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SNK REBIRTH est un forum basé sur le manga Shingeki No Kyojin. L'intrigue se détache de l'oeuvre originale à partir de l'expédition contre le Titan Féminin. 10 lignes minimum - Rp violent toléré.

En ce moment
Erwin Smith est accusé du meurtre de Naile Dork, fait sinistre effectué lors de l'investiture du roi. Destitué de son grade et de son poste de commandement, le meneur du corps d'expédition se retrouve derrière les barreaux en attendant son jugement. En plus d'être assignés au sein des murs, le bataillon d'exploration se retrouve maintenant sans commandant (tout comme les brigades) et la risée de l'armée. Une enquête interne est en cours et chaque soldat doit passer sous le peigne fin de la justice afin de prouver son innocence.
Missions
Brigades - garderie
Ouvert - distribution
Ouvert - filature
Recherches
Link - Kristopher recherche des connaissances. Camarades, amis ou ennemis... Si vous êtes intéressés par le Loup-Garou de la Garnison cliquez ici et vous ne serez pas déçu.
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Ice shards CIELLE

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Kristopher Moreau
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-Allez, Moreau, avance.

La voix le ramena dans la réalité, et le monde prit une apparence plus claire. Moins brouillée. Le sommeil envahissait son corps depuis presque trois jours maintenant, force était de constater que beaucoup de soldats de la Garnison demeurait constamment occupé, nuit et jour. Le carnage initial étant passé, la loi martiale avait été instaurée et la criminalité était en hausse. Notamment beaucoup de pillages et de meurtres. En tout, il n'avait eu que peu d'heures de sommeil. Environ une dizaine. De quoi tout simplement carburer pour ne serait-ce qu'un instant. Il était humain. Quelqu'un de particulièrement endurant et fort, mais humain. Et en ce moment, il avait l'impression de voguer entre les deux mondes.

Le climat au sein des Murs était particulièrement rigoureux, surtout dans cette forêt se trouvant au nord du Mur, subissant les affres du vent en premier. Et de la neige. En très petite quantité, cela dit, tombant des cieux gris dans un mouvement digne d'un ballet de glace créer par une quelconque divinité ou entité se promenant en cette nature sauvage et peu habité. Car elle était habitée. Non loin de là, sur cinq heures de route, se trouvait un village qui avait été relativement épargner par la rébellion, bien qu'il y ait eu des traces de combat, qui était habité par quelques dizaines d'âmes, presque une centaine. Et dans cette presque centaine se trouvait quelques personnes ayant affirmé avec véhémence l'apparition d'un monstre.

Un Titan qui se serait perdu depuis l'attaque de Trost ? Une possibilité non-négligeable. Lors de la destruction de la porte, plusieurs Titans, notamment des anormaux, y ont pénétrés et l'un d'eux avait possiblement passer la sortie du district dans la panique. Mais le souci était présent. Que la créature en question n'eût aucunement une apparence humaine, mais digne d'un véritable monstre aux membres inhumains d'une maigreur squelettique, et des yeux flamboyant de haines, témoignage qui avait été partagé par les gaillards qui en avaient été en présence, de véritables armoires sur pattes. Tous marqués par la peur, et la mort de l'un de leurs amis. Tailladés.

-Alors Moreau, t'en pense quoi de cette affaire ?

Le regard fatigué et torve du Loup-Garou de la Garnison se posa sur un des six hommes envoyés en mission. Grand gaillard et capitaine talentueux. Mais celui-ci envoyait envers Moreau un regard froid et professionnel.

-Bandits. Une dizaine d'individus, probablement, habillés pour faire peur aux habitants.

Le silence qui s'ensuivit n'en déplaisait pas au grand brun, qui se contenta de réajuster son foulard gris et de regarder devant lui. Un étroit sentier, chacun se tenant sur une monture, et un fusil. Il tenait le sien sur ses cuisses, tout en les maintenant par le coude, guidant sa monture. Un tourbillon de flocons, comme une tempête miniature, devant lui, et Moreau ferma les yeux, cheveux jouant dans le vent. Claquements de dents d'un soldat. Insulte en basse voix d'un autre. Son silence. Rouvrant les yeux, et certains détournèrent le regard de sa personne.

-Ici.

La troupe cessa tout mouvement, et Moreau fut le premier pour partir de sa monture pour s'avancer vers un coin de terre plongé dans une petite couche de neige, fine comme de la soie. Un corps. La gorge grande ouverte et la poitrine ayant été lacérée. Moreau s'abaissa, et deux autres en firent de même. Aucun doute. Au vu de la taille des entailles, ce n'était pas quelque chose d'humain, quand on y regardait.

-Mort, une journée auparavant. Blessures causées par un grand animal. Mais...

Moreau laissa un doigt ganté suivre la courbe d'une lacération au niveau de la hanche droite.

-Trop fine. Couteau, ou machette. Voire épée. Chirurgicale. La personne, ou la chose, savait totalement ce qu'elle faisait.

Un froncement de sourcil vint sur son visage. Beaucoup trop de blessures qui semblaient avoir été causés par un animal sauvage, ou plusieurs, mais quelques-unes causés par des moyens plus humains. Un détail attira son attention.

