrent des propos décousus, à voix basse, si bien qu’elle n’en compris pas le sens. Ces dernières semaines, son frère se montrait bien plus froid et agressif que la normal ; était-ce ces individus qui déteignaient sur lui ?

- Qui c’est ? Demanda-t-elle d’une voix tremblante. Le garçon se tourna vivement vers elle, les mains dans les poches. Il semblait bien trop sérieux.

- Ces hommes m’ont proposé de bosser pour eux. Ils ont besoin de quelqu’un comme moi dans leur groupe. Pour des missions d’espionnages ou de vols, principalement.
- Leur groupe… ?
- Du trafic. De tout, lui répondit-il simplement avant de préciser : équipements, biens… D’humains, aussi, parfois. Plus souvent qu’on ne le croit, dans ce trou.

Tout cela ne semblait guère l’impressionner. Erika se mit à trembler et écarquilla les yeux.

- Mais… Tu ne peux pas faire ça… C’est igno…
- Erika. Sa voix était sèche ; il s’approcha d’elle à grands pas et la toisa. Ils te proposent une place aussi. Qu’est-ce tu choisis ? C’est toi qui décide, donc si tu veux rester ici à chialer jusqu’à crever, ce n’est plus mon problème. Tu n’as toujours pas compris ? Que ce soit ici, juste en-dessous de la capitale ou en dehors des murs, les faibles se font tuer et seuls les forts peuvent survivre. Et bien, qu’est-ce que tu préfères préserver ? Ta vie ou ton honneur ?

Erika se mit en lentement à pleurer. Elle secoua la tête en reniflant. Non, perdre son honneur ne constituait en aucun cas une porte de sortie.

- Très bien. Et bien dans ce cas je ne peux plus rien faire pour te sauver.

Les trois hommes s’étaient contentés d’observer la scène. Ils sortirent en même temps que le garçon. La fillette ferma les yeux et plaqua ses mains sur ses oreilles. Elle fit quelques pas en arrière, se laissa aller contre le mur. Elle s’effondra. Elle voulait tout oublier.    


“I second guess myself to death, I re-solicit every step ♪”

Erika ouvrit les yeux. Depuis combien de temps était-elle là, allongée sur le vieux parquet dur et froid ? Elle ne sentait même plus la faim qui la tenaillait, et n’avait même plus de larmes pour pleurer. Est-ce qu’une petite fille de dix ans pouvait avoir à ce point envie d’en finir ? Etait-ce ce que son père avait ressenti ? Elle avait plusieurs fois essayé de dormir, dans l’espoir que la mort la reprenne sans plus de souffrances - après tout, c’était ce que lui avait dit son frère, elle n’avait plus aucune chance de s’en sortir -  mais la seule chose que lui apportait le sommeil était d’effroyables cauchemars. Elle avait revu défiler en boucle les mêmes images : un groupe d’hommes cagoulés entrant bruyamment chez eux après avoir dévalisé la boutique de l’étage inférieur ; son père poignardant l’un des hommes pour la sauver tandis que le feu commençait à dévorer les meubles de bois… Puis son père buvant encore et encore ; le jour où son frère et elle avaient découvert qu’il avait préféré tout abandonner, y compris sa propre vie ; les pleures d’un enfant affamé ; un vieillard mourrant dans la rue ou encore une bagarre qui dégénérait… A la surface, des gens se battaient pour vaincre les titans, ces monstrueuses abominations, elle le savait. Et eux, savaient-ils que les hommes pouvaient être tout aussi monstrueux ?

Erika se releva lentement. Puisqu’elle allait mourir de toute manière, il y avait une dernière chose qu’elle voulait accomplir. Elle souhaitait, une dernière fois, remonter à la surface. Pour sentir le soleil sur son visage et le vent dans ses cheveux. Cette dernière volonté fut la seule chose qui lui donna la force de faire un pas de plus. Elle longea les murs de la cité dont elle avait tant de fois arpenté les rues. Personne ne fit attention à elle. Après, n’était-elle pas qu’une enfant de plus à mourir de faim ici ?

Il avait neigé. Cela n’avait pas empêché les gens de sortir, en ce milieu d’après-midi, pour ce qui semblait être un marché. En effet, il lui paraissait apercevoir ce qui ressemblait à des étalages un peu plus loin dans la ville, et un semblant d’agitation humaine. Elle avança un peu plus. Elle sentit le froid humide sur ses pieds nus ; elle se laissa glisser contre un mur. Quelques personnes circulaient devant elle : certaines tentaient de l’ignorer, d’autres échangeaient des murmures furtifs. On lui lança un morceau de pain ; elle releva le regard : c’était des gens bien habillés, qui ne craignaient sans doute ni la faim ni le froid.

- J’veux pas d’votre pitié, souffla-t-elle. Elle ferma les yeux. Plus rien n’avait d’importance désormais.


“On and on I wonder what went wrong inside my head
I don't have to have the answers, but tonight I wish I did
All the pain I can't explain away won't fade
All the the secrets silenced by the shame
Don't make me say it ♪”


Il faisait bon : Erika entendit des flammes crépiter dans un âtre à proximité. Depuis quand n’avait-elle pas dormi dans un lit aussi confortable que celui-ci ? Elle ne regrettait pas ses décisions : la mort était décidément bien agréable. Cependant, elle ne se sentait ni soulagée, ni heureuse ; il y avait toujours cette douleur lancinante dans sa poitrine, qui lui semblait à la fois récente et si ancienne. La fillette ouvrit lentement les yeux ; le monde était flou mais paraissait chaleureux. Elle cligna plusieurs fois des paupières et quelques minutes s’écoulèrent avant qu’elle ne puisse distinguer avec précision l’endroit où elle se trouvait. Il s’agissait d’une vaste chambre, composé de deux lits – dont le sien – d’une cheminée allumée et d’un simple bureau sous la fenêtre, face à elle. Elle voulut se relever à l’aide de son bras mais son coude fléchit et elle retomba mollement sur l’oreiller.
Lorsqu’elle ouvrit une seconde fois les yeux, il avait dû s’écouler un peu de temps car un jeune garçon, à peine plus vieux qu’elle, s’adonnait à remettre du bois sur les braises rougeoyantes du foyer. Il remarqua qu’elle l’observait et un sourire illumina son visage.

- Aah ! Tu es réveillée ! S’exclama-t-il avant d’appeler son père et sa mère depuis la porte et de revenir vers elle. T’inquiète pas, tu ne crains rien, ici, on va s’occuper de toi ! On a se qu’il faut pour te nourrir, et mes sœurs ont des vêtements qui devront t’aller sans problème. Tu peux rester tant que tu veux si tu n’as nul part où aller, surtout pour l’hiver…

Erika s’avoua ne l’écouter qu’à moitié, elle tenta au mieux de se redresser dans son lit. Un homme et une femme pénétrèrent dans la pièce : la femme se précipita vers la fillette et lui fourra un bol de soupe brûlant dans les mains. Elle lui posa une multitude de questions dans le but de savoir comment elle se sentait, si elle avait froid ou chaud, et elle se força de répondre à chacune des interrogations d’un signe de tête. Elle sentit son appétit revenir d’un coup en goûtant au bouillon qui avait une bien meilleure saveur qu’un bol d’eau chaude vaguement aromatisé à quelque chose. Quand elle eut finit de boire, l’homme lui demanda de raconter d’où elle venait et si elle avait de la famille quelque part. Erika se sentit alors obligée de parler de tout depuis le début, et, à contre cœur, de ressasser tous ses souvenirs. Pourquoi était-elle encore en vie ?
Les parents du garçon n’avait rien dit au sujet de son histoire ; ils se contentèrent de répéter qu’elle pouvait rester ici pour le moment et qu’elle devait se reposer. Elle eut le droit à un autre bol de soupe et à du pain frais. La nuit suivante fut cauchemardesque et l’aube presque un soulagement.  