-Ici. Une empreinte...

Et quelle étrange empreinte, en effet. De longues griffes, plus que celles d'un ours ou d'un quelconque autre animal. Moreau se mit debout, marchant par-dessus le cadavre et suivant la trace, pour entrer dans la forêt, plus profondément. Le vent devenait moins fort, protéger par le couvert des arbres, ignorant la neige tombant de quelques branches. Suivant la piste, pour arriver devant un morceau de tissu d'une autre couleur n'appartenant pas au cadavre. Teintée de sang. Moreau se baissa, prit le tissu, et le tendit aux autres, qui le prirent d'un air perplexe, tandis qu'il continuait son chemin. Une minute, marche rapide, en silence, ne faisant pas de bruit. Un morceau de fourrure, au sol. Par la texture, il le reconnaissait. Celui d'un loup.

-Ne bouge pas.

Le bruit d'une arme se chargeant se faisait entendre dans son dos. Moreau cessa alors tout mouvement, mais sa prise se resserra sur son arme. Le vent hurlait doucement.  

-Je sais bien que c'était toi qui avais donné un accès aux équipements tridimensionnels aux rebelles.

-Sur quoi te bases-tu pour une telle conclusion ?

-Ferme-la.

Le ton était froid. Froid comme la neige.

-J'ai perdu mon meilleur ami, ce jour-là. Égorgé comme un vulgaire cochon. Tu le sais ?

-Non. Parce qu'il y a eu bien des morts horribles et inutiles.  

Le capitaine restait silencieux.

-Éprouves-tu des remords ?

-Non.

-Pourquoi ?

-Parce que je n'ai pas participé au massacre.

-C'est faux. Tu le sais bien. Maintenant, je veux que tu te lèves, et que tu me regardes en face. Que tu nous regardes tous en face.

Moreau s'exécuta alors. Mais non sans réagir promptement, alors que son fusil finit par devenir dirigé en direction d'un des hommes du capitaine. La balle siffla, traversant la joue du grand gaillard, pour finir dans la gorge d'un autre, éclaboussant de sang ceux aux alentours. Puis, ne perdant pas de temps, avec le couteau fixé sous le baril, détourna celui du capitaine, qui ouvrit le feu. Le coup résonna avec force, mais Moreau répliqua par la violence, alors qu'il finit par enfoncer la lame dans sa hanche. Le personnage hurla, et Moreau en profita pour tourner les talons, bondissant alors au travers d'un amas de buissons épais pour s'enfuir en courant entre les arbres.

Une balle passa tout près de lui arracher l'oreille, et plusieurs autres coups de feu s'ensuivirent alors pour tenter d'atteindre Moreau. Des éclats de neiges se soulevant sous l'impact, des troncs d'arbres volant en éclats sous la puissance du projectile. Moreau laissait son corps parler. Son adrénaline faire le travail. Le temps semblait si lent, maintenant, et apercevait avec une clarté nette chaque flocon. Une horrible douleur le tirailla dans sa cuisse, puis la hanche, poussant alors un puissant gémissement de douleur. Tombant presque, mais se rattrapant contre divers petits arbres pour tenter de continuer son chemin. Chutant alors dans un fossé, atterrissant avec brutalité contre un amas de pierres. Petit cri de douleur, sensations de lames chauffées pénétrant sa chair, mais se relevant, en poussant de gros souffles.

Combien de temps s'était-il écoulé ? Une minute ? Cinq ? Dix ? Comment le saurait-il, alors que tout semblait devenir plus accéléré, plus effréné. Moreau dut passer au travers d'une petite rivière froide, sautant de plateformes rocheuses en plateformes, éclabousser parfois par le torrent, allégeant sa douleur ne serait-ce qu'un instant. La neige sur son passage se teintait d'une couleur de vin d'été. Liquide de vie s'échappant de son corps, , puis s'échoua alors au sol, épuisé, allongé sur le dos, ayant outrepassé divers obstacles, tandis qu'au loin, il entendait les cris des hommes le chercher, ralentis par ce qu'il avait pu, de par sa volonté, outrepasser.

La neige était si froide. Tout, comme le devenait son esprit, alors que les secondes passaient.

Cielle, elle sent le chien mouillée '-'
Mer 1 Aoû - 8:16
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Cielle Feuer
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Le cœur battant contre sa poitrine. Le froid, mordant ses joues à travers son masque rituel de chasse, cachant la moitié de son visage. L’adrénaline circulant dans ses veines. Chaque pas plus fort, chaque foulée plus longue. A travers le blizzard qui s’élevait derrière elle, la poussant plus en avant encore. Cielle dévalait la montagne, sans aucune hésitation. Devant elle, quelque part dans la forêt, ses ennemis. Ils étaient là, ils étaient venus. Ils avaient osé braver ses interdits et passer outre ses avertissements. Alors, puisque la mort ne viendrait pas à eux, c’est elle qui viendrait la trouver pour eux.

Mère Louve était venue la trouver, haletante, alertée alors même que la Chasseresse rentrait avec son butin. Elle l’avait laissé derrière elle pour affronter le danger. Rien ne devait troubler cet endroit. Aucune menace ne passerait les portes de son royaume. Ils n’en avaient pas le droit. Ils lui avaient tout prix déjà, elle ne leur laisserait rien que le sang et la douleur. Qu’ils prient leurs dieux vivant enfermés dans des murs s’ils le pouvaient. Ils ne viendraient pas les sauver. Elle était plus forte. Elle était plus puissante.
Pour les trouver, elle avait abandonné sa proie. Pour les trouver, elle n’avait même pas pris le temps d’enfiler son monstrueux costume vengeur. Elle était mue d’une envie sulfureuse de trancher leurs jarrets. De faire grimper au ciel, jusqu’aux dessus des montagnes, le son de leurs cris de souffrance et de terreur. Il n’y avait plus de fatigue, il n’y avait plus de souffle court, ni de froid malgré le vent qui fouettait son visage, frappant ses cheveux blancs. Il n’y avait plus que cet immuable besoin de les éliminer.

Elle n’avait pas peur. Elle ne craignait pas la mort. Si elle devait mourir aujourd’hui, elle reviendrait les hanter, encore et encore. Si elle ne mourrait pas aujourd’hui, alors elle ferait cent fois pire. Mais jamais elle ne les laisserait en paix, tant qu’elle ne le serait pas elle-même et ses ancêtres. Ils devaient payer le prix de leur cruauté, ils devaient payer le prix de leur monstruosité et faire face aux courroux de tous ceux qu’ils avaient balayé comme de simples grains de poussière à valeur marchande. Elle serait leur arme de vengeance.
Lenrra s’engouffra dans la forêt, portée par son élan. Mère Louve courrait à ses côtés, mais abandonna la Chasseresse pour mettre en sureté ses petits dans leur tanière. Lenrra ne lui prêta aucun regard. Ses jambes s’élançaient seules. Guidée par des cris, et des coups de feu, elle filait droit vers ses ennemis, la fourrure blanche de son père sur les épaules. Elle rendrait fier le Demi-Loup.

Là. Droit devant.
D’un geste rapide, Cielle attrapa une branche d’arbre tomber sur le sol à cause du vent et profitant de l’élan de sa course, l’envoya comme une lance vers sa cible dans un cri de rage. Elle ne perdit pas de temps et dégaina son arc, bandant la corde tout en courant. L’effet de surprise avait disparu et à présent, les hommes posaient leur attention sur elle. Mais devant, son salut. Le coup partit en même temps que sa flèche. Lenrra sentit la balle siffler au-dessus d’elle alors qu’elle s’était jetée en arrière, glissant sur la pente d’un fossé, les jambes en avant. A peine eut-elle les pieds dans le lit de la rivière, qu’elle pointait un nouveau projectile vers le haut de la rive. La flèche fila dans le premier visage qu’elle vit, perforant le crâne de son assaillant qui tomba au fond du fossé, dans l’eau gelée.
La Chasseresse se savait dans une position de faiblesse : le reste de ses ennemis se trouvaient en hauteur. Elle faisait une cible parfaite. Mais elle n’avait pas peur. Empreinte d’une rage portant le nom de son peuple, la Fière-Louve brava son propre instinct dans un bras de fer violent. Elle alla contre sa volonté et grimpa sur la butte, en direction du danger. La colère faisait vibrer ses organes. Elle n’avait plus rien d’humain, dès lors qu’elle se mit à quatre pattes pour monter plus vite. Une balle ricocha sur son masque alors qu’elle brandissait son arc pour frapper, se redressant devant un homme dont elle lit la peur dans ses yeux. Le coup la fit basculer en arrière, dans les éclats d’os de son loup. Elle aperçut le ciel à travers les branches des arbres. Il était gris. Elle sentit un flocon disparaitre sur la peau pâle de son visage. Elle ne tomberait pas ainsi.
Par chance, son doigt effleura un tissu. Sa poigne l’attrapa d’un réflexe sec et impulsif. Elle se servit du poids de son adversaire pour échanger leur place. Elle le poussa dans la rivière une fois que son propre équilibre fut rétablie. Devant elle, il n’y en avait plus qu’un. Elle était dans son viseur. Cielle s’immobilisa, sa poitrine se soulevant au rythme de son souffle déchainé, le visage fermé et le regard braqué sur l’homme qui la pointait de son arme de feu. Il lui hurla de ne plus bouger, la menaçant de tirer. Il ne la louperait pas, elle le savait. Pourtant, elle avança, dégainant son couteau de chasse en prenant son élan. Elle le vit presser la détente. Le coup partit, et fut dévié. Mère Louve venait de sauter à la gorge de l’homme qui poussa un cri noyé dans le sang giclant de sa gorge. Même Lenrra ne l’avait pas vu venir. Mère Louve était une véritable chasseuse elle aussi, et elle avait le gabarit pour. Elle était, comme Lenrra, la dernière représentante de son espèce, bien que mixée. Des loups forts et puissants, vénérés par les Txep. Un de ceux qui fit de la jeune femme une véritable chasseresse.