“I'll need you to reassure me I didn't waste a verse ♪”  

Le garçon lui tenait compagnie très souvent. Il était lourd, mais Erika se rendit compte que cela faisait du bien d’avoir quelqu’un qui s’intéressait à elle, et étrangement son orgueil semblait en prendre un coup. Pourtant il ne s’apitoyait nullement sur son sort, il se contentait de la regarder avec curiosité. Et de parler.

- J’m’appelle Pavel. J’habite ici avec mes parents et mes deux sœurs, l’une est plus grande que moi et l’autre est plus petite. J’espère que vous entendrez bien ! C’est une ferme ici, c’est pour ça que c’est grand. Au fait, t’as quel âge ? Un peu pareil que moi, non ? Parce-que moi j’ai onze ans. C’était mon anniversaire il y a 3 semaines. Et toi, c’est quand que t’es née ?
- Vous bouffez toujours aussi bien ? Demanda-t-elle, le coupant dans son monologue.
- Euh, ouais… On peut profiter de notre propre production s’il y a du surplus. En plus ma Maman cuisine drôlement bien ! Mais bon, c’est pas grand chose à côté des nobles de la Capitale… J’aimerais bien tout te faire visiter ! Mais mes parents disent qu’il faut que tu sois complètement rétablie.
- Pourquoi…. Vous m’avez sauvé ? Demanda-t-elle soudain, après un blanc de quelques secondes : cette question la taraudait depuis son réveil.
- Et bien, on te l’a dit : Papa et moi on était allé jusqu’à la Capitale pour acheter du tissu demandé par Maman qui voulait nous coudre de nouveaux vêtements elle-même. Et puis…    
- Vous auriez pu m’ignorez.

Pavel la regarda fixement ; il passa une main dans ses cheveux blonds en désordre. Il semblait étonné par sa réflexion.

- Tu voulais mourir ?

Erika ne répondit rien et détourna le regard. Qu’allait-il dire ? Que c’était lâche ? Qu’elle aurait dû suivre son frère ?

- Si tu meures, les choses ne changeront jamais. Je ne savais pas ce qu’il se passait dans la cité souterraine. Maintenant si. Tu y as vécu et tu en es sortie. Maintenant, il faut que tu témoignes si tu veux que les choses changent. Il faut que le gens soit au courant de ce qu’il se passe. Peut-être que le Roi ne sait pas. Ça sauverait plein de gens ! Je veux bien t’aider si tu veux.

Il se leva brusquement, lui attrapa les mains et s’écria tandis que la fillette lui adressait une grimace :

- Erika ! Je veux bien t’aider ! Je suis sûr qu’on peut construire un monde meilleur !
- Non, grogna-t-elle, c’est qu’un rêve de gosse ce que tu me chantes-là, ça marchera jamais.
- Je ne me suis jamais prétendu adulte à ce je sache. Crois-moi, avoir un rêve, c’est le premier pas pour le réaliser !    


“Try as I might to keep it together,
Why is recovery taking forever ? ♪”


Le temps s’égrenait au fil des flocons ; Erika sentait peu à peu ses forces revenir. La famille de Pavel faisait comme si rien n’avait changé dans leurs habitudes, comme si elle avait toujours été présente. Néanmoins la jeune fille ne sentait ni à sa place, ni chez elle ; elle craignait désormais ne plus jamais ressentir ce doux sentiment de plénitude de lorsqu’on rentrait à sa maison après un long voyage. Et même si elle avait recouvré une parfaite santé, elle ne connaissait aucun moyen de soigner – ou du moins soulager – la blessure des derniers années. Elle prit la décision d’en parler au blondinet ; certes il était très entreprenant mais sa façon de penser était radicalement différente de la sienne, trop renfermée, et ses réflexions faisait à la fois très adulte et très enfantine.

- Des fois j’aimerai bien pouvoir tout oublier pour tout recommencer, mais je sais bien que c’est pas possible… Je n’arrive même plus à dormir la nuit, je fais trop de cauchemars…      

Son ami fit mine de réfléchir en regardant en l’air. Erika affichait une mine boudeuse.