Le silence retomba dans la forêt. Cielle n’entendait plus que les déchirements de chair entre les crocs de la louve, et son propre souffle qu’elle reprenait difficilement. Une goutte rouge tomba devant son œil gauche. Elle porta la main à sa tempe. Elle saignait. Le coup qui avait brisé son masque. Mais pas son crâne.
Mère Louve releva la tête de son dîner, alertant la chasseresse. Lenrra tourna la tête, suivant la direction pointée par les oreilles de la louve. Dans la rivière. Non, derrière la rivière. Elle serra la poignée de son couteau à s’en faire mal à la paume. Elle descendit la rive, glissant sur les aiguilles rousses tombées au sol recouvertes de neige. Ses pieds rencontrèrent une nouvelle fois l’eau glacée. D’un geste chirurgical, elle régla son compte à celui qu’elle avait laissé tomber dans le lit de la rivière. Il était resté à gémir, surement qu’il s’était cogné sur un caillou. Peu importait, à présent il était mort et son sang rougissait le courant. Cielle grimpa sur la rive opposée. Son regard se posa sur une silhouette au sol, parmi celles de ses victimes. Elle était passée trop vite pour la voir.
Mère Louve se tenait à ses côtés. Elle lui jeta un regard entendu. Lenrra s’approcha d’un pas confiant. L’humain au sol ne bougeait plus, et le sang autour de lui en disait long sur son état. Elle s’arrêta juste devant. Ses yeux mordorés retracèrent la course qu’elle avait parcouru. Elle se revit chargeant ses ennemis. Elle se revit lancer la branche mortelle, puis prendre son arc, et glisser dans la rivière. Elle reposa son regard sur l’humain étendu devant elle. Celui-ci, elle ne l’avait pas touché. Elle le retourna à l’aide de son pied et Mère Louve renifla son visage, la truffe presque collée à sa peau. Elle éternua et grogna. La Txep hocha la tête, elle était d’accord avec la louve : il puait l’humain. Elle savait qu’elle devait le tuer aussi. Mais quelque chose clochait.
Son regard glissa de nouveau vers les cadavres qu’elle avait laissés dans son sillage. Sa vision se troubla un peu. Elle fronça les sourcils et pensa qu’elle devait se soigner. Cependant, elle ne comprenait pas pourquoi les humains se chassaient entre eux. Elle ne comprenait pas pourquoi ils ne marchaient pas ensemble, comme un seul peuple. Le cas de Garrett la troublait assez, mais il lui avait donné la possibilité de retrouver sa liberté et elle s’était servie de lui ainsi. Elle s’en servirait encore par ailleurs, et lui ferait de même. Un jour, ils s’étrangleront mutuellement, elle en était certaine. Mais le cas de cet humain ? Autant d’acharnement pour un seul homme. Qui était-il ? Et si Garrett le connaissait ? Elle savait qu’il avait infiltré beaucoup des siens dans les rangs de ses adversaires. Si c’était un de ceux-là ? Elle ne pouvait pas se permettre d’assassiner un des hommes de Garrett, si c’en était un.

Malgré les protestations de la louve, elle hissa l’homme sur son dos. Elles l’amenèrent à leur tanière. Cielle lui fit les premiers soins, et le laissa allongé près du feu, s’asseyant en face pour soigner sa propre blessure, se servant d’un morceau de miroir cassé. Le calme était revenu dans la forêt, et dans son cœur.
Mer 26 Sep - 21:31
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Kristopher Moreau
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La sensation du froid envahissant son corps. Le goût métallique et riche en fer dans sa bouche. La sensation d’avoir les poumons recouverts de flammes dont le seul but n’était pas de faire fondre sa chair, mais de le faire souffrir, son corps s’engourdissant. Moreau était au bord de la mort. Il en sentait son étreinte. Presque chaleureuse et si froide. Aussi accueillante que méprisante. Aussi amusante qu’ironique. Aussi douloureux que doux, comme de la soie. Dans une mer faite d’encre abyssale, Moreau se tenait debout, dépourvu de bout de tissus humains, presque dans une forme immatérielle, délivré de toute entrave humaine. Une main faite d’une sorte de vapeur ombreuse et pourtant claire malgré l’environnement, tendue vers le brun. Moreau, après un instant d’hésitation, tendit la main, pour la prendre dans la sienne.

-Est-ce vraiment ton heure ?

L’étrange main disparut pour alors se transformer en figure faite de particules dont la forme et la taille était sans se rappeler celle des moucherons lorsque l’été venait, pour former une figure humanoïde de taille moyenne, mais aux membres un peu disproportionnés. Des jambes tout aussi longues et squelettiques que ses bras, mais une tête bien trop petite, et dans cette nuée sombre, il y voyait deux orbes argentés au niveau du visage, qui faisait office de yeux.

-Je ne sais pas, admis Moreau, d’un ton étrange. Je fréquente toujours la mort de prés. Mais elle ne me veut pas.

-Pourquoi, selon toi ?

-Je ne sais pas,
admit de nouveau Moreau.

-Alors pourquoi t’entêter à mourir, toi, qui est rejeté du monde des morts, mais aussi des vivants ?

-Pour les rejoindre.

-Peut-être qu’ils ne veulent pas que tu les rejoignes. D’où tes chances inhumaines de pouvoir survivre. Comme en ce moment.

-Quand vais-je les rejoindre ?

-Une question dont un jour, tu en trouveras la réponse.

Une soudaine sensation de se faire tirer vers l’arrière avec une grande force le tira de sa position. Le monde devint de plus en plus blanc, avant qu’il n’ouvre soudainement les yeux. Son cœur battant contre sa poitrine, sa respiration coincée contre sa gorge, dans sa gorge pour devenir plus précis, alors qu’il serrait des poings. La première chose qu’il put voir fut les yeux d’un animale et la longue gueule du loup qui l’observait sans faire de bruit. Surpris de sa propre animosité, Moreau sortit un couteau pour en frapper le flanc de l’animale qui fut surpris et jappa de douleur, l’ayant frappé assez fort avec la manche de sa lame dans sa précipitation, puis, en apporta la lame près de la gorge du prédateur. Faible, Moreau avait une certaine force physique qu’il ne fallait pas sous-estimer.

Son regard se releva pour apercevoir quelque chose. Une humaine. Non. Quelque chose qui avait l’apparence d’une humaine, dont la posture était sans rappeler celle... de quelque chose qui n’était pas humain. Sa chevelure dont la blancheur lui rappelait la neige sur laquelle il avait été allongé. Des yeux animés d’une énergie qui lui était si familière et si étrange, lointaine. Elle était tout sans avoir de forme particulière, aux yeux de Moreau, qui en fut surpris. L’animale gémissait de douleur sous la poigne du loup-garou de la Garnison, mais n’osait pas bouger. La lame était proche de sa gorge. Mais la douleur qui était toujours persistante en lui le rappelait à l’ordre. Que si l’individu en face de lui tentait de lui faire du mal, il ne pouvait se protéger. Pourtant, il restait ainsi.

-Qui est-tu, cracha-t-il presque d’un ton exprimant la méfiance et hargne, sourcils froncés, regard d’acier exprimant une certaine animosité envers elle. Et que faisons-nous ici ?

Il serra des dents. La douleur lui rappela de nouveau sa place dans cette situation.

-Répond-moi.  



Cielle, elle sent le chien mouillée '-'
Sam 29 Sep - 8:28
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Cielle Feuer
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Alors que Cielle pansait sa blessure à la tête proprement, la vie continuait autour et dans la tanière. Mère Louve était repartie chasser avec les adultes et il ne restait que les louveteaux, dont les siens beaucoup plus grands et imposants que des loups normaux. Pourtant, il ne s’agissait encore que de bébés qui découvraient le monde.
Tout occupée à éponger au mieux le sang sur son front, elle ne fit pas attention au petit mâle de Mère Louve qui s’approchait de l’humain reposant sur un tapis de feuilles près du feu, face à elle. D’abord apeuré, puis plus curieux, il reniflait et humait l’air autour de cet étrange animal qu’il n’avait jamais croisé. Il ressemblait à la Txep mais ne sentait pas pareil. Il prit assez confiance pour venir presque poser le bout de son museau humide sur le visage de l’humain, reniflant plus profondément son parfum venu d’ailleurs.

Tout se passa très vite. A travers les flammes, un jappement et des couinements de douleur. Lenrra eut juste le temps de tourner son visage en la direction de l’humain. Il tenait déjà le jeune loup en entrave et crachait son venin sur elle.
Plusieurs pensées traversèrent rapidement son esprit : elle aurait dû le laisser crever en bas de la montagne. Elle aurait dû le démembrer et le donner en offrande à Mère Louve. Elle aurait dû écouter son instinct et pas son cœur, et le désarmer. Encore une fois, il lui prouvait que les humains étaient tous les mêmes. Elle le trouvait lâche, de s’en prendre à un être innocent dans le seul but de l’attaquer, elle. Elle le trouvait aussi idiot de faire cela, sachant qu’il était blessé et à sa merci, quoi qu’il puisse faire.

Son regard mordoré se planta dans celui de cet homme, à travers le feu qui crépitait. C’était ainsi qu’il la remerciait ? Elle lui avait sauvé la vie, et c’était ainsi qu’il les remerciait ? Elle aurait dû le laisser mourir et s’étouffer dans son propre sang. Ils étaient bien tous les mêmes. Tous les mêmes monstres. Tous les mêmes pourritures. Il osait la fixer avec son air hautain, alors qu’il lui suffisait de lui balancer des cendres dans la gueule pour lui faire fermer sa bouche méprisante, lui donnant des ordres. Il osait encore la prendre de haut alors qu’il se trouvait dans une situation bancale et totalement hors de son contrôle. Quelle arrogance.

Cielle se leva doucement de son tabouret de bois. De toute sa hauteur, elle le toisa avec mépris. Avec colère. Avec rancœur. Avec dégoût. Le chiot pleurait sous la poigne affreuse de l’humain, et le sang ne fit qu’un tour dans les veines de la chasseresse.