- Baah, c’est pas nécessaire d’oublier pour recommencer, non ? De toute façon t’as pas trop le choix… Fais comme s’il s’était rien passé, agit comme si tu avais toujours été heureuse, ou un truc comme ça.
- C’est une bonne chose de se mentir à soi-même comme ça ?
- C’est un peu comme vouloir oublier, non ? Et puis, c’est sans doute moins douloureux.
- Mais du coup c’est contradictoire avec ce que tu m’as dit à propos de témoigner pour sauver le monde, là, ou je ne sais quoi…
- Hmm… Ce fut son tour de tirer la lange d’un air dégoûté. Eeh bien, on a qu’à dire que c’est en attendant que tu ailles mieux et qu’on sauvera le monde quand tu seras capable de supporter ce qui est arrivé.

Il lui adressa un sourire bien trop grand dans son visage d’enfant. Malgré tout elle fut incapable de lui rendre.


Year 837

“Or worse, what if my life's work is reduced to just myself ? ♪”

A l’arrivée du printemps, le père de Pavel lui proposa de travailler un temps chez eux, dans la ferme. Erika avait accepté ; de toute façon elle n’avait nul autre endroit où aller.

L’été battait son plein. L’homme avait proposé à la jeune fille de l’accompagner faire le tour de leurs cultures pour s’assurer qu’elles ne manquent pas d’eau. Elle devina aussitôt qu’il voulait également discuter avec elle, aussi il engagea la conversation sans tarder :

- Je suis content de voir que tu vas beaucoup mieux. Cependant, je crois que tu n’es vraiment pas faite pour travailler au sein d’une ferme.
- Non, répondit-elle sans hésitation, d’ailleurs je n’aime pas trop ça non plus. J’ai beau essayer d’être autoritaire avec vos animaux, ils font comme si je n’existais pas. Pourtant Pavel y arrive très bien alors qu’il ne fait pas sévère du tout. Et puis, je me fais sans cesse marcher sur les pieds, je ne compte plus le nombre de pansements que j’ai dû me coller partout depuis un an et demi… Ne… ne vous moquez pas de moi !
- Erika, tu sais bien que tu es libre de faire ce que tu veux de ta vie. Son ton était sérieux et pourtant il gardait son sourire, le même que son fils. As-tu réfléchi à ce que tu voulais faire ?

La fillette s’arrêta brusquement et leva les yeux vers l’homme qui s’était figé à son tour et retourné.

- Qu’est-ce que je peux faire pour m’assurer une vie stable ? Pour ne pas avoir à craindre que d’autres viennent encore une fois ruiner ma vie ? Tout m’arracher ?
- Ah ça ! A part réussir à intégrer les Brigades Spéciales, je ne vois pas. Mais crois-moi, si c’était facile, je n’en serais pas là !

Erika réussi à lui adresser un sourire : elle savait pertinemment qu’il aimait son travail.

- Les Brigades Spéciales, hein ? Il faut bien avoir douze ans pour entrer dans une section d’entraînement militaire, n’est-ce pas ? Je les ai eu au printemps.
- Tu es sérieuse ? La jeune fille ne l’avait jamais vu aussi surpris, son sourire avec complètement disparu. Tu sais, il faut parvenir dans les 10 premiers du classement final et ce n’est pas une mince affaire…
- Eh bien j’ai jusqu’à la fin de trois ans d’entraînements pour trouver un moyen d’arrivé jusque là ! On m'a dit un jour qu'avoir un rêve était le premier pas pour le réaliser. Elle leva le pouce en signe de victoire, geste qui ne lui parut absolument pas naturel.


Year 840

“Fool the whole world, just until I get better,
I'm terrified I'll be faking forever ♪”  
 

Elle avait dû promettre au moins trois fois à Pavel qu’ils s’écriraient régulièrement et qu’ils resteraient amis avant de partir. Elle lui devait bien ça, au moins, car elle se sentait capable de sourire désormais, et de rire aussi, même s’il sonnait sans doute faux. A l’entrainement, elle avait pu au moins sympathiser avec quelques personnes, dont une jeune fille de son âge, Myriam, et un autre garçon, Andreï. Ça ne la dérangeait pas dans la mesure où certains exercices s’effectuaient en groupe et qu’ils respectaient son indépendance et sa volonté d’être seule de temps à autre, sans poser de questions.