« J’aurais dû te laisser crever au milieu des arbres. Tu es un digne représentant de ton espère. » cracha-t-elle alors à son tour avec toute l’irrévérence dont elle était capable. « Lâche cet enfant, pauvre idiot. Sa vie vaut plus que la tienne ici. »

C’était une menace frontale qu’elle lui lançait. Elle n’aurait aucun scrupule à l’égorger et elle lui laissait une dernière chance de prouver qu’elle se tromperait en le tuant. Garrett ou pas Garrett, elle s’en fichait bien. Le vieux n’avait rien à dire lorsqu’on s’attaquait à sa meute. Elle avait tous les droits à présent sur cet homme. Même celui de juger s’il méritait de mourir.
Inébranlable, le menton légèrement relevé, Lenrra toisait cet humain dont elle regrettait amèrement d’avoir sauvé la vie. Finalement, il lui prouvait encore qu’elle ne pouvait pas leur faire confiance. Ils étaient tous pourris. Lui compris.
Dim 14 Oct - 13:39
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Kristopher Moreau
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Moreau se sentit plus que menacer. Une mauvaise impression de déjà-vu vint dans son esprit, alors qu’il s’était réveillé un jour en compagnie d’une certaine rousse au regard d’émeraude qui lui en voulait encore probablement pour les récents événements. Le réveil l’avait marqué, plus qu’il ne l’aurait voulu. Le brun serra sa prise, alors que la posture de la femme aux cheveux cendrés non loin – le feu donnait l’aspect cendré, et pour être honnête, il ne lui aurait manqué que des lunettes pour ressembler à une grand-maman - devenait de plus en plus hostile, ouvertement hostile, et son regard l’était tout autant. Moreau ne relâchait pas sa prise sur l’animal, alors qu’elle finit par cracher son venin.

-Tu serais aussi méfiant que moi si tu te réveillais dans un endroit que tu ne te connais pas, avec pour première image un animal qui semblait un peu trop gros vu de près, répondit-il avec une hargne digne d’un loup, du loup-garou. Ne crois-tu pas ?

La douleur revenait. Moreau serra des dents, sa poigne se fit plus forte, ignorant le jappement du petit. Sa lame n’avait pas tranché encore le cuir de l’animal, mais elle restait tranchante, et au moindre mouvement qui s’avérerait trop hostile ou suspect, le sang coulerait. Il crut voir une lame plus longue que la sienne. Probablement un sabre. Dans un milieu fermé, ce serait une mauvaise idée de la prendre, mais rien ne disait qu’elle ne lutterait pas pour arracher son couteau. Ou pire.

-Si je le lâche, qu’est-ce qui me dit que tu n’en profiterais pas pour me tuer, si tu voulais tant me laisser mourir dehors ? Pourquoi ne pas m’avoir laissé dehors ? Par charité ?

Le ton que prenait le brun était d’un mépris flagrant et d’une moquerie froide, malgré la voix sans émotion. Le regard d’acier du semi-loup faisait tout le travail. Il ignorait le petit qui gigotait sous sa prise, sa main bien enserrer non loin de sa nuque, dont le cou s’en retrouverait à casser s’il osait serrer davantage.

-Tu es qui pour vivre dans un tel endroit ?



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Lun 15 Oct - 9:56
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Cielle Feuer
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Il lui parlait de méfiance alors qu’elle venait de lui sauver la vie. Il lui parlait de confiance alors qu’elle lui avait offert de pouvoir son existence. Cet humain était comme tous les autres. Il ne se contentait pas de ce qu’il possédait déjà. Il en voulait plus et toujours plus. Et il crachait sur ce qu’il lui appartenait comme si rien n’avait d’importance, comme si tout était interchangeable, comme si rien n’avait de sens. Qu’il s’étouffe avec sa hargne. Jamais elle n’avait connu créature aussi peu redevable que l’homme. Celui-ci lui prouvait encore qu’elle ne pouvait pas leur faire confiance.

La douleur de sa blessure ne faisait qu’empirer sa situation, mais au lieu de s’en prendre à lui-même et de prendre sur lui, il se vengeait sur les autres. En l’occurrence, un des petits de Mère Louve, innocent, encore bercé dans l’enfance douce de sa perception du monde de petit loup. Son regard terrorisé cherchait celui de Cielle. En le prenant comme otage, l’homme venait de lui retirer subitement son innocence, sans consentement, sans prévenir, sans prendre de gant. Aucune pitié. Aucun remord.
Alors, elle n’en aurait pas non plus. Qu’il la méprise. Qu’il se moque. Ici il n’était rien, et elle allait lui rappeler que sa place n’était pas sur un trône quand il se trouvait dans le royaume des anciens dieux.