Erika s’étira, non peu fière d’elle : Andreï gisait sur le ventre sous ses yeux et il poussa un gémissement. Elle s’assit sur dos en symbole de victoire totale. L’entraînement finirait le mois prochain : la jeune femme était plutôt fière de son maniement du dispositif de manœuvre tridimensionnel, et elle se débrouillait bien dans les matières théoriques.

- Bon sang, maugréa le jeune homme dans la poussière, comment t’as fait ça sérieux ? J’étais sûr de gagner, j’ai rien vu venir.
- C’est le but, Andy, c’est le but. Elle n’avait même plus aucun mal à mettre les conseils de Pavel en application. Pour un type baraqué comme toi, je comprends que foncer dans le tas est une option de choix et qu’elle porte plutôt bien c’est fruit – plutôt bien. Mais moi ? Regarde-moi, comment veux-tu que je fasse ?

Elle se releva pour lui laisser la liberté de se relever, fit quelques pas, demi-tour sur les talons pour se retrouver face à lui, triomphante. Il se frottait la nuque, assis en tailleur dans la terre.

- Et bien, vas-y explique. Elle savait bien qu’il faisait semblant d’être en colère.
- Tout d’abord, il ne faut pas se jeter la tête la première dans un combat contre un adversaire inconnu ! Contente-toi de te défendre, tout en observant ses gestes : évalue sa force, sa technique, cherche et trouve son point faible. Non seulement tu gagneras un avantage, mais en plus l’ennemi prendra confiance en lui et avec un peu de chance relâchera sa garde. A ce moment-là seulement, tu peux attaquer en le prenant par surprise. Le résultat est sous mes yeux !
- D’accord très bien, et maintenant, tu m’expliques à quoi ça va te servir face à un titan.
- A rien, juste à obtenir une bonne note à l’exercice. C’est tout ce qui m’intéresse, puisque ce que je veux c’est les Brigades. Et puis, tu sais, savoir se battre contre un homme peut être utile aussi. Pour certains, ça permet juste de pouvoir bouffer un morceau de pain.

Andreï se tut après sa dernière réflexion. Il se releva et entreprit de secouer la poussière de son uniforme. Après un moment de silence, il reprit :

- J’espère que tu as une technique aussi bonne pour les cours théoriques : à chaque fois que je me retourne vers toi tu es en train de pioncer…
- Je… je ne dors pas à tout les cours ! Seulement les moins intéressants ! Je suis au fond de la classe, ça ne se voit pas. Et puis, Myriam prend des notes très détaillées, tu sais, ça m’aide beaucoup à rattraper ce que j’ai raté.
- Tu es désespérantes, soupira le jeune homme.

Elle se mit en rire, tandis qu’ils reprirent l’exercice. Sans doute, cela sonnait-il moins faux maintenant ; elle l’espérait.  

Erika eut la satisfaction d’arriver sixième du classement. Elle n’hésita aucunement en demandant son affectation, comme la plupart des autres gradés de sa session d’ailleurs. Elle avait accepté tous les sales boulots auquels les nouvelles recrues avaient eu le droit, sans se plaindre. Elle avait vécu pire. Elle pouvait vivre comme elle le voulait maintenant. Pavel n’avait sûrement pas eu tort : la douleur s’était enfouie, presque oubliée, au fond d’elle-même. Et malgré tout les murs possibles et inimaginables, du moment qu’elle ne ressurgissait pas, la jeune femme pouvait se sentir libre, plus qu’elle ne l’avait jamais été.

“When the hope of morning starts to fade in me
I don't dare let darkness have its way with me
And the hope of morning makes me worth the fight
I will not be giving in tonight ♪”
         


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