Lenrra ne prévint pas non plus. D’un coup de pied, elle lui balança les cendres brûlantes et le bois en train de brûler de son feu de cuisine, pour le surprendre et l’aveugler. Il y avait le louveteau, mais il était bien plus résistant et débrouillard que cet humain. Il s’en sortirait seul, même s’il n’était âgé que de quelques petits mois de vie. Contrairement à cet homme, lui n’avait jamais oublié sa place dans le monde.
La Fière-Louve se pencha ensuite sur l’humain et l’attrapa par le col. Peu importait s’il tenait encore son couteau ou non. Le résultat serait le même : sa rage et sa haine lui donnèrent la force de le soulever par-dessus elle pour l’envoyer rouler dans la neige, et le laisser dévaler un peu la pente, le sortant sans vergogne de sa tanière. Tout ceci fut exécuté rapidement et sans aucune once de doute.

Cielle se redressa de toute sa hauteur, les poings fermés par la colère. Son regard fixa sa victime avec autant de mépris dont elle avait fait preuve. Cet homme se pensait en droit de montrer autant d’irrespect pour elle, qui l’avait soigné, sauvé, accueilli dans son foyer ? Même un rat aurait montré plus de reconnaissance. Eh bien qu’il reste dans sa neige à crever. Si c’était ce qu’il désirait… Ici au moins, il ne ferait plus de mal.
Elle ne lui accorda aucune parole. Qu’il réfléchisse lui-même à ces actes et qu’il en déduise les fautes qui l’avait amené à cette punition. Il était doté d’un cerveau non ? Alors qu’il s’en serve. A moins que ses congénères lui aient retiré à la naissance. Les humains étaient tous des ordures. Lui ne faisait pas exception, visiblement.
Il venait de le lui prouver. Et les déchets, même la nature s’appliquait à les faire disparaître.

Qu'il ravale son arrogance. Ensuite, peut-être qu'elle lui accorderait une autre chance.
Mar 25 Déc - 18:56
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Kristopher Moreau
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Ice shards
Un simple regard dans les yeux de cette étrange femme – et qui plus est, une folle furieuse – lui suffisait pour deviner qu’elle ne portait aisément personne dans son cœur. C’était une évidence, vu son... Entourage animalier. Mais ce qui attirait son attention était l’animosité au-delà du palpable qui l’intéressait. Autant de sa personne qu’envers celle des autres, visiblement. Il ne sait pas ce qu’il est advenu de ses poursuivants, mais nul doute qu’avec la lame qui se trouvait dans le coin, et vu son entourage... Rien de bien ne s’était passé pour eux. Moreau était peut-être un bon traqueur et quelqu’un sachant bien se fondre dans son environnement, mais il restait un humain, et n’aurait pu les semer aussi aisément qu’on ne le croyait pas, qu’il aurait été blessé ou non. Il était en sa merci, et réagissait avec une méfiance totalement justifiée. Sauveuse ou non, dans ces Murs, cela signifiait souvent autre chose.

Le soudain coup de pied ne le surprit pas, mais le temps d’user de son bras tout en devant supporter cette blessure n’était pas aisé. Recevant une partie de la cendre bien qu’il en réussit à protéger ses yeux par chance, elle s’était approchée de lui pour le prendre par le col, et, avec une force surprenante, le projeta hors de son abri, le faisant rouler le long d’une pente, et Moreau toussota plusieurs fois, enlevant la neige de son visage, observant alors Cielle qui le toisait d’un regard haineux et méprisant. Mais le regard du Loup-Garou était plongé dans une sorte d’ennui décevante... Elle n’était pas différente des autres. Irrationnelle et totalement folle, qui préférait la compagnie de pauvres chiens. Alors, sans rien dire, tenant le silence pour de l’Or, le soldat se releva et lui tourna le dos, pour s’éloigner ensuite.

Sa blessure ayant été pansée, il avait pu marcher sans craindre de perdre trop de son sang, et trouva un abri après deux heures de marche forcée. Une sorte de caverne se trouvant non loin d’un lac gelé s’étendant presque vers l’horizon tant, il était grand, bien qu’il ne fût certainement pas gigantesque. Il s’était attelé dans son travail et avait ramasser plusieurs morceaux de bois et de branches mortes trouvées dans des zones quelque peu, ou plus ou moins, épargnés par les grands froids en raison de la topographie et de l’agencement de ceux-ci, et avait pu allumer un feu qui put le réchauffer comme se le peut. Il était endurci et pouvait tenir longtemps, mais il restait humain. Bien que le feu eût été allumé, il était allé chercher encore d’autres morceaux de bois pour en augmenter la température, et bientôt, avait créer une source de température non-négligeable.

La question de la nourriture s’était vite réglée avec ce lac. Ayant confectionné une lance de fortune avec une branche de bois et l’aide de son couteau dont il en était encore l’heureux propriétaire. Faire un trou dans la glace n’a pas été compliqué, et la pêche s’était avérée fructueuse, en cela. Une chance, encore, tandis qu’il mangeait son produit de chasse en solitaire dans son abri, sans profiter de la bonne saveur et en ayant désossé l’animal marin proprement, comme un grand. Le soldat aux cheveux sombres jetait les os dans un coin, avant d’ajouter de nouveaux du combustible dans les flammes, observant un instant ces langues oranger danser devant ses yeux, avant de se relever pour sortir. La neige était en petite quantité, et il devait alors ramasser le plus de petit-bois possible pour tenter de mieux s’y retrouver plus tard. Pour l’instant, la nuit allait tomber, et il devait rester le plus reposé possible. Si la neige n’était pas un souci, c’était le vent et son froid mordant qui le serait, et alors, il serait dans de beaux draps si jamais il devait repartir pour retrouver son chemin.

Dans le moment ou l’adrénaline avait fait son travail, il avait perdu de vue son objectif et son chemin, mais il devrait retrouver un jour ces cadavres et en récupérer au moins l’équipement ou les armes, voire même les chevaux si jamais il pouvait retrouver ces animaux. Le soldat avait passé une autre heure à ramasser du bois et à en faire un joli petit paquet dans sa grotte, avant de reprendre son couteau pour repartir dans la forêt, mémorisant son trajet dans son esprit, mais aussi sa lance improvisée, tentant de retourner sur le terrain des cadavres. Retrouver une arme, comme un fusil ou un des petits pistolets, serait une bénédiction... Et cela l’aiderait pour s’occuper du cas de cette femme.

Parce qu'il était clair que celle-ci n'était aucunement présente dans les environs comme par magie. La présence du 'Monstre' n'était pas forcément une coïncidence avec cette étrange femme aux loups.

Cielle, elle sent le chien mouillée '-'
Dim 30 Déc - 7:21
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Cielle Feuer
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L’homme ne dit rien. Il partit.
Cielle le suivit des yeux alors qu’il s’éloignait dans les bois, descendant de la montagne en direction du grand lac. Il avait disparu depuis un moment lorsqu’elle détacha son regard des arbres nus et des pins noirs. Le calme était revenu dans la tanière. L’effort qu’elle avait réalisé pour soulever le soldat et le balancer hors de chez elle lui tiraillait à présent l’épaule. L’adrénaline lui avait fait oublier la douleur mais à présent que tout était fini, elle sentait son muscle fatigué.
Il était parti, et le calme était revenu dans les montagnes. Le danger s’était évanoui dans la nature. Son esprit était de nouveau apaisé.

Lenrra retourna s’occuper de son repas toujours en train de cuire sur le feu. Elle rangea les affaires qui avait volé durant sa brève prise avec l’inconnu, nettoya les cendres qui s’étaient éparpillées pour éviter que le campement ne prenne feu et s’installa près du feu. Elle se mit alors à nettoyer ses lames, en attendant que Mère Louve rentre de la chasse.
Les jeunes loups s’étaient réfugiés près d’elle et de la chaleur des flammes. Le louveteau que l’homme avait pris comme otage se tenait tout contre elle. Il resterait traumatisé toute sa vie. Sûrement que celui-ci ne s’approcherait pas des humains de nouveau.

Cielle se perdit dans ses pensées en passant son chiffon sur l’acier brillant.
Elle ne comprenait pas la réaction de cet homme. Elle lui sauvait la vie, et lui l’attaquait en retour. Elle répliquait, et il lui demandait de le tuer, alors même qu’elle avait soigné ses plaies pour l’enlever à la mort, quelques heures auparavant.
Lui en voulait-il de ne pas l’avoir laissé mourir dans la neige ? Si tel était le cas, s’il désirait réellement mourir, qu’il le fasse de sa propre main. S’il n’y parvenait pas, cela voulait simplement dire qu’au plus profond de lui-même il voulait encore vivre.
Quand bien même, il n’avait aucune raison de s’en prendre à elle. Elle avait été bonne avec lui, avait pansé ses plaies et l’avait accueilli au sein de la meute de Mère Louve, dans un lieu où peu d’hommes s’étaient trouvés vivants. Mise à part Garrett, que la grande louve tolérait à la demande de Lenrra, les seuls humains s’étant trouvés ici n’avaient plus l’occasion d’en parler : ils étaient retournés à l’état de poussière depuis longtemps.

Cielle poussa un profond soupire. Elle releva ses yeux mordorés là où le soldat blessé avait disparu, entre les troncs sombres et nus.
Elle n’avait pas été mauvaise et malgré cela, il l’avait repoussée comme la peste.

Quelque part au fond d’elle, elle se sentait rejetée. Son incompréhension des hommes ne faisait que croitre. Celui-ci était finalement comme les autres. Garrett était aussi comme tous les autres.
Elle n’était pas dupe : elle avait bien compris qu’il la laissait en vie uniquement parce qu’elle lui était utile. Le jour où il n’aurait plus besoin d’elle, Garrett tentera de la tuer. Mais elle sera prête à se battre, comme elle l’avait toujours fait.
Finalement, elle n’avait aucun ami parmi les humains. Les seuls êtres qui ne mentaient jamais, c’était bien les loups. Lenrra perdit ses doigts dans la fourrure d’hiver du gros louveteau qui dormait contre sa jambe. Son cœur se serra.
Elle se pencha pour se poser sur son corps chaud et ferma les yeux.

Dans le ciel, la nuit tombait.
Mar 22 Jan - 21:15
